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La solidarité en matière de migration divise encore et toujours les États membres

Alors que j’avais simplement prévu aujourd’hui de saluer la décision de la Commission européenne de renvoyer la République tchèque, la Hongrie et la Pologne devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des obligations juridiques qui leur incombent en matière de relocalisation, Donald Tusk , président du Conseil européen, a quelque peu douché mon enthousiasme…

Rappel des faits. En septembre 2015,  les États membres se sont engagés à relocaliser des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce qui faisaient face à une pression sans précédent. Ce programme a pris fin en septembre 2017 avec des résultats mitigés. Sur 160 000 personnes, seules un peu plus de 32 000 ont été relocalisées et des candidats admissibles doivent encore être relocalisés depuis ces deux pays. Si certains États membres ont relocalisé un grand nombre de personnes, certains comme la République tchèque, la Hongrie et la Pologne n’en ont relocalisé aucun ou trop peu.

Le 15 juin 2017, la Commission a engagé des procédures d’infraction contre ces trois pays. Les réponses fournies par les trois États membres n’ayant pas été jugées satisfaisantes, la Commission a décidé de passer à l’étape suivante de la procédure d’infraction en leur transmettant des avis motivés le 26 juillet 2017. Ces avis constituent une demande formelle de se conformer au droit de l’Union. Ces pays n’ayant toujours pas respecté leurs obligations, la Commission a décidé de saisir la Cour de justice. Ce qui est une excellente nouvelle.

Soutenir les États de première ligne et faire preuve de solidarité avec eux et avec les migrants me semble essentiel. Malheureusement tout le monde ne partage pas cet avis.

Ainsi, Donald Tusk  a remis en question les mesures de répartition des réfugiés à travers l’UE, estimant que « les quotas obligatoires se sont révélés être un facteur de division (…) Pour cette raison, ils s’avèrent être inefficaces ». Or, ce ne sont pas ces quotas qui sont un facteur de division mais bien l’attitude de certains gouvernements d’une minorité d’États membres.

Les dirigeants de l’Union ont débattu à nouveau de cette question durant la soirée du 14 décembre lors du Sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles, sans parvenir à la moindre conclusion.

Comme l’a rappelé Dimítris Avramópoulos, commissaire européen en charge des migrations, le rôle du président du Conseil européen est de forger l’unité parmi les États membres. Or, je doute qu’il en soit ainsi…

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume