FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

Des nouvelles de Hongrie

En tant que membre de la commission des libertés civiles, mes collègues et moi-même suivons de près la situation en Hongrie. Je vous donne souvent des nouvelles de ce qu’il se passe chez nos voisins hongrois et ces dernières semaines, le gouvernement Orbán s’est enfoncé dans sa spirale anti-européenne et anti-démocratique.

Vous le savez, depuis plusieurs années, le gouvernement hongrois multiplie les lois controversées dans de nombreux domaines : mise à mal de l’indépendance de la justice, mainmise sur tous les médias, corruption, violation des droits des minorités et des migrants, et désormais des droits sociaux puisque le gouvernement a fait passer une loi fin décembre permettant aux employeurs de requérir jusqu’à 400 heures de travail supplémentaire par an sans compensation financière pendant trois ans.

Vitkor Orbán a monté d’un cran ses attaques à l’égard des institutions européennes en lançant, mi-février, une campagne conspirationniste de panneaux et de publicités en Hongrie basée sur de la désinformation, ainsi qu’un envoi de lettres à tous les citoyens hongrois. Elle vise notamment le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et sa pseudo « politique pro-immigration », sur le thème « vous devez savoir ce que Bruxelles mijote », alors même que Jean-Claude Juncker est membre du même parti que Vitkor Orbán. Il a également indiqué qu’il voulait « rechristianiser » l’Europe en vue des élections européennes.

Vous vous demandez sûrement que fait l’UE ?

Le Parlement européen a été à l’avant-garde en examinant objectivement et en profondeur la situation en Hongrie. À la suite de cela, en septembre 2018, il a demandé au Conseil d’ouvrir une procédure de discussion entre les États membres avec le gouvernement hongrois, et de constater qu’il existe un risque clair de violation des valeurs européennes en Hongrie. Cette procédure pourrait mener à des sanctions du gouvernement hongrois mais les discussions semblent patiner…

Le Parti populaire européen, duquel Vitkor Orbán est membre et qui est le groupe majoritaire au Parlement européen, a longtemps fermé les yeux sur les dérives du gouvernement hongrois, car il compte des députés européens du parti de Vitkor Orbán au sein du Parlement.

Mais, suite à la campagne de Vitkor Orbán contre un membre de son propre camp, les choses commencent à bouger : vendredi 1er mars, 12 lettres, issus de partis de 8 États membres différents (Belgique, Finlande, Grèce, Lituanie, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Suède) ont été envoyées au bureau de Joseph Daul, le Président du PPE, pour demander l’exclusion du Fidesz.

Cela permet de lancer une procédure interne et une discussion sur la suspension ou l’exclusion du Fidesz le 20 mars lors de la réunion des dirigeants du PPE.

Je salue l’initiative de ces partis nationaux, contrairement à une partie des Républicains en France qui ont notamment estimé que le sujet était « secondaire », et qu’ils se contenteraient de « suivre les développements ».

L’état de droit et la démocratie doivent être respectés, comme règles de base européennes, peu importe la couleur politique. Il revient au PPE d’en prendre compte et de cesser d’être tolérants avec Vitkor Orbán.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume