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Intervention en séance plénière – tragédies dans la Méditerranée

Intervention migrants

Voici mon intervention à l’occasion du débat sur les déclarations du Conseil européen et de la Commission et du rapport de la réunion extraordinaire du Conseil européen (23 avril 2015) sur les récentes tragédies dans la Méditerranée et les politiques de migration et d’asile de l’Union européenne le mercredi 29 avril.

 

 

Albert Einstein disait : « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». À la lecture des déclarations du Conseil européen, il y a de quoi se poser des questions !
– Il fallait la mise en place d’un dispositif effectif de sauvetage en mer. C’est un renforcement a minima des opérations Triton et Poséidon qui a été décidé. Le budget alloué de 9 millions par mois correspond à celui consacré à l’opération italienne Mare Nostrum, mais peut-on véritablement parler d’une opération européenne de sauvetage, alors que 12 États membres refuseraient d’y participer?
– Il fallait la création ou le renforcement de voies légales permettant aux personnes ayant besoin de protection de rejoindre l’Europe. C’est un projet pilote volontaire de réinstallation qui a vu le jour, sans propositions concrètes sur le nombre de places offertes. Les conclusions ne disent pas un mot sur les admissions à titre humanitaire, les visas ou bien encore le regroupement familial. Je rappelle que ce n’est pas parce qu’il y a des filières de trafiquants qu’il y a des réfugiés, mais parce que les personnes déplacées ne parviennent pas à accéder à un lieu sûr qu’il y a des filières de passeurs ?
– Il fallait un mécanisme de solidarité intra-européenne : le résultat est quasiment inexistant. La perspective annoncée de l’arrivée d’un demi-million de personnes sur les côtés européennes au cours de l’année 2015 aurait pu inciter les États à aborder la question de l’activation de la directive protection temporaire ou de l’article 78.3 du traité. La déclaration du Conseil européen n’en dit pas un mot ; on se contente seulement de promouvoir une assistance d’urgence.

L’Europe sans distinction est en ligne de mire, mais les responsabilités devraient être dûment assumées ! La frilosité c’est d’abord celle des États qui continuent de privilégier la logique du chacun pour soi. Il est impossible de « faire » si les États ne se donnent pas les moyens de « faire » et de « faire » ensemble !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume