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3ème rapport sur le mal-logement en Europe : aider à rendre visibles les invisibles

A quelques jours à peine de la fin de la trêve hivernale, j’ai accueilli au Parlement européen le lancement du « 3e Regard sur le Mal-Logement en Europe », porté par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abris (FEANTSA) et la Fondation Abbé Pierre.

Sur la base des chiffres inquiétants présentés dans ce rapport, j’ai rappelé l’urgence de combattre la pauvreté et l’exclusion sociale, afin qu’elles figurent en haut des priorités de l’Union Européenne.Cette rencontre était pour moi l’occasion d’insister sur le fait que le principe de dignité humaine est au cœur du projet européen ; mais sa traduction dans les faits est loin d’être acquise. La stratégie européenne à l’horizon 2020 avait fixé l’objectif de sortir 20 millions de personnes de la pauvreté, et nous sommes bien loin du compte.

Dans ce contexte, j’ai souligné le fait qu’habiter un logement décent à un prix abordable reste la porte d’entrée incontournable vers une intégration sociale, et conditionne la mise en œuvre des autres droits fondamentaux : accès à l’éducation, à l’inclusion sociale, au travail, à la santé, protéger sa famille, entretenir une vie privée, une intimité.Il m’a donc paru d’autant plus important de soutenir cette initiative qui représente un appel aux États à agir enfin pour tous ces laissés-pour-compte de la croissance : l’Europe des sans-abri et des 11 millions de ménages mal-logés, parmi lesquels on retrouve de plus en plus de jeunes, de femmes et d’enfants.

Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié c’est que cette initiative ne se limite pas à un constat mais va bien au-delà en décrivant des solutions qui existent partout en Europe. Charge aux autorités locales, nationales et européennes de s’en inspirer pour mettre fin au sans-abrisme.

Ce rapport présente ainsi des solutions basées sur les expériences de logement d’abord/housing first, nombreuses en Europe, notamment en Finlande qui continue de voir son nombre de sans-domicile diminuer.

J’ai également voulu stigmatiser les politiques de lutte contre le sans-abrisme qui sont confondues avec la criminalisation les personnes à la rue, et celles qui prétendent adopter une stratégie de logement d’abord sans mener une politique du logement globale. Face à cette situation, nous avons besoin qu’une volonté politique s’exprime pour lutter efficacement contre le sans-abrisme et passer des mots aux actes. Et cela pourrait très directement se refléter dans la mobilisation des fonds européens, à ce moment clé de discussion du prochain Cadre financier pluriannuel.

Les chiffres clés du mal-logement en Europe :

  • 24 409 732 ménages en taux d’effort excessif (soit consacrant plus de 40% de leurs revenus aux dépenses de logement), soit 11,1% des ménages européens ;
  • 36 944 460 ménages vivent dans un logement sur-occupé, soit 16,8% des ménages européens ;
  • 10 945 645 ménages vivent en privation sévère liée au logement – soit 4,8% des ménages européens ;
  • 19 131 952 ménages ont des difficultés pour maintenir une température adéquate de leur logement, soit 8,7% des ménages européens ;
  • 33 865 755 ménages vivent dans un logement humide, soit 15,4% des ménages européens ;
  • 30 787 050 ménages ont un logement situé dans une zone particulièrement polluée, soit 14,2% des ménages européens.

Le nombre de personnes sans-abri est inconnu à ce jour en l’absence de méthodologie statistique commune – mais le nombre de personnes sans-domicile a augmenté dans tous les pays d’Europe ces dernières années, excepté en Finlande.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume