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Le projet de directive pour un meilleur « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » bloqué par la France

Aujourd’hui encore dans l’Union européenne, le taux d’emploi des femmes (âgées de 20 à 64 ans) est beaucoup moins élevé que celui des hommes 64,3% contre 75,9% en 2015 d’après la Commission européenne.

Les congés au moment de la naissance d’un enfant restent ultra majoritairement pris par les femmes, ce qui n’est pas sans conséquence sur leurs carrières professionnelles et explique en partie  la sous-représentation des femmes sur le marché de l’emploi.

En cause ? Les faibles durées et rémunération du congé paternité qui découragent le plus souvent les pères de s’arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants, le déséquilibre entre les formules de congé selon le sexe, mais également les possibilités restreintes de recourir à des heures de travail flexibles pour les parents ou les parents aidants.La proposition de directive pour un meilleur « équilibre entre vie professionnelle et vie privée a pour but principal un meilleur partage des tâches familiales entre les hommes et les femmes et donc une meilleure insertion des femmes sur le marché du travail. Elle est la traduction directe et pour l’instant l’unique du « socle européen des droits sociaux » que les dirigeants de l’Union ont adopté en novembre 2017.

Ce projet de directive a été suivi de négociations au sein du Parlement européen et du Conseil. Si du côté du Parlement, un relatif consensus a été trouvé en commission de l’emploi et des affaires sociales sur de nombreux points clés tels que l’établissement de la limite minimale d’un congé de paternité minimum à 10 jours et à 5 jours pour le congé d’aidant ainsi que l’augmentation de la période de non-transférabilité de congé parental (fixé par la commission européenne à 4 mois), il n’en est pas de même au sein du Conseil. En effet, certains pays, la France en tête s’oppose à la mise en place de telles mesures sociale pour des raisons budgétaires essentiellement.

Emmanuel Macron n’avait pourtant cessé de rappeler l’importance d’une Europe plus protectrice et avait fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la « grande cause » de son quinquennat. Aujourd’hui le constat est clair, le Président fait des promesses mais refuse de s’engager voire est debout sur le frein lorsqu’il s’agit de concrétiser certaines mesures pourtant progressistes.Lors de la Journée de l’Europe à Paris, j’ai fait part de ma désapprobation à Nathalie Loiseau, Ministre des Affaires européennes, incitant le gouvernement à considérer l’engagement financier sur la conciliation vie privée-vie professionnelle comme un engagement d’avenir, dont il ne faut pas déformer le coût facial à court terme.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume