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Brexit mode d’emploi

Le 29 mars, Theresa May Première Ministre du Royaume-Uni, a remis à Donald Tusk, Président du Conseil européen la lettre signifiant l’activation de l’article 50, c’est-à-dire enclenchant le Brexit. Cette date restera pour l’histoire officielle mais en réalité, les discussions sérieuses ont commencé le 5 avril au Parlement européen.

Le rôle clef du Parlement

Le Parlement ouvre le jeu et aura à le conclure dans deux ans. S’il revenait aux électeurs britanniques de prendre la décision du « leave » ou du « remain » lors du referendum, le choix des modalités regarde tous les citoyens européens et le Parlement qui les représente est donc tout à fait légitime à s’associer pleinement au processus. La résolution qui a été votée le 5 avril fixe les principes qui doivent être respectés selon notre assemblée. Le vote a montré la grande cohésion du Parlement avec une majorité de 516 votes pour la résolution et seulement 133 contre.
A l’issue des négociations, dans deux ans, un autre vote aura lieu sur l’accord qui – en théorie – aura été trouvé entre les Britanniques et les autres européens.
Comme nous l’avons précisé devant toutes les parties prenantes, un veto final du Parlement signifierait donc une sortie sans accord.

Les lignes rouges

La question des citoyens et de la façon dont leur vie va être éventuellement bouleversée par les conséquences du Brexit a été jugée prioritaire dans les préoccupations. Un million de Britanniques vivent en Europe hors de leur pays d’origine, trois millions d’européens vivent au Royaume-Uni. Il est donc essentiel que tous bénéficient d’un traitement équitable et ne soient pas utilisés comme un moyen de pression dans la négociation.
D’ailleurs cette négociation doit se faire en bon ordre. D’abord s’entendre sur l’accord de retrait et seulement après que des « progrès tangibles » auront été accomplis, viendra le temps de la négociation sur un dispositif transitoire.
Les Britanniques doivent assumer leurs engagements financiers, même au-delà de 2019. Selon l’image utilisée par Gianni Pittella, quand on change d’appartement, mieux vaut s’assurer que les factures d’électricité du précédent ont bien été payées.

La négociation sera globale et non sectorielle. Ce qui signifie que les produits financiers ou les automobiles ne seront pas des cas particuliers.
Enfin comme cela a souvent été répété, il y a 4 libertés de circulation essentielles au sein de l’Union, celles des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Là encore, il n’est pas possible de choisir l’une sans toutes les autres.

La suite

C’est maintenant les sherpas qui vont devoir commencer à débroussailler ce dossier ultra complexe et préparer la prochaine étape : le Sommet européen du 29 avril.

Les deux années qui viennent me donneront de nombreuses occasions de reparler du Brexit.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume