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Brexit : tragédie ou comédie ?

Il y a vraiment de quoi avoir le sentiment d’avoir manqué des épisodes ! Du coup, le déroulement du Brexit apparaît un peu obscur. Rassurons-nous : cette semaine il ne s’est « quasiment » rien passé. Mais ce « quasiment » a occupé le pays à plein temps et déclenché des torrents de commentaires. Reprenons le fil de cette actualité décidément hors norme.

Acte 1 : mardi, pas d’accord… sur l’accord

Theresa May et l’Union européenne se sont entendus sur les modalités du Brexit dans sa première phase, c’est-à-dire, le divorce proprement dit, dans l’attente d’une nouvelle définition des relations entre l’union et le Royaume Uni.

Cet accord a été rejeté deux fois déjà par la chambre des communes. Les addenda -présentés comme tels en tout cas- qu’avait obtenu Theresa May en début de semaine n’ont donc pas changé le résultat du vote du 12 mars.

Theresa May sort de l’épreuve enrouée et encore un peu plus affaiblie – si c’etait possible – mais annonce son intention de rester en poste.

Un coup pour rien donc.

Acte 2 : mercredi pas, d’accord sur pas d’accord

Nouveau vote, dont le résultat aurait pu être décisif puisqu’il était demandé aux députés britanniques d’indiquer leur position face à la possibilité d’une sortie sans accord ou « No Deal ».

Comme prévu, ils ont rejeté ce scénario dont les conséquences économiques sont jugées potentiellement catastrophiques par la plupart des observateurs. La surprise vient du fait que le « No Deal » a failli gagner puisque seules 8 petites voix séparaient les deux camps lors du vote.

Il s’en est donc fallu de peu que la situation ne bascule et que nous sortions de la paralysie qui dure depuis des mois. Ça n’a pas marché, on s’en félicite.

Du coup, pas d’évolution le mercredi

 

Acte 3 : jeudi, on continue encore et encore

Les séances de vote ont repris jeudi avec plusieurs questions posées susceptibles de fournir une issue. La solution du référendum a pourtant été écartée par un vote sans appel. Cette assemblée est dans l’incapacité de s’entendre sur une solution mais elle ne veut pas non plus se dessaisir de la décision qu’elle n’arrive pas à prendre.

Cela ne l’a pas empêché de voter une prolongation du délai du 29 mars et pouvoir continuer sans proposer l’ombre d’une solution tout en accusant l’UE de blocage… un comble.

 

Et maintenant ?

Le parlement britannique a fait la démonstration de son impuissance. Cela est probablement dû au fait que ses membres se partagent en de nombreuses tendances : les partisans du Brexit dur, les partisans de l’accord de Theresa May, les opposants au Brexit,les opposants à Theresa May….

Chaque fois qu’une de ces tendances essaie de porter une solution, les autres s’entendent pour la rejeter.

La limite de ce petit jeu tient dans le fait qu’un délai supplémentaire passe par l’approbation des 27 à l’unanimité. Et on voit mal quels arguments pourraient les convaincre de laisser le Parlement britannique continuer cette marche erratique.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume