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Brexit : ce que veulent les Européens

Le Brexit va être le grand feuilleton européen des deux prochaines années et je m’en ferai l’écho régulièrement. Cette semaine, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle…

Accord à 27

La bonne nouvelle, c’est que les 27 chefs d’États de l’Union européenne ont tenu un Conseil le 29 avril dernier pour se mettre d’accord sur l’attitude à adopter au cours de la négociation avec le Royaume-Uni et que la réunion a duré… moins d’un quart d’heure ! Ce temps record pour un Conseil signifie en fait que l’accord s’est réalisé facilement. On pouvait craindre que les États membres ne soient désunis sur cet épineux dossier car l’impact du Brexit sera différent pour chacun. Il n’en est rien -cette fois-ci- et c’est donc un signe tout à fait encourageant.

Trois priorités

Les trois dossiers prioritaires sont le solde financier du Brexit, la question des expatriés et celle de l’Irlande du Nord.

Les Vingt-Sept sont unanimes sur le fait que le Royaume-Uni doit payer l’intégralité des dépenses déjà approuvées et qui s’étalent sur plusieurs années. Le montant n’est pas encore fixé mais la Commission européenne estime l’addition entre 50 et 60 milliards d’euros.

L’UE a un œil particulièrement attentif sur l’avenir des 3 millions d’Européens installés au Royaume-Uni et du million de Britanniques vivant sur le continent. En jeu, le maintien de leurs droits, ce qui concerne aussi bien l’accès au marché du travail, à la santé ou à l’éducation. De plus, les litiges les concernant sur ces questions devraient être du ressort de la Cour européenne de Justice.

Le cas de l’Irlande du nord fait aussi l’objet d’un traitement privilégié. Tout le monde a en tête la situation de guerre civile qui y prévalait il y a quelques années. Si la frontière entre les deux Irlande devenait étanche du fait du Brexit, cela pourrait gravement affecter l’équilibre fragile qui maintient la paix.

Plus tard, nous reparlerons de Gibraltar, enclave britannique au sud de l’Espagne, qui nous a valu l’évocation d’un Malouines revival il y a quelques semaines !

Des principes réaffirmés

Les 27 ont réaffirmé qu’aucun accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni ne se ferait pas avant que les modalités de sortie n’aient été définies. De plus, la négociation sera globale et non pas sectorielle. Ce qui signifie que le cas de l’industrie ne sera pas réglé avant celui de l’agriculture et qu’il n’y aura pas de dérogation pour – au hasard – les services financiers de la City.

Ce point n’est pas mineur car la Première Ministre britannique a voulu faire croire à ses compatriotes que les deux négociations auraient lieu simultanément. Ici, on fait d’abord le bilan et ensuite on discute !

La surdité britannique

La mauvaise nouvelle, c’est que les négociations s’annoncent compliquées puisque Theresa May a déjà fait savoir qu’elle n’était d’accord sur rien. « Nous ne paieront pas un penny aurait-elle notamment déclaré à propos de la somme réclamée par l’UE pour solde de tout compte. C’est un diner à Londres entre Theresa May, Jean-Claude Juncker et Michel Barnier le négociateur de la Commission, qui a permis de mesurer l’étendue des différences d’appréciation. Jean-Claude Juncker en serait sorti très pessimiste.

Mauvaise nouvelle qu’il faut relativiser car c’est surtout la Première Ministre britannique qui parait être en difficulté alors qu’elle a lancé la campagne électorale et ne semble pas avoir les arguments à la hauteur de ses exigences.

Affaire à suivre…

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume