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Code de conduite et sortie de route

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Aussi incroyable que ça puisse paraître, nous ne sommes pas près d’oublier Barroso !

José Manuel Durão Barroso était supposé incarner pendant une décennie l’intérêt général européen en présidant la Commission ; à priori il n’allait pas laisser un souvenir énorme. Puis, quelques mois après la fin de ses fonctions, il est passé avec armes et bagages chez Goldman Sachs, un sulfureux établissement bancaire, dont le nom est associé à toutes sortes d’affaires : crise des subprimes en 2007 et crise de la dette grecque en 2008 pour ne citer que les plus spectaculaires.

En juillet dernier, j’avais vivement réagi (lien vers la vidéo) comme la plupart de mes collègues du Parlement européen. D’ailleurs même de nombreux élus de droite avaient protesté avec la gauche unanime. Une voix avait tardé, celle de Jean-Claude Juncker. On sentait l’actuel Président gêné de s’en prendre frontalement à son prédécesseur, comme si « cela ne se faisait pas ».

Devant le vacarme médiatique, il avait finalement lâché quelques commentaires critiques et accepté de saisir le Comité d’éthique comme le demandait notamment la médiatrice européenne Emily O’Reilly.

Ce mercredi, un communiqué a annoncé une proposition de la Commission afin d’instituer de nouvelles règles concernant les carrières des commissaires dans le privé à l’issue de leurs fonctions. Il s’agit de donner d’avantage de garanties face au risque de conflit d’intérêt en étendant le délai entre la fin des fonctions de commissaire européen et de nouvelles fonctions dans des entreprises privées, qui par leur activité, dans la finance ou l’industrie, sont directement concernées par les évolutions législatives européennes. Le délai dit période « de refroidissement » est étendue de 18 mois à 2 ans. Concernant le Président, il passe même à 3 ans.

Cette idée ne peut être qu’approuvée mais elle arrive trop tard pour JM.Barroso car elle ne s’appliquera que pour la Commission actuelle.

Elle parait donc bien timide et tardive. D’autant que d’autres incendies se sont allumés dans l’intervalle.

–          Les Bahama leaks nous ont révélé que la Néerlandaise Neelie Kroes a dirigé au cours des années 2000 une société offshore alors qu’elle était en poste à la Commission et en « oubliant » de l’inscrire dans sa déclaration d’intérêt, ce qui de toutes façons aurait empêché sa désignation ;

–          Connie Hedegaard, Commissaire européenne à l’Action pour le climat est passée chez… Volkswagen qui est un peu en délicatesse avec l’écologie

–          Le commissaire Oettinger, actuellement en fonction a lui multiplié les fautes : en tenant publiquement des propos racistes, sexistes et homophobes, et surtout en utilisant le jet privé d’un lobbyste lors d’un déplacement vers la Hongrie.

Dire que ces affaires font mauvais effet est un doux euphémisme. Dans un climat politique tendu, elles fournissent des éléments objectifs aux partisans de l’europhobie et du rejet de la classe politique. Et elles effacent les belles réalisations, notamment en matière de fiscalité, sous la houlette du commissaire français Pierre Moscovici.

Les réponses de Jean-Claude Juncker semblent très sous dimensionnée par rapport à la gravité de cette crise. Avec le groupe S&D, nous ne cesserons pas d’alerter sur les risques encourus et sur la nécessité de réagir vigoureusement.

 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume