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M. Macron fait de la convergence sociale… par le bas

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen – Strasbourg, le 17 novembre 2017

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Le président de la République française était aujourd’hui à Göteborg, en Suède, pour un sommet consacré à l’Europe sociale où il a fait plusieurs propositions de bon sens, fustigeant « les hypocrites » qui font de grandes propositions sans y mettre les moyens.
Bien sûr, la menace d’une diminution des fonds structurels en cas de dumping fiscal ou social sera saluée. Mais réfléchissons un peu : n’est-ce pas là une réintroduction de la conditionnalité macro-économique que nous avons toujours combattue ? Allons encore plus loin : pourquoi ne pas proposer en lieu et place de la convergence vers le haut avec un budget à la hauteur ? Enfin, n’est-ce pas contradictoire alors même que les syndicats français sont dans la rue pour dénoncer l’affaiblissement du pilier social français décidé par lui-même ?
Bien sûr, il faut réformer le fonctionnement du Fonds européen d’adaptation à la mondialisation afin que les conditions d’utilisation soient moins restrictives et augmenter les fonds consacrés. Mais, thuriféraire de l’accord commercial avec le Canada, ne plaide-t-il pas ainsi pour apposer des rustines sur les conséquences dramatiques de ses propres décisions ?
La réforme du Fonds social européen est sur toutes les lèvres à Bruxelles avec l’idée de certains de le fondre dans un grand fonds en faveur du « capital humain » où les subventions seraient remplacées par des « instruments financiers », doux noms bruxellois pour des prêts. Est-ce l’idée soutenue par le Président de la République ?
Bien sûr, il faut intensifier Erasmus, notamment dans l’enseignement professionnel. M. Macron ajoute « collectivement, on est très hypocrite », « mettons l’argent, mais mettons-le vraiment ». Est-ce l’annonce que la France va changer de position au Conseil en matière de budget de l’Union européenne et s’engager résolument en faveur d’une ressource propre pour le financer ?
Reconnaître que l’on est hypocrite c’est bien, cesser de l’être c’est mieux ! A Athènes, à la Sorbonne, nous avons déjà eu des belles paroles. Maintenant les actes doivent suivre, ce qui passe par une augmentation du budget communautaire.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume