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Europe es-tu là ?

Attentats hommage du PE montage mosaïque

La grave crise terroriste que nous traversons est une épreuve de vérité –une de plus– et nous allons pouvoir éprouver la solidité des liens que nous avons tissés depuis un demi-siècle avec nos voisins ainsi que la capacité de la maison commune à nous abriter tous de cet orage.

Voici ce que prévoit le traité qui nous unit au titre de son article 42-7

Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir,

C’est dans ce cadre que le Président de la République a demandé au Ministre de la Défense de saisir ses homologues européens.

Toutefois, il n’a pas explicité la nature de l’aide attendue qui peut aller d’un simple soutien matériel à l’envoi de troupes et qui n’est pas soumise à une impérieuse obligation. Faut-il pour autant en conclure que la France est isolée dans ce combat contre Daesh ? Non car d’autres pays sont à l’œuvre en même temps qu’elle : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique et l’Italie. La différence est qu’ils interviennent en Irak seulement, à l’exception du Royaume-Uni, qui opère également en Syrie.

La forme de cet engagement est en cours de définition puisqu’il faut savoir ce qui motivera l’engagement des autres pays européens, si une large coalition est nécessaire, s’il faut un mandat du conseil de sécurité de l’ONU. La prise de conscience en Europe est en effet générale ; ce qui s’est passé en France peut demain se produire dans n’importe quel Etat membre.

On aura noté aussi que la réaction de certains a été à l’inverse de nos espérances. La Pologne s’est distinguée. Alors que les appels à la solidarité et à l’unité résonnaient, des membres du gouvernement conservateur du parti Droit et justice (Pis), nouvellement élus se sont attachés à ne voir que des auteurs potentiels d’attentats parmi les réfugiés, histoire de revenir sur les engagements d’accueil.

C’est la même rhétorique haineuse et manipulatrice qui est à l’œuvre en France dans la bouche des élus FN et de certains élus LR.

Le Président Hollande a pour sa part pris nettement position : les réfugiés en provenance de Syrie sont les victimes du système terroriste de Daesh et il est vital que l’Europe accueille dans la dignité ceux qui relèvent du droit d’asile.

Des déclarations semblables ont été faites par Martin Schulz, Président du Parlement et Jean-Claude Juncker Président de la commission.

Tous les politiques responsables savent que le lien entre terrorisme et réfugiés est inapproprié. D’ailleurs les terroristes identifiés à ce jour sont Français ou Belges pour la plupart.

En revanche, les terroristes recrutés au sein des pays européens circulent. Ils vont de France en Syrie via la Turquie ou de Belgique en France, utilisent toutes sortes de moyens de transports. Des quantités industrielles d’armes voyagent également.

La menace terroriste est commune mais les réponses communes tardent encore. Certains dispositifs régulièrement évoqués et régulièrement repoussés reprennent de l’actualité. Peut-on reparler Europe de la défense, des projets de parquet européen, d’une véritable coopération dans le domaine du renseignement… qui tous les jours buttent sur la préservation des prérogatives nationales.

Il sera aussi question de d’argent car la sécurité n’a pas de prix mais elle a un coût qui va obliger la France à revoir la loi de finances 2016. « Le pacte de sécurité doit l’emporter sur le pacte de stabilité » a dit le Président de la république. Cela signifie que la France va sans doute retarder son retour en dessous de la barre des 3% de déficit et que la première solidarité des états membres et de la Commission va consister à en reconnaitre l’impérieuse nécessité.

 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume