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Brexit : les tribulations de Theresa May

Les Français s’intéressent peut-être moins au Brexit qu’au football mais ce feuilleton est lui aussi plein de surprises, avec du suspense, des situations shakespeariennes, des rebondissements… Malheureusement, il ne s’agit pas d’un spectacle de divertissement. Le sort de nombreuses personnes est en jeu, au Royaume-Uni ou sur le continent, citoyens britanniques ou non, qui attendent avec une anxiété grandissante le résultat des négociations et leurs implications sur leurs situations économiques ou leurs droits.

Theresa May a visiblement retourné le problème dans tous les sens, consulté dans les milieux économiques de la finance comme de l’industrie et aucun signal ne lui indique qu’un « hard Brexit » serait une bonne chose pour qui que ce soit. Et donc par glissements successifs, à coups de séminaires gouvernementaux et de livres blancs, elle essaie d’amener sa majorité vers une solution de plus en plus « soft ». Cela ne signifie pas d’ailleurs que cette solution corresponde aux critères énoncés depuis longtemps par l’équipe de négociateurs autour de Michel Barnier. Non, car depuis le début la principale négociation n’est pas entre Londres et Bruxelles mais au sein même de la classe politique britannique et en particulier au sein du parti conservateur.

Cette semaine a donc été marqué par les démissions successives de David Davis, ministre du Brexit, et Boris Johnson, Ministre des affaires étrangères. Il est encore trop tôt pour savoir s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle pour Theresa May, si ces départs l’affaiblissent ou lui enlèvent un poids. Ces deux partisans parmi les plus virulents du Hard Brexit quittent le gouvernement car la feuille de route présentée par la Première Ministre -le livre blanc – leur semble incompatible avec leurs convictions. Mais le grand écart va continuer au sein de la majorité puisque tous les « brexiters » ne l’ont pas quittée et qu’un coup de force au Parlement pour renverser Theresa May est toujours possible.

Theresa May poursuit donc sa descente aux enfers, protégée par le fait que personne ne semble en mesure de lui succéder à court terme.

Je n’ai pas d’affinité avec cette personne et ce qu’elle incarne politiquement mais elle me semble être du moins la seule interlocutrice possible pour éviter la pire des solutions : le « no deal », c’est-à-dire l’absence d’accord en mars prochain.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume