FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

Face à la caméra : il est question de la Grèce

Crise de la dette grecque: situation sociale explosive, asphyxie budgétaire et risque de défaut de paiement – comment en sortir ?

Eurogroupe sur la Grèce : le changement c’est maintenant ?

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen – Bruxelles, le 20 février 2017

– – –

Une nouvelle fois, la délégation socialiste française au Parlement européen doit réagir aux décisions de l’Eurogroupe sur la Grèce, même si cette réunion n’était pas celle « de la dernière chance ». Positivement qui plus est, et cela n’a pas toujours été le cas : le débat sur la Grèce a permis à l’Eurogroupe, comme au FMI, un débat approfondi. Tout le monde en est d’accord : la place de la Grèce est dans l’Europe et dans la zone euro. Les institutions vont retourner à Athènes pour boucler un paquet équilibré, sans effort budgétaire net, permettant des politiques actives pour l’emploi.

Lire la suite

Noël en Grèce

 

« La main maléfique de Schäuble » c’est l’expression qu’a employé Gianni Pittella, Président du groupe S&D pour caractériser une décision de l’Eurogroupe envers la Grèce. Si la Grèce fait moins parler d’elle depuis ces derniers mois, la tension s’est soudainement ravivée ces deniers jours. Voyons pourquoi.

Lire la suite

Basta Schäuble !

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen – Strasbourg le 15 décembre 2016

– – –

Alexis Tsipras vient de prendre des mesures de justice sociale : rétablissement d’un 13ème versement annuel pour les plus basses retraites et report d’une hausse de la TVA sur les îles de l’est égéen frappées de plein fouet par l’arrivée massive de réfugiés. Ces mesures, légitimes au regard des efforts supportés par le peuple grec, ont un coût pour le budget de l’Etat relativement faible : 617 millions d’euros.

C’est encore trop pour le faucon Schäuble, qui a obtenu de pulvériser le maigre accord sur l’allégement de la dette grecque obtenu le 5 décembre dernier.

Lire la suite

#PlenPe : les thèmes clefs de la Plénière de mai

#PlenPE

Les accords de Schengen, de Dublin ou la Grèce constituent les principaux titres de cette session plénière. A ces sujets médiatisés, s’ajoutent d’autres qui ont aussi toute leur importance, même s’ils sont moins visibles.

Voici donc une synthèse de la semaine.

Lire la suite

Un accord aux forceps. Et maintenant ?

drapeau grec Tsipras au PE 2

Communiqué de la délégation socialiste français – Bruxelles – lundi 13 juillet 2014

La Grèce reste dans la zone euro et nous nous en félicitons. Nous tenons avant tout à saluer l’action déterminée et déterminante de la France et de François Hollande : le scénario du Grexit appartient au passé, l’intégrité de la zone Euro est préservée. Nous saluons également l’unité des socialistes européens : l’appel du groupe socialiste au Parlement européen a été entendu.

Ceux qui n’avaient qu’une idée en tête – sacrifier les Grecs sur l’autel de leur opinion publique nationale, de l’humiliation et de la revanche politique – ont perdu leur pari.

Néanmoins, certaines conditions qui sont imposées à la Grèce laissent un goût amer ; elles perpétuent encore une logique libérale agressive qui n’a jamais porté ses fruits, sinon pour les détenteurs de capitaux. Personne n’est dupe. Mais le fonds pour la croissance et le nouveau prêt de plus de 80 milliards d’euros vont dans le bon sens, comme la renégociation de la dette désormais sur la table.

« L’Europe avance dans les crises », c’est devenu un lieu commun. C’est souvent vrai. Encore faut-il qu’elle avance dans le bon sens, celui de l’intégration et de la démocratie. Il y a cinquante ans, l’Europe traversait « la crise de la chaise vide ». Aujourd’hui, les égoïsmes nationaux, exacerbés par un mode de décision intergouvernemental, rendent l’Union de plus en plus ingouvernable.

Comment certains peuvent-ils à ce point oublier l’intérêt général européen pour le laisser être menacé par des considérations de politique intérieure allemande, ou par un seul parti d’extrême droite, celui des « vrais Finlandais », très minoritaire mais membre d’une coalition au pouvoir dans un Etat membre ?

Pour paraphraser Clémenceau, « l’Europe est une chose trop grave pour être confiée à des responsables politiques nationaux ». C’est pourquoi il est urgent de revoir ensemble de fond en comble la gouvernance économique européenne pour l’européaniser et la démocratiser.

Pour construire une Union économique et monétaire plus solide, il faut corriger ses défauts d’origine et ceux accumulés dans la gestion de la crise, comme le préconise le rapport de Pervenche Berès adopté par le Parlement européen le 24 juin dernier. Les Ministres de l’économie et des finances doivent lancer ce chantier dès l’ECOFIN de demain mardi 14 juillet.

D’abord, l’euro est un projet politique. Il s’agit de le penser dans le contexte géopolitique du XXIéme siècle. Nous voulons une analyse globale de la situation économique : la gouvernance économique de la zone euro ne peut pas se baser sur l’analyse de 19 politiques économiques nationales, étudiées séparément les unes des autres, alors que les divergences entre elles s’accroissent.

Ensuite, il faut se donner les moyens de construire l’avenir en remettant en cause les règles budgétaires contre productives qui limitent les investissements publics et privés d’avenir. Il est temps de créer dans l’Union européenne les conditions favorables à la relance de l’investissement pour faire face aux défis de la transition écologique, du numérique, et de l’emploi.

La zone euro doit aussi impérativement se doter d’un mécanisme démocratique de gestion de la dette et abandonner la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI), c’est la leçon principale de cette crise. Le FMI n’a pas à gérer les crises en Europe, c’est à nous de le faire. Pour le remplacer, il faut transformer le mécanisme européen de stabilité en un Fonds monétaire européen. Mais changer l’instrument ne suffit pas, il faut aussi changer de remède : les désormais fameux « programmes d’ajustement » n’ont pas fait leurs preuves, ni du point de vue de la dette, ni du point de vue de la croissance, encore moins en matière sociale.

Enfin, il faut clarifier la notion de « réformes structurelles », qui sont trop souvent synonymes de dérégulation du droit du travail et de baisse des salaires. Pour nous, une bonne réforme structurelle a des effets sociaux, environnementaux et économiques positifs pour les Européens.

Plus de démocratie, avec un renforcement du rôle du Parlement européen, des parlements nationaux et des citoyens dans la gouvernance économique ; plus de convergence fiscale ; plus de solidarité, avec l’ajout d’un pilier social fort ; plus de budget, avec des ressources propres. Afin d’empêcher l’Europe de se fracasser pour de bon sur le mur des égoïsmes nationaux, nous appelons les chefs d’État et de gouvernement, ainsi que le président de la Commission européenne, à se saisir rapidement de ces propositions.

 

Syriza : analyses partagées et incompréhensions

logo syriza

Comme socialiste française et européenne, je sais bien que Syriza n’appartient pas exactement à ma famille politique. Mais pour autant, je souhaite exprimer des vœux de succès à cette formation, à la gauche grecque et envoyer un message de compréhension et d’encouragement aux Grecs. Je suis heureuse que cet exercice démocratique à haut risque se solde par une telle orientation.

Parce que le choix de Syriza est porteur d’espoir pour le peuple grec

Les partis politiques grecs traditionnels sont aujourd’hui laminés par la crise. Le Pasok, parti frère du PS, héros des combats contre la dictature des colonels, s’est brulé les ailes lors de son dernier passage au pouvoir et est menacé aujourd’hui d’extinction. Malgré nos liens anciens, nous sommes obligés de constater qu’il n’incarne plus l’avenir de la Grèce. Les conservateurs, pour leur part, relayaient sans nuance à leur pays une médecine de cheval qui était en train de tuer le malade. Syriza a compris le désarroi des Grecs qui ont vu en lui et son leader Alexis Tsipras un espoir de changement dans le pays et en Europe.

Ce parti est positionné à l’extrême gauche et il va devoir gouverner, se confronter au principe de réalité en passant de l’opposition à l’exercice du pouvoir. Il s’y prépare depuis des mois déjà et a infléchi son discours car il sait que les électeurs attendent des résultats concrets et pas seulement des promesses exaltées.

S’il arrive à maintenir le cap entre convictions fortes et sens des responsabilités, je pense que nos positions seront amenées à se rapprocher de plus en plus.

Nous partageons déjà beaucoup

Les quatre axes de la politique que souhaite mener Alexis Tsipras relèvent d’une analyse que nous soutenons en grande partie au sein du groupe des socialistes et démocrates du Parlement européen.

Il souhaite conditionner le remboursement de la dette à l’évolution du PIB. Cela signifie qu’il entend l’honorer mais avec des aménagements. Au sein du groupe S & D, nous avons dit à de multiples reprises combien le pacte de stabilité devait être ajusté aux circonstances et ne pas s’appliquer comme une règle d’airain au nom de l’orthodoxie néo libérale. Dans l’état actuel de la Grèce, lui imposer ce rythme de remboursement revient à lui maintenir la tête sous l’eau – tout en lui disant qu’on veut la secourir. Les modalités sont bien sûr à discuter car elles engagent tous les européens et notamment les contribuables français.

Alexis Tsipras a également un programme de réformes structurelles. Il veut en particulier lutter contre la fraude fiscale et la corruption. On ne peut qu’être d’accord et il a du pain sur la planche !

Il souhaite relancer l’investissement sans creuser les déficits et compte aussi sur l’Europe pour cela. Il considère que le plan Juncker est insuffisant : nous sommes d’accord là encore mais nous, nous encourageons ce pas dans la bonne direction. Il en appelle à la Banque européenne d’investissement, c’est effectivement un outil qui est sous-utilisé et des évolutions seraient nécessaire dans cette institution. Je retiens surtout que pour lui, l’Europe fait partie de la solution et pas seulement des problèmes.

Enfin il souhaite gérer la crise humanitaire qui a été créée par la terrible austérité de ces dernières années. Quelques erreurs qu’ait pu commettre la classe politique grecque, la population n’a pas mérité la punition qu’elle endure aujourd’hui. Rappelons que 25 % des grecs vivent en dessous du seuil de pauvreté.  Je crois que nous avons un devoir moral en tant qu’européen d’empêcher qu’un peuple soit réduit à la misère comme aujourd’hui.

Nous avons aussi nos incompréhensions

Les résultats de dimanche n’ont pas donné la majorité absolue à Syriza qui a dû trouver des alliés. Parmi les deux pressentis, To Potami, parti centriste pro-européen mais partageant les thèses de Syriza sur la renégociation de la dette s’est vu préférer les Grecs indépendants (AN.EL.), le parti fondé par Panos Kammenos, dissident des conservateurs, souverainiste, populiste, anti européen. Il peut être comparé à Nicolas Dupont-Aignan pour le discours, avec en plus, une réputation d’affairiste douteux, d’aucuns disent même raciste.

Cette hypothèse semblait dans les tuyaux depuis longtemps ; je la découvre, avec le sentiment que le « pragmatisme » a présidé à la décision. Mais Alexis Tsipras devra se garder des manches de râteaux politiques !

Autre déconvenue : alors que la composition du gouvernement est annoncée, on apprend qu’il n’y aurait aucune femme ministre. En incluant les vice-ministres et secrétaires d’État, il compterait une quarantaine de membres, dont sept femmes.. On est donc loin de la parité…

J’espère que d’autres signes, plus encourageants, seront donnés dans les prochains jours.