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Le cas Oettinger

Tenir des propos à connotation racistes, sexistes et homophobes, profiter du jet privé d’un lobbyiste… et finalement recevoir une promotion. Cette « drôle » d’histoire est celle de Günther Oettinger, le Commissaire européen allemand et les protestations indignées de notre groupe risquent de ne rien y changer.

Des propos de fin de banquet

En octobre dernier, Günther Oettinger dérape à plusieurs reprises, qualifiant les Chinois de bridés, ironisant sur les femmes qui ne seraient pas dans les Conseils d’administration sans les quotas ou encore le mariage pour tous qui sera bientôt obligatoire. Ces propos choquants d’un Commissaire européen auraient pu le disqualifier dans la poursuite de ses fonctions ! Or cet épisode intervient alors qu’il est sur le point de devenir Commissaire en charge du budget et des ressources humaines. Cette nomination n’est  pourtant nullement remise en cause par le Président de la Commission Jean-Claude Juncker qui se contente des justifications convenues sur les « propos sortis de leur contexte ».

 

L’empreinte des lobbyistes

Quelques jours plus tard, Günther Oettinger doit admettre qu’il a pris un avion privé pour rejoindre un dîner où il était attendu en Hongrie par Viktor Orban, à l’invitation d’un homme d’affaires lobbyiste allemand souvent décrit comme le « Monsieur Russie des entreprises allemandes ». Les justifications, là encore ne sont pas convaincantes. La règle est pourtant claire. Les commissaires ne peuvent accepter de cadeaux d’une valeur de plus de 150 euros. Là encore Jean-Claude Juncker préfère croire à la bonne foi de son Commissaire.

 

Colère du Parlement

Cette mansuétude s’explique sans doute par la place qu’occupe Günther Oettinger sur l’échiquier politique. Commissaire européen depuis 2009, membre du CDU aux côtés d’Angela Merkel, il fait partie des poids lourds de la politique allemande. Ses écarts ont affaibli sa position mais il a bénéficié du soutien sans faille de sa famille politique. Bien sûr, il a dû s’expliquer le 9 et 10 janvier devant les commissions Budget (BUDG), Contrôle budgétaire (CONT) et Affaires juridiques (JURI) mais les eurodéputés de gauche l’ont entendu faire part de ses regrets sur ses propos, sans rien lâcher sur les questions de lobbyisme.

A la suite de ces auditions, le groupe S&D a exhorté le président Juncker à ne pas lui confier la responsabilité des ressources humaines et à ne pas le nommer à la vice-présidence de la Commission.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume