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Inquiétudes sur l’aide alimentaire européenne

Le saviez-vous ? Une part essentielle de l’aide alimentaire aux plus démunis est européenne. Il s’agit bien de celle mise en œuvre surtout par des bénévoles que vous avez forcément croisés un jour au supermarché. Des associations –  la Croix rouge, la Banque Alimentaire, les Restau du cœur, le secours populaire et bien d’autres structures – sont habilitées au niveau national à recevoir des contributions publiques pour la mise en œuvre de l’aide alimentaire. Ce modèle d’organisation française, très particulier et reconnu pour son efficacité est cependant menacé, notamment par les évolutions réglementaires et les  restrictions budgétaires européennes à venir.

C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive un rapport publié dernièrement par deux sénateurs, l’un du groupe LR, l’autre du groupe communiste, rapporteurs spéciaux de la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances ». Il pointe à la fois les atouts du système français et les difficultés auquel il va être confronté du fait de l’évolution attendue du Fonds européen d’aide au plus démunis.
En 2017, l’aide alimentaire représentait 300 000 tonnes de marchandise distribuées à 5,5 millions de personnes.
Cette aide représente environ 1,5 milliard d’euros dont un tiers de financements publics (aides européennes, dépenses budgétaires de l’État et des collectivités territoriales, dépenses fiscales), un tiers de financements privés (dons en nature et numéraire des particuliers et entreprises), et un tiers correspondant à la valorisation du bénévolat au sein des associations intervenant dans le domaine de l’aide alimentaire.
Ce bénévolat est un atout car il est non seulement efficace mais aussi efficient, c’est-à-dire qu’il permet un service de qualité pour un faible coût. Il faut notamment gérer des stocks, respecter des normes d’hygiène et de sécurité. Une de ses forces est sa dissémination sur le territoire. Le Secours Populaire par exemple dispose de 1000 structures locales et 80 0000 bénévoles
L’UE finance ce secteur via le Fonds européen d’aide au plus démunis ou FEAD. Il est aujourd’hui doté de 3.8 milliards d’euros, ce qui en fait l’un « petit » fonds européen par rapport aux autres, mais un acteur essentiel dans ce domaine puisqu’il représente environ 27 % en moyenne du financement des associations pour l’aide alimentaire en France.
Deux difficultés sont en train de monter ; d’une part, ce financement est désormais assimilé aux fonds structurels ce qui génère une lourdeur des procédures de contrôle qui pèsent sur les structures associatives et risquent de décourager les bénévoles. D’autre part, dans le prochain cadre financier pluriannuel, un sérieux coup de rabot est prévu, puisqu’il passerait de 3.8 à 2 milliards d’euros.
Les conclusions des sénateurs rejoignent donc les alertes que je fais régulièrement sur la nécessité d’un budget européen correctement dimensionné. Il s’agit par ailleurs d’un secteur où le financement européen est très majoritaire. Entre 2014 et 2020, le programme français est doté de 587 millions d’euros, dont 499 millions d’euros financés par les crédits européens et le reste par les crédits nationaux. C’est donc aussi une des dimensions sociales de l’UE qui se trouve remise en question si ces inflexions se confirment.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume