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Brexit – dernière ligne droite ?

C’est un contraste frappant. Alors que le Royaume-Uni semble être plutôt le royaume de la désunion et de la confusion, le Conseil européen qui réunissait le 21 mars les 27 chefs d’État du reste de l’UE et la Commission a pris une décision à l’unanimité : celle d’octroyer un délai supplémentaire mais aussi celle de renvoyer la classe politique britannique à ses responsabilités en assortissant ce délai de conditions strictes.

Un impératif a prévalu : soit le Brexit a lieu avant les élections, soit le Royaume Uni prend part aux élections et le dispositif annoncé comporte en réalité deux échéances :

Si l’accord négocié entre l’UE et le gouvernement de Theresa May est finalement voté la semaine prochaine, alors l’échéance du 29 mars sera repoussée au 22 mai, soit à la veille des élections européennes. 

Sinon une deuxième échéance plus rapprochée a été prévue : celle du 12 avril avec un plan de sortie de crise validé par le Parlement de Westminster et le gouvernement de Theresa May (ou son successeur). Ceux-ci doivent être prêts à de nouvelles élections ou à un nouveau référendum. En tout état de cause, la situation de blocage actuelle ne peut se prolonger.

En effet, si aucune de ces solutions n’est appliquée, un No Deal serait alors inéluctable à la date du 12 avril.

Ce plan élaboré par les négociateurs européens a un grand mérite : il laisse toutes les portes ouvertes sans céder à une forme de chantage au chaos que pratique Theresa May. Si c’est une partie de poker, l’UE joue cartes sur table.

L’impression que j’ai –  dans la mesure où la situation outre Manche est déchiffrable ! – est que les Britanniques au contraire se refusent à chercher une vraie solution et espèrent jusqu’au bout que l’UE cédera à leurs exigences. Cette « vraie » solution – quelle qu’elle soit – passe nécessairement par un dialogue entre les conservateurs et les travaillistes, ce dont il n’est pas question pour le moment.

Le référendum sur le Brexit a été initié par David Cameron pour régler des questions partisanes au sein des conservateurs, dans une vision court-termiste et inconséquente. La leçon n’a visiblement pas suffi et les partis politiques britanniques continuent avec ce même état d’esprit, alors que le précipice du No Deal se rapproche.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume