FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

Les recommandations du Parlement sur l’espace Schengen

L’espace Schengen est une des plus grandes avancées de l’Union européenne. Depuis 1995, les citoyens européens de 22 États membres de l’UE, d’Islande, du Liechtenstein, de Norvège et de Suisse peuvent circuler librement d’un pays à l’autre, sans contrôle. Pour garantir cela, des règles communes existent : des contrôles harmonisés aux frontières extérieures pour garantir la sécurité et la liberté de circuler à l’intérieur de cet espace. Si vous êtes nés avant les années 1990, vous devez vous rappeler des contrôles interminables -surtout pendant des périodes de vacances- d’un pays à l’autre ! Cette liberté de circulation a permis d’améliorer les échanges sociaux, culturels et économiques entre nos pays.

Enfin, je parle au présent mais beaucoup de choses ont changé depuis quelques années.

Le Parlement européen reste très attaché à l’espace Schengen et c’est ainsi que nous venons d’émettre un rapport d’initiative sur le fonctionnement de l’espace Schengen, alors que plusieurs États membres ont recommencé des contrôles à leurs frontières nationales. Bien que ces contrôles soient autorisés par les règles du Code frontières Schengen, ils sont contraires à l’esprit de la libre circulation. Ils sont donc très encadrés et doivent être limités dans le temps et justifiés, par exemple en raison de risques sécuritaires.

Le Parlement réaffirme dans son rapport qu’il faut préserver la libre-circulation dans l’espace Schengen et revenir à un fonctionnement normal de Schengen, sans ces contrôles intérieurs qui remettent en cause le principe même de la libre-circulation. Alors que les législations pour renforcer la sécurité à nos frontières extérieures s’empilent (réforme de Frontex, vérification systématique des Européens et des ressortissants de pays tiers), la contrepartie de Schengen n’existe plus : plusieurs États membres continuent à mener des contrôles à leurs frontières nationales, parfois en contravention avec les règles. Par ailleurs, en tant que shadow rapporteure pour les Socialistes et Démocrates sur ce rapport, j’ai insisté pour que d’autres recommandations y figurent. Les États membres doivent mieux coopérer entre eux et se faire confiance, notamment par le biais de la coopération policière et judiciaire, et la gestion des frontières communes. Ils doivent aussi arrêter de blâmer Schengen de tous les maux.

Selon moi, il faut également augmenter les opérations de recherche et sauvetage en mer pour venir en aide aux personnes qui tentent de rejoindre l’UE, et donner plus de moyens à l’Officier des droits fondamentaux de Frontex.

Enfin, pour un meilleur fonctionnement de l’espace Schengen, les États membres doivent s’accorder pour un système d’asile européen solidaire et humain, des voies d’accès sûres et légales à l’UE, et améliorer leurs capacités d’accueil aux frontières. Lorsque des ressortissants de pays tiers arrivent, il faut éviter la rétention, qui doit être une mesure de dernier recours et qui est contraire à l’intérêt de l’enfant.

La Commission et les États-membres doivent entendre ces messages du Parlement européen !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume