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Brexit : le compte-à-rebours


 
La date officielle du Brexit est dans moins de six mois (le 29 mars) et au lendemain d’une réunion de chefs d’État consacrée à cette question, je m’essaye à un point d’étape.
D’abord une évidence, les négociateurs ne sont pas parvenus à conclure et le sommet spécial Brexit prévu le 18 octobre n’a pas eu lieu. Le prochain sommet est repoussé à une date… indéterminée.
Il n’était dans le pouvoir d’aucun des participants de trouver une solution à l’un des problèmes sur lequel butent invariablement les négociations et qui ressemble à la quadrature du cercle.
Il s’agit de trouver pour l’Irlande du Nord une solution qui réponde aux critères suivants :

A. La frontière entre le Nord et le Sud, aujourd’hui invisible, ne doit pas redevenir « dure », c’est-à-dire marquée physiquement avec des guérites et des contrôles douaniers car cela pourraient remettre en cause l’équilibre fragile de la paix en Irlande du Nord. Sur ce point tout le monde est d’accord autour de la table de négociation.

B. Il ne peut y avoir de frontière ou de douane entre l’Irlande du Nord et la Grande Bretagne. C’est une exigence des Britanniques et en particulier du parti unioniste irlandais dont les députés peuvent faire tomber la majorité de Theresa May. Du coup, c’est aussi un impératif de Theresa May.

C. L’Irlande du Nord, du Sud et la Grande Bretagne ne peuvent être dans une même zone de libre échange sans frontières ni douane car cela voudrait dire que le Royaume Uni continue de faire partie du marché unique ou du moins de l’union douanière. Cela Theresa May n’en veut pas d’autant que c’est un casus belli avec les membres de son parti en faveur d’un Brexit dur.

Depuis des mois, les négociateurs tournent et retournent les données du problème et il est clair que cette équation n’a pas de solution. On peut imaginer des formules AB, AC ou BC mais pas ABC.
Theresa May s’est beaucoup plainte de l’intransigeance européenne, pourtant, c’est bien au sein de son propre camp que se situe la contradiction à l’origine de cette injonction paradoxale. Difficile de négocier avec un interlocuteur qui veut tout à la fois une chose et son contraire.
Cela contraste singulièrement avec l’attitude à la fois de la Commission, du Conseil et du Parlement qui n’ont jamais dévié de la ligne fixée initialement à Michel Barnier. Pour ma part, avec les S&D, nous continuons de suivre au plus près l’évolution de la situation, avec notamment en tête la promesse que nous avons faites aux citoyens européens installées au Royaume-Uni de veiller à leur sort.
En attendant, l’horloge tourne et la perspective d’un Brexit sans accord n’a jamais été aussi proche.

 

Sur le même sujet, en téléchargement, le numéro spécial Brexit de ma Lettre « Européenne »

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume