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Élections chez nos voisins européens

Ceux qui s’intéressent à l’actualité européenne auront eu l’occasion de suivre, ce dimanche 15 octobre, la tenue d’élections à enjeux : les législatives en Autriche et les régionales partielles de Basse-Saxe en Allemagne. Des rendez-vous électoraux qui, s’ils s’inscrivent dans des contextes nationaux spécifiques, constituent aussi des indicateurs intéressants pour l’Union européenne.

Bonne nouvelle tout d’abord, la victoire de nos amis du Parti social-démocrate allemand en Basse-Saxe avec 37,3 % des voix contre 34,9 % pour la CDU de Merkel. Au-delà du fait que cela signe la fin d’une longue série de défaite pour le SPD, selon moi c’est le projet le plus européen qui a gagné ; ce dont je me félicite. Parallèlement, je note avec satisfaction la contreperformance du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ; il avait émergé ces dernières années et lors des élections nationales en septembre mais n’a recueilli ce dimanche que 6% des suffrages. Les discussions pour la constitution du gouvernement de coalition vont maintenant battre leur plein avec Angela Merkel comme chef d’orchestre.

En revanche, le scénario s’est avéré franchement différent – mais hélas sans réelle surprise – lors des législatives en Autriche. C’est Sebastian Kurz, la figure montante du parti des conservateurs-chrétiens (ÖVP), qui est arrivé en tête avec 31% des votes. Sur le papier on pourrait se contenter du résultat des Sociaux-Démocrates (SPÖ), arrivés deuxième. Mais la réalité est moins plaisante : les conservateurs devraient logiquement former une coalition avec le parti d’extrême droite (FPÖ), juste derrière le SPÖ en nombre de voix. De fait, les deux mouvements partagent plusieurs propositions communes, en matière de politiques migratoires et de relations internationales notamment. Les conservateurs n’ont pas hésité à se saisir des arguments de l’extrême droite pour siphonner leur électorat. C’est l’Europe la grande perdante de ce scrutin, d’autant plus que l’Autriche jouera d’ici peu un rôle politique non négligeable puisqu’elle sera aux commandes du Conseil de l’UE pendant le deuxième semestre de 2018.

Après les élections en France et aux Pays-Bas et avant celles qui se dérouleront en Italie au début de l’année prochaine, ces nouvelles échéances électorales nous concernent, citoyens et élus européens, observateurs de la vie démocratique de l’Union, soucieux d’une relation de confiance entre la gouvernance de l’UE et l’opinion publique dans les différents États membres.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume