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Face à la caméra : budget de l’Union européenne

 

Le vote sur le budget 2017 par le Parlement Européen représente une victoire par rapport à la proposition initiale de la Commission. Regardez pourquoi :

160 milliards !

C’est – à peu près – le montant du budget de l’union européenne  [Crédits d’engagement = 157,8 milliards d’€]

C’est beaucoup d’argent ?

Non… en fait c’est très peu

A titre de comparaison, le budget de l’État en France est de 380 milliards pour une population de 66 millions d’habitants. [381,7 milliards d’€]

Pour l’Union européenne, il s’agit de 28 États membres et 500 millions d’habitants.

Ce montant ne représente que 1% de la richesse produite.

Cet argent l’Union le consacre par exemple

  • à l’aide aux régions d’Europe en retard de développement ; c’est la politique de cohésion et ça représente un tiers du budget
  • à la politique agricole soit 40% des dépenses
  • à la compétitivité, la croissance et l’emploi ce qui comprend la recherche, les fonds pour les investissements stratégiques ou encore Erasmus+

Ce budget est proposé par la Commission européenne et fait l’objet ensuite d’une intense négociation entre les représentants des États membres Conseil et le Parlement qui, lui, représente les citoyens.

Un accord a été trouvé ces derniers jours et le budget vient d’être voté ce jeudi 1er décembre ; c’est pourquoi j’en parle.

L’accord est satisfaisant : le groupe S&D a réussi à obtenir une bonne partie des augmentations qu’il réclamait, en particulier la relance de l’initiative pour l’emploi des jeunes (+ 500 millions d’euros) le renforcement des programmes de croissance et d’emploi dont Horizon 2020 (+50 millions d’euros), le Mécanisme d’Interconnexion en Europe (+50 millions d’euros), Erasmus+ (+50 millions d’euros)…

Ont aussi été obtenus 725 millions d’euros pour renforcer les fonds liés aux migrations, 28 millions d’euros supplémentaires pour le soutien aux réfugiés palestiniens pour un total de 310 millions d’euros

Il reste que le budget de l’union est structurellement sous-dimensionné et que cela ne va pas en s’arrangeant.

La liste des sujets dont l’Europe s’occupe a tendance à grandir car ces dernières années, de nouvelles questions se posent, qui nécessitent une réponse européenne comme la crise migratoire ou la sécurité face au terrorisme.

Le problème c’est que ces nouveaux sujets sont gérés à l’intérieur d’un cadre, qui lui ne bouge pas : c’est que nous appelons dans notre jargon, le cadre financier pluriannuel. Un montant global a été fixé pour la période 2014-2020 avec des plafonds pour chaque rubrique de dépense. Du coup, l’UE raisonne à moyens constants ce qui n’est évidemment pas satisfaisant.

Pour présenter les choses d’une manière un peu schématique, ces questions budgétaires opposent chaque année un Conseil qui cherche comment réduire les contributions des états membres et un Parlement qui tente d’obtenir l’usage plein et entier des montants prévus. Et chaque année, la bagarre est rude.

Ma collègue Isabelle Thomas qui suit cette question au sein de la délégation socialiste française me l’a souvent dit : le Conseil est un peu « schizophrène » avec des déclarations contradictoires, affichant régulièrement de nouvelles priorités, des grandes ambitions et puis bloquant ensuite toute dépense supplémentaire.

Je profite donc de cette occasion pour saluer son travail au sein de la Commission Budget dont vous avez compris toute la difficulté.

Dans ce contexte contraint, notre groupe continue de plaider pour un budget aux moyens d’action renforcés grâce à des ressources propres plus importantes.

Au premier rang des ressources supplémentaires possibles figure la taxe sur les transactions financières.

Ce projet inspiré -souvenez-vous – du concept de la Taxe Tobin, a été voté par le parlement européen en 2012.

La taxe devait être effective en 2016. On ne désespère pas qu’un accord entre les Etats la rende finalement possible en 2018.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume