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Brexit : 3eme round

La troisième session des négociations sur le Brexit a pris fin jeudi 31 août, laissant sur la table une unique certitude : rien ne sera facile ! L’absence de clarté et le manque de substance qui caractérisent les propositions britanniques m’apparaissent comme autant d’obstacles à des progrès concrets. Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE se heurte à la mauvaise foi manifeste de son homologue britannique, David Davis ; si bien qu’aujourd’hui, le retard accumulé dans les discussions est de plus en plus inquiétant.

Le règlement de la dette britannique, point de tension des négociations

Au cœur des débats, il y a la question de « l’exit bill ». L’union table sur une facture estimée entre 60 et 100 milliards d’euros, correspondant à l’ensemble des engagements financiers pris par le Royaume Uni avant le vote du Brexit. De leur côté, les Britanniques, d’abord très opposés au principe d’un paiement, ont avancé le chiffre de 40 milliards d’euros. Un écart significatif qui témoigne de désaccords profonds. Et le marchandage est loin d’être fini…

Conscient d’être en position de faiblesse, David Davis tente de mêler la négociation d’accords commerciaux futurs aux pourparlers sur le Brexit. Il s’agit pour lui de modifier le rapport de force. Une manœuvre qui souligne la fâcheuse tendance du Royaume-Uni à refuser d’appréhender les conséquences du Brexit dans leur globalité.

D’une certaine manière, le point focal d’exigence de l’UE -les droits des citoyens- semble être celui qui progresse le mieux, ce qui est une bonne chose. En revanche, c’est aussi très flou s’agissant de la frontière irlandaise et donc d’une forme d’union douanière.

Hard Brexit vs soft Brexit

La difficulté qu’éprouve Theresa May à articuler une position claire témoigne par ailleurs de l’exacerbation des divisions de la classe politique britannique. Le clan du soft Brexit apparait de plus en plus influent. Pour preuve, la proposition récente du Labour de maintenir le Royaume-Uni dans le marché unique européen pendant la période de transition post-Brexit. Désavoué par le résultat des dernières élections générales, le gouvernement modifie aussi ses positions.

En conclusion très provisoire, le choix des Britanniques de tourner le dos à l’Europe les conduit dans une position de faiblesse. Malgré ses atermoiements, le gouvernement de Theresa May se trouvera contraint de faire plusieurs concessions. Sur « l’exit bill » d’abord, mais aussi concernant la Cour européenne de Justice dont il accepte finalement qu’elle ait un le rôle d’arbitrage dans l’application d’un futur accord.

Bref, nous aurons l’occasion de revenir souvent sur cette série palpitante dans laquelle l’UE affirme son poids politique, ce qui nest pas pour me déplaire !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume