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Les S&D demandent une enquête indépendante sur les fraudes électorales, ainsi que la suspension des négociations d’adhésion avec la Turquie

Communiqué du groupe Socialistes & Démocrates – Bruxelles, le 27 avril 2017

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Dans le cadre de la miniplénière de Bruxelles de ce 26 avril, le Groupe S&D a appelé le Conseil européen à suspendre les négociations d’adhésion entre l’UE et la Turquie, dès l’entrée en vigueur des 18 amendements de la constitution turque. Les Socialistes & Démocrates ont aussi demandé la mise en route, en Turquie, d’une enquête indépendante sur les fraudes électorales. En effet, des bulletins non estampillés auraient été acceptés comme valides.

Les eurodéputés ont abordé la question de l’avenir des relations entre l’Union et la Turquie avec le commissaire à l’Élargissement, Johannes Hahn, à la lumière du référendum constitutionnel organisé en Turquie ce 16 avril. Le résultat du référendum consacrait une dérive autoritaire qui confère au président en exercice Recep Tayyip Erdoğan des pouvoirs excessifs et contraires à la séparation des pouvoirs.

 

Kati Piri, eurodéputée S&D et rapporteuse du Parlement européen pour la Turquie, a déclaré ceci :

« Ces dernières années, nous assistons à une dérive croissante de la Turquie par rapport aux valeurs démocratiques. Avec l’entrée en vigueur des récents changements constitutionnels, la poursuite des négociations d’adhésion avec le gouvernement turc actuel n’aura plus de sens. »

« En effet, un pays doté d’une telle constitution ne peut devenir membre de l’UE. En conséquence, j’appelle tous les dirigeants de l’Union à suspendre officiellement les négociations d’adhésion si la nouvelle constitution et l’ensemble des amendements étaient mis en œuvre sans modification. »

« Par ailleurs, la Turquie est un pays voisin important, que nous ne pouvons ignorer.  Dans ces conditions, la coopération restera essentielle dans des domaines comme le commerce, l’antiterrorisme, la migration et les efforts conjoints pour mettre fin à la guerre en Syrie. Toutefois, il ne peut s’agir d’une relation sans valeurs, où les droits de l’homme et la démocratie n’interviennent plus. À cet effet, nous pouvons utiliser la puissance économique de l’UE comme levier. »

Victor Boştinaru, eurodéputé et viceprésident S&D, a ajouté ceci :

« Ce référendum et les dernières évolutions de la politique turque font dérailler toutes les étapes importantes déjà réalisées dans le processus de modernisation et de démocratisation du pays. »

« Personnellement, la voie empruntée par la Turquie m’inquiète profondément. En effet, le résultat du référendum ne peut qu’approfondir la division de la société turque. Toutefois, c’est la population turque qui est maîtresse de son destin et nous autres Socialistes & Démocrates la soutiendrons toujours. »

« Par ailleurs, on ne peut pas dire que les mois de campagne électorale se soient déroulés en toute équité et liberté. L’opposition et les observateurs internationaux ont pointé les irrégularités du vote, sur lesquelles il faut enquêter. »

« Mais l’Union européenne a aussi commis des erreurs par rapport à son partenaire turc et il est essentiel de le reconnaître. »

« Quelle que soit la forme de partenariat et de relations pour laquelle l’UE et la Turquie opteront à présent, celle-ci devra tenir compte de la nécessité stratégique, pour les deux partenaires, de la poursuite de leur collaboration sur de nombreux plans. Nous devons maintenir un dialogue constructif et mutuellement bénéfique. »

Elena Valenciano, eurodéputée et viceprésidente S&D, a précisé les points suivants :

« Avec cette réforme constitutionnelle, Erdoğan éloigne considérablement la Turquie de l’Union européenne. À présent, il devient très difficile d’argumenter en faveur de l’adhésion de la Turquie, étant donné le dommage infligé aux valeurs communes comme l’État de droit, l’indépendance du judiciaire, la différentiation entre pouvoirs exécutif et législatif. »

« Néanmoins, l’UE ne peut pas renoncer à la promotion de la démocratie en Turquie, comme elle ne peut y renoncer pour le reste de notre voisinage. Dans ces conditions, Nous devons réfléchir aux moyens de soutenir cette moitié de la population turque qui en, dépit de la difficulté du contexte politique, n’accepte pas la réforme. Ce faisant, celle-ci confirme son attachement à la démocratie et aux valeurs européennes. »

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume