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Image de l’Europe : drapeau en berne pour la France

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Cela n’étonnera sûrement personne : il y a un problème entre les Français et l’Europe… C’est notamment ce qu’ils ont manifesté lors des dernières élections européennes en permettant l’arrivée à Strasbourg d’une vague d’eurosceptiques et d’europhobes en tous genres.

Pour autant, au-delà de l’expression d’une défiance envers l’Europe et ses mythes bruxellois, que peut-on dire de l’état de l’opinion française sur le débat européen et comment se situe-t-elle par rapport à ses voisins européens ? Y-a-t-il des raisons d’espérer ou bien au contraire… de se désespérer ? Quelles leçons tirer d’une telle photographie de notre société ?

Ces questionnements font suite à la publication en février dernier par le Parlement européen du Parlemètre 2014 ; il s’agit d’une enquête réalisée à la fin de l’année 2014 au sein des 28 États-Membres de l’UE auprès d’environ 28 000 citoyens, analysant leur perception et leurs connaissances du Parlement européen et de l’Union européenne dans son ensemble, ainsi que sur différents domaines de politiques.

Je relève plusieurs éléments au niveau européen :

  • le fait que si davantage d’Européens (41%) estiment que leur voix compte désormais dans le processus de décision de l’UE, leurconnaissance du Parlement européen restent limitée (67%) ;
  • les priorités politiques privilégiées pour l’UE sont : la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (54%), la coordination des politiques économiques, budgétaire et fiscale (31%), la protection des consommateurs et de la santé (30%), ainsi que la lutte contre le terrorisme et le respect des libertés individuelles (29%) ; à l’inverse, les questions environnementales et la solidarité entre les États sont largement délaissées ;
  • de profondes divergences existent d’un pays à l’autre (pays de l’Est, pays Baltes, Scandinavie/pourtour méditerranéen, membres de la zone euro/non membres de la zone euro…) : si pour 74% des Hongrois les lois européennes doivent être adoptées conjointement par le PE et les États-membres, seuls 44% des Français sont d’accord avec cette assertion, la moyenne européenne se situant à 60% ; ou encore 74% des Suédois qui considèrent que leur voix compte en Europe, contre 20% chez les Grecs.

Ce qui interpelle au niveau français :

  • c’est que l’image positive dont bénéficiait le Parlement européen auprès des Français est passée de 31% en 2007 à 17% en 2014, tandis que l’image négative est passée de 14 à 27% ;
  • ensuite, une baisse de la connaissance des institutions européennes, malgré un rendez-vous électoral peu éloigné : 78% des Français se considèrent mal informés sur les activités du PE, contre 52% des Luxembourgeois ou 52% des Polonais ;
  • ou encore le fait que les Français considèrent que notre pays s’en sortirait bien mieux pour l’agriculture et l’inflation s’il était hors de l’Union européenne ; a contrario, la France ferait moins bien sans l’Europe pour l’économie, la recherche, l’industrie, le commerce, l’énergie, la politique étrangère et l’environnement.

Face à ces résultats peu encourageants, les conclusions et interprétations sont rudes ; toutes montrent le désamour, la méfiance voire de l’hostilité. Mais la défiance des citoyens français envers le Parlement européen est-elle due à une méconnaissance de ses activités ou bien à une conviction profonde selon laquelle cette institution ne serait pas pertinente ? On le sent bien, la crise est passée par là, les politiques d’austérité, les erreurs, les retards,…  aussi traînant derrière eux leurs lots de peurs et une tendance au repli sur soi qui ne peut qu’être délétère pour le projet européen. Ajoutons que les incises des europhobes, courtes, ciselées et… fausses portent leurs fruits dans leur perspective de « destruction de l’intérieur » du Parlement européen.

De tels résultats ne peuvent laisser indifférents ; ils appellent à un sursaut massif des responsables politiques

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume