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Equilibre vie professionnelle-vie familiale : « les affaires reprennent »

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En juillet 2015, dans un souci de simplification législative, la Commission européenne avait abandonné -au grand dam des progressistes du Parlement massivement en faveur- la proposition de directive sur le congé de maternité qui prévoyait notamment d’étendre le congé maternité à 18 semaines. En effet, après sept interminables années de négociations scabreuses au Conseil, la Commission avait baissé les bras. « Les affaires reprennent » avec une nouvelle initiative intitulée « Un nouveau départ pour relever les défis de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée rencontrés pour les familles à moyens revenus ».

L’enjeu pour la Commission est de faire face de manière globale aux défis démographiques et sociétaux actuels dont le vieillissement et de permettre aux parents ayant à leur charge des enfants ou des proches de pouvoir mieux équilibrer leurs responsabilités familiales et leur vie professionnelle. Il apparaît nécessaire pour cela de moderniser et d’adapter le cadre juridique et politique de l’UE. Un des effets attendus est notamment la participation accrue des femmes au marché du travail, aujourd’hui encore faible et sujette à plus de précarité en raison des responsabilités familiales prises par les femmes.

Cette semaine, le Parlement a lancé un signal clair de soutien à la démarche de la Commission de relancer le débat. En adoptant, mardi, à une large majorité avec 443 voix pour (123 contre et 100 abstentions), un rapport d’initiative ambitieux préparé par Vilija Blinkeviciute (S&D, lituanienne) de la commission des droits de la femme et Tatjana Zdanoka (Verts/ALE, lettone) de la commission emploi, le Parlement offre sa réponse à la consultation et énonce des propositions législatives concrètes afin d’instaurer sur le marché du travail les conditions d’un meilleur équilibre vie professionnelle – vie familiale.

Parmi ces conditions :

– un allongement de la durée du congé parental à 6 mois avec le choix de pouvoir l’utiliser en fractions ou en bloc et le relèvement de la limite fondée sur l’âge de l’enfant à partir de laquelle le congé parental peut être pris.

– une directive sur le congé de paternité prévoyant un minimum de deux semaines de congé obligatoire entièrement rémunérées pour les pères

– une directive sur le congé pour personne à charge complétant la prestation de soins professionnels et permettant aux travailleurs de s’occuper des personnes dépendantes tout en offrant à l’aidant une rémunération et une protection sociale adéquates.

– l’instauration de crédits de prise en charge afin que les personnes qui arrêtent de travailler pour s’occuper de manière informelle et non rémunérée, d’une personne dépendante ou d’un membre de la famille voient ces périodes comptabilisées comme des périodes de travail pour la constitution de leurs droits à pension.

– une « garantie enfant » permettant à chaque enfant d’accéder à des soins de santé gratuits, à une scolarité gratuite, à une garde d’enfants gratuite, à un logement décent, à une alimentation appropriée, dans le cadre d’un plan européen intégré de lutte contre la pauvreté infantile.

L’équilibre vie professionnelle-vie familiale représente un droit fondamental pour les socialistes et démocrates qui militent pour l’intégration du congé maternité, parental, paternité, et d’aidant dans un socle européen des droits sociaux ou « pilier social ». Aussi, je me félicite du large soutien obtenu par ce rapport et j’attends avec impatience la conclusion de la deuxième consultation des partenaires sociaux qui décidera s’ils se saisissent de ces questions ou si c’est à la Commission de formuler ses propositions d’ici la fin de l’année. Quoi qu’il en soit les discussions reprennent !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume