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DISPLACED : une exposition-photos qui met des visages sur des mots

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L’Union européenne connaît aujourd’hui des heures difficiles avec la remise en question d’acquis majeurs comme celui de Schengen et la mise à rude épreuve du principe de solidarité face à la crise migratoire à laquelle elle se trouve confrontée. L’année passée, un nombre sans précédent d’hommes, de femmes et d’enfants ont rejoint nos pays en quête de protection internationale, et ce phénomène est loin de s’achever. Dans ce contexte, les femmes (et les enfants bien sûr) constituent des groupes particulièrement vulnérables en raison notamment de l’utilisation de violences à caractère sexiste, de mutilations génitales féminines et du viol comme arme de guerre que certaines parmi elles ont pu subir.

C’est justement sur ces femmes éprouvées que le Parlement européen a voulu jeter un coup de projecteur, à l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits des femmes, au travers des remarquables travaux de la photo-journaliste Marie Dorigny, qui seront exposés jusqu’au 1er juin prochain au Parlamentarium à Bruxelles.

Je vous invite à aller découvrir ces photos particulièrement fortes et qui mettent un visage sur cette « crise migratoire » : ce n’est pas qu’un concept, mais aussi des femmes qui, avec leurs enfants parfois, ont fui leur pays à la recherche d’une paix perdue depuis bien longtemps.

Ces clichés, pris entre décembre 2015 et janvier 2016, montrent les différentes étapes d’un périple long, difficile et épuisant pour ces femmes : depuis leur arrivée en bateaux en Grèce, en passant par leur voyage en train au travers des Balkans, et finalement leur arrivée en Allemagne pour demander l’asile. Ce qui frappe c’est en particulier comment ces photos, prises il y a quelques semaines à peine, nous ramènent aux heures les plus sombres de notre Histoire, qu’il s’agisse de barbelés ou encore de trains verrouillés dans lesquels les migrants se trouvent entassés pour des heures de voyage.

Je me félicite de cette exposition qui constitue une opportunité unique pour incarner véritablement les enjeux auxquels les femmes réfugiées se trouvent confrontées. Elle permet aussi de souligner l’importance d’une prise en compte spécifique des demandes de ces femmes et fait écho au rapport de ma collègue Mary HONEYBALL qui devrait être adopté le 8 mars prochain à Strasbourg sur la situation des réfugiées et demandeuses d’asile dans l’UE. Dans un prochain billet je reviendrai d’ailleurs sur ce dossier malmené par la droite européenne. Sans le dévoiler complètement, ce rapport insiste sur le fait que même si une large majorité de demandeurs d’asile sont des hommes, la part des femmes ne cesse d’augmenter et c’est pourquoi le développement d’une approche genrée de nos politiques d’asile devient plus que nécessaire.

Mettre fin aux violences envers les femmes réfugiées, améliorer leurs conditions dans les camps et renforcer les mesures d’intégration : toutes ces questions devraient être traitées le plus rapidement et avec toute la responsabilité qu’elle implique.

Nous avons également besoin de soutenir la presse dans son travail, afin qu’elle puisse continuer à témoigner de ce qui se passe dans nos pays et à nos frontières.

Aujourd’hui plus que jamais le respect mutuel, l’égalité des genres et la solidarité peuvent et doivent faire la différence. Si l’Europe échoue à accueillir ces réfugiées, alors ce sera le signe que les seigneurs de guerre auront gagné.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume