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Des moyens en plus pour lutter contre le terrorisme

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Quelles réponses donner face au terrorisme qui frappe dramatiquement nos pays ? Un an après les attentats de Charlie Hebdo, la Présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne a choisi de mettre la priorité sur la lutte contre la radicalisation. C’est en ce sens que se sont récemment exprimés la ministre de l’Éducation, de la Culture et des Sciences, Jet Bussemaker et le secrétaire d’État pour la Santé, le Bien-être et le Sport, Martin van Rijn, devant la commission de la Culture.

Leur objectif : traduire par des actes la Déclaration du 17 mars 2015 sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination, qui avait été adoptée par les 28 ministres de l’Éducation et le Commissaire à la Culture, Navrascisc.

En effet, il n’y a pas que le PNR pour lutter contre le terrorisme. Les réponses à ce phénomène sont multiples, surtout si l’on veut s’y attaquer profondément.

Cette approche est déjà au cœur de nos débats au Parlement européen : la commission de la Culture a d’ailleurs organisé le 15 octobre dernier une audition sur la prévention de la radicalisation et le Parlement européen a adopté, le 19 janvier dernier, le rapport de ma collègue Julie Ward sur le rôle du dialogue interculturel, de la diversité culturelle et de l’éducation dans la promotion des valeurs fondamentales de l’Union. L’éducation constitue un élément fondamental pour favoriser l’inclusion sociale. Face aux discours de haine et de peur de l’étranger, nous opposons des solutions véritables qui impliquent des investissements importants contre l’intolérance et la marginalisation. L’éducation à la citoyenneté, la mobilité des jeunes, une formation alternative des enseignants, l’éducation aux médias, sont autant d’outils utiles pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes aujourd’hui, et cela devra s’accompagner de financements adéquats et à la hauteur des enjeux.

Un bémol toutefois : malgré les bonnes intentions des ministres néerlandais, dans quelle mesure pourront-ils effectivement faire bouger les choses ? On le sait, l’éducation et la culture restent des domaines qui relèvent largement des compétences nationales. Au-delà du simple échange de meilleures pratiques, comment encourager les États Membres à en faire plus pour une société inclusive, dans un contexte de finances publiques exsangues ? Sans compter qu’à cela s’ajoute le défi de l’accueil de nombreux réfugiés, en particulier ceux fuyant le conflit armé syrien. Sera-t-on véritablement en mesure d’aller de l’avant, tant les défis auxquels est aujourd’hui confrontée l’Europe sont énormes ?

Plusieurs pistes sont sur la table : l’éducation à la citoyenneté, le renforcement du rôle de l’enseignant et la multiplication de ponts avec les médias.

Nous attendons donc des propositions concrètes, adaptées à la réalité difficile du terrain à laquelle, tant enseignants qu’éducateurs, font face au quotidien. Des solutions innovantes sont également nécessaires pour aider à créer un sentiment d’appartenance à une même communauté. La transmission des valeurs européennes peut certainement y contribuer : rappeler aujourd’hui la devise « unis dans la diversité » devient plus que jamais urgent !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume