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Les villes comme acteurs majeurs de l’intégration

A l’occasion du rapport Taché sur l’intégration des étrangers, voici une tribune que j’ai écrite avec Christophe Rouillon, Vice-président « Europe »de l’Association des Maires de France, membre du Comité européen des Régions et Maire de Coulaines.Le rapport « Pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France » du député Aurélien Taché -dont on espère que de nombreuses propositions seront reprises-  mériterait que la mise en œuvre concrète des mesures préconisées soit précisée.

Dans l’ensemble le caractère progressiste du rapport est satisfaisant ; il est nécessaire que les migrants bénéficient de plus d’heures de cours de français, de former les réfugiés, de mettre fin à la taxe d’embauche ou encore de revoir le contrat d’intégration républicaine. Nous regrettons pourtant qu’il ne fasse pas plus de place aux acteurs locaux, notamment les villes, et à leur rôle essentiel dans l’intégration des migrants.

En effet, ce n’est que grâce à leur implication que nous pouvons espérer les meilleurs résultats. Les villes et leurs acteurs de terrain n’ont pas attendu que le gouvernement mette ce thème à son agenda pour se saisir de cette question. En effet, elles sont les mieux placées pour favoriser la cohésion sociale grâce à leurs compétences, en matière de logement, de santé ou encore d’emploi.

Il est donc nécessaire de les aider, notamment financièrement, que ce soit à l’échelon national ou européen car l’arrivée des migrants a des effets avant tout au niveau local. C’est là qu’il faut loger, scolariser, employer les nouveaux venus. Au-delà, l’intégration est un projet global qui inclut certes les acteurs institutionnels mais doit aussi faire participer l’ensemble de la population.

Le défi de l’Union européenne est donc d’appuyer les collectivités locales par des mesures incitatives pour qu’elles transforment ces arrivées en atout. Pour ce faire, les moyens budgétaires du Fonds Européen « Asile, migrations et intégration », que le député Taché omet de mentionner dans son rapport, mériteraient d’être sensiblement augmentés pour la prochaine période de programmation financière à partir de 2020 au-delà des 3,137 milliards d’€ prévus pour la période 2014-2020.  Il serait également utile de l’arrimer à la politique de cohésion pour rendre les moyens de ce Fonds plus accessibles aux collectivités locales. C’est ce pourquoi le groupe des Socialistes et Démocrates se bat au Parlement européen.

M. Taché, assurez-vous que l’implication pleine et entière des autorités locales et régionales soit garantie dès à présent car elle est la clé du succès des politiques d’intégration !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume