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Brexit : à la recherche du plan B

Comme je l’ai fait régulièrement depuis le résultat du référendum, voici donc les dernières nouvelles du Brexit. Avec une impression curieuse : il se passe plein de choses et en même temps la situation reste toujours identique. A tel point que beaucoup de commentateurs ont parlé de Groundhog day (jour de la marmotte), en référence au film « Un jour sans fin » où le héros est condamné à revivre encore et encore la même journée. Mais si comme dans ce film, le disque semble rayé, les péripéties ne manquent pas. En voici quelques-unes en résumé.

Devant le Parlement

En novembre dernier, l’équipe des négociateurs européens et celle de Theresa May se mettent d’accord sur un texte volumineux qui règlent les modalités du départ du Royaume-Uni, dans l’attente d’un deuxième texte sur la relation future entre ce dernier et l’UE. Ce texte a été conçu dans la douleur côté britannique puisque la négociation a été émaillée de démissions de différents ministres. Sa présentation devant le Parlement de Westminster est une première fois reportée et a finalement lieu le 15 janvier dernier. Le rejet du texte avait été prévu par les observateurs mais c’est l’ampleur de ce rejet qui suscite la surprise. Par 432 voix contre et 202 pour, la défaite est sans appel. Surtout, plus d’un tiers des membres du camp de Theresa May ont fait défection.

Pourtant, la motion de censure des travaillistes présentée immédiatement après est rejetée ce qui conforte Theresa May comme Première Ministre alors que Jeremy Corbyn espérait la contraindre à de nouvelles élections, et accessoirement les gagner… ce qui ne fait pas l’affaire des Tories.

 

Le Backstop irlandais

Le point qui provoque beaucoup de crispations est le futur statut de la frontière irlandaise. Le projet d’accord prévoit un « backstop » (ou filet de sécurité), qui empêcherait le rétablissement d’une frontière physique entre les deux Irlande après la période de transition devant s’achever en 2020. Cette option instaurerait alors une union douanière – régie en grande partie par les règles européennes – entre le Royaume-Uni et l’UE aussi longtemps qu’aucune alternative satisfaisante n’aurait été trouvée.

Ce point est jugé comme un abandon de souveraineté par les députés conservateurs. C’est toutefois la seule façon de garantir l’absence de frontière et donc le respect de l’accord dit du Vendredi Saint qui a permis de rétablir la paix en Irlande du Nord.

En définissant le Brexit comme une sortie du marché unique et de l’union douanière, Theresa May a mis son pays dans une situation impossible sauf à s’affranchir de l’accord irlandais ou à créer une frontière intérieure entre l’Irlande et le reste de l’UE. La première solution, nous la rejetons catégoriquement. La deuxième, les Britanniques ne veulent pas en entendre parler.

Et cela dure depuis des mois…

 

La solution du référendum

En théorie un référendum permettrait de sortir de cette situation. Pas si simple pour autant car il faudrait poser au moins deux questions. La première porterait sur le Brexit, oui ou non finalement. Une deuxième serait nécessaire en cas de confirmation du Brexit : pour un No deal ou pour l’accord de May, sachant qu’il n’existe pas à ce jour d’alternatives malgré ce qu’en disent des élus de toutes obédiences.

Il s’agit là de théorie car ceux qui demandent un référendum ne sont pas en état de l’obtenir.

La position des travaillistes est particulière. La majorité d’entre eux est favorable à un nouveau référendum. Leur leader Jeremy Corbyn lui, semble plutôt pencher pour un maintien du Royaume dans l’Union douanière mais hors de l’UE.

Comme il se refuse à discuter d’une solution et appelle à des élections, il participe aux conditions d’un No deal. Cette analyse peut s’appliquer à la plupart des protagonistes qui disent refuser le No deal mais sans changer de position.

Il n’y a donc peu de solution en vue. Et le report de la date du Brexit n’aurait pas grand sens si on ne sait pas ce que le pouvoir britannique veut… et ça, on ne le sait pas !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume