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Les députés condamnent fermement l’interdiction de voyage aux États-Unis lors d’un débat avec Federica Mogherini

Communiqué du Parlement européen – Bruxelles, le 1 février 2017

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Les présidents des groupes politiques ont réagi mercredi à la signature récente par le Président Donald Trump d’un décret interdisant l’accès au territoire des États-Unis aux ressortissants de sept pays. La plupart des députés ont décrit ces restrictions de voyage comme arbitraires et contraires aux valeurs fondamentales des démocraties occidentales, telles que la liberté, la non-discrimination et la solidarité.

La chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, a salué la clarification apportée par les autorités américaines: les citoyens de l’UE ne seront pas concernés par l’interdiction de voyage, même s’ils possèdent la nationalité de l’un des sept pays listés. Mais elle a tenu à préciser que ‘‘cela ne changeait pas notre appréciation globale des décrets. (…) L’UE ne tournera le dos à aucune personne ayant droit à la protection internationale’’, a-t-elle déclaré, ajoutant que ‘‘telle était notre position, et la position qui continuera d’être la nôtre.’’

‘‘Trump a été élu et nous souhaitons engager un dialogue’’, a déclaré le président du groupe PPE Manfred Weber (DE). ‘‘Quand Trump déclare qu’il lutte contre la migration illégale ou l’islamisme radical, nous sommes d’accord. Mais l’interdiction de voyage, ce n’est pas cela. La suspicion généralisée envers des pays ou des peuples mène à la xénophobie. Les États-Unis ont toujours été un pays de libertés et de droits fondamentaux, et maintenant Trump tolère la torture ». En faisant cela, ‘‘un État devient lui-même criminel’’, a-t-il ajouté.

Gianni Pittella (S&D, IT) a déclaré: « Ces dispositions sont une attaque contre la culture juridique et les valeurs fondamentales de l’UE […]. Soyons clair: l’interdiction de voyage […] ce n’est pas pour lutter contre le terrorisme. C’est un mensonge démagogique et il touche certains pays alors qu’il ne concerne pas d’autres avec qui Donald Trump fait des affaires! J’appelle les compagnies aériennes à ne pas refuser les passagers issus des pays concernés par l’interdiction. Et nous devrions éviter toute visite de Trump en Europe tant que l’interdiction est en place: les portes sont fermées pour lui! »

 

Syed Kamall (ECR, UK) a affirmé: « Cette interdiction arbitraire envoie le message suivant: il y a une contradiction intrinsèque entre être un bon musulman et être un bon citoyen d’une démocratie occidentale. Daesh et d’autres extrémistes en tireront profit, car ils formulent exactement les mêmes affirmations […]. Cependant, les Américains ont voté pour ce candidat, qui fait ce qu’il a promis de faire. C’est pourquoi nous devons accepter que ce Président, ses priorités et ses politiques soient la conséquence de la vague croissante de mécontentement ».

 

Le fait qu’aucun terroriste issu des pays concernés par l’interdiction n’ait jamais frappé sur le sol américain montre, selon Guy Verhofstadt (ADLE, BE), qu’il s’agit de « discrimination pure », une mesure visant à nourrir le populisme et le nationalisme. Il a ajouté que l’Europe était également menacée par ces forces et espère que lorsqu’ils se réuniront à La Valette, les dirigeants européens s’opposeront à « toute cette série de populistes et nationalistes qui veulent nous détruire ».

 

Gabrielle Zimmer (DE), chef du groupe GUE/NGL, a déclaré: « Allions nos valeurs contre le mépris de Trump, montrons, avec une politique migratoire caractérisée par la solidarité, que les gens qui cherchent la protection ne sont pas les racines de tout mal. (…) Que seraient devenues les démocraties d’après-guerre en Europe si les réfugiés du nazisme n’y avaient pas trouvé un refuge sûr? »

 

« Qui aurait pu penser que les libertés et les droits que nous considérons tous comme naturels pouvaient s’évaporer si rapidement? C’est apparemment la façon dont la démocratie libérale meurt », a observé la chef du groupe des Verts, Ska Keller (DE). Elle a appelé l’Union européenne à être la « championne de la protection du droit international, des droits de l’homme et des libertés – faisons de l’Europe le contre-modèle de Trump ».

 

Nigel Farage (EFDD, UK) a déclaré qu’aux États-Unis un « véritable élu démocrate fait ce pour quoi il a été élu ». Il a qualifié les plaintes européennes de « preuve de « l’anti-américanisme » de l’UE et a proposé d’inviter le Président Trump au Parlement pour un « dialogue ouvert ».

 

Le coprésident du groupe ENL, Marcel De Graaff (NL), a appelé le Président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Commission européenne à « suivre l’exemple du Président Trump, et à instaurer des contrôles aux frontières nationales. Gardez les djihadistes dehors. Non seulement ceux venant des sept pays que Trump a épinglés, mais aussi de nombreux autres ».

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume