FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

L’exode des eurodéputé-e-s*

Politico est un média en ligne spécialisé dans les questions européennes. J’y ai relevé il y a quelques jours une histoire « d’exode de députés » qui m’a interpellée. En effet, on apprend que depuis 2014, en moyenne un-e député-e européen-ne quitte ses fonctions chaque semaine. Ainsi, 33 eurodéputés ont démissionné en 2017 et plus de 80 depuis les élections de 2014.

Les raisons sont diverses. Il y a bien sûr souvent l’opportunité d’une promotion en revenant dans le giron de la politique nationale ; la Délégation socialiste française a d’ailleurs été un vivier de ministres au précédent mandat.

 La reconversion connaît plus ou moins de succès. Ainsi Andrzej Duda est-il devenu Président de la Pologne. Le SPD de Martin Schulz, précédent Président du Parlement européen, a été défait en Allemagne. Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez ont été appelées au gouvernement français. Ulrike Lunacek, vice-présidente du Parlement européen, a été une tête de liste malheureuse aux législatives d’octobre pour les Verts autrichiens.

L’Espagne, le Royaume-Uni et la Belgique sont les États membres qui ont le plus perdu de députés et les conservateurs britanniques détiennent un record avec cinq départs de leurs rangs.A côté de l’anecdote, on voit que le statut des parcours au sein des institutions européennes apparaît encore comme ambigu. Le Parlement constitue une réserve de personnel politique mais n’est pas considéré comme un aboutissement. Pour certains, il s’agit même plutôt d’un sas ou d’une salle d’attente en attendant de rebondir.

Cette conception m’agace car elle ne sert ni ne valorise ce formidable mandat qu’est celui de député-e européen-ne.

_ _ _ _

* Répartition par sexe: 55 députés et 25 députées ont quitté leurs fonctions

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume