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Les S&D condamnent les exécutions secrètes dans des prisons syriennes, révélées par Amnesty International

Communiqué du groupe Socialistes & Démocrates – Bruxelles, le 7 février 2017

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D’après un rapport publié ce 7 février par Amnesty International, 13 000 opposants à Bachar Al-Assad auraient été exécutés en secret par pendaison dans la prison de Saydnaya, au cours des cinq premières années de la guerre civile. À cela s’ajoutent les morts de famine et sous la torture. De plus, le rapport suggère que les exécutions pourraient continuer.

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Des initiatives locales remarquables pour venir en aide aux réfugiés

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Deux histoires ont retenu mon attention cette semaine. J’ai lu la première dans la Chronique d’Amnesty International et la deuxième dans le Monde.

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Comment en finir avec la peine de mort ?

Théâtre de marionnettes indonésien

Théâtre de marionnettes indonésien

L’abolition de la peine de mort : une vieille histoire ? Pas si sûr… Elle resurgit soudainement dans l’actualité de ces jours, ce qui m’incite à quelques réflexions.

Commençons par le cas de Serge Atlaoui. Ce français est condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, au terme d’une procédure pleine d’incohérences (voir cet article du Monde). Artisan-soudeur, il travaillait dans un laboratoire indonésien pour installer des machines industrielles, laboratoire qui s’est révélé une usine clandestine produisant de la drogue.

Tous les éléments qui ont mobilisés les opposants à la peine de mort à travers l’histoire sont présents dans cette affaire :

  •  Le statut du condamné, probablement innocent ou au pire des cas, un comparse de peu d’importance dans une organisation criminelle.
  •  La procédure judiciaire entachée de parti pris et d’irrégularités, les droits de la défense réduits à peu de chose, des peines d’une sévérité inouïe.
  •  L’instrumentalisation par le pouvoir de la peine de mort à des fins de politique intérieure. Il démontre ainsi à la population qu’il ne recule ni devant les trafiquants de drogues, ni devant l’opinion internationale.

L’exécution de 8 condamnés ces derniers jours en fournit un exemple spectaculaire. Serge Atlaoui a finalement obtenu un sursis mais pour combien de temps ?

Pour mieux comprendre ces évènements tragiques, il faut sans doute garder à l’esprit que l’Indonésie n’est redevenue une démocratie que finalement assez récemment, en 1999. La peine de mort a toujours existé dans ce pays mais était assez peu appliquée jusqu’à ces dernières années. Le mouvement de pacification de la société s’est soudain arrêté et la violence d’État a de nouveau été perçue comme un moyen légitime et nécessaire au pouvoir.

C’est ce recul qui me frappe. L’abolition de la peine de mort n’est pas inéluctable. Si pour les progressistes, elle fait partie des acquis indissociables de la démocratie, cette vision n’est pas universelle.

Comme le disait Robert Badinter en 1981 devant l’assemblée nationale : « dans les pays de liberté l’abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée. Ce partage du monde ne résulte pas d’une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c’est bien qu’elle procède de l’idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie ».

Il n’est d’ailleurs pas besoin de basculer dans une dictature pour céder à ces mêmes démons. Les États unis et l’Indonésie sont des démocraties mais exécutent un grand nombre de condamnés. Il suffit de croire que la violence est une solution efficace et légitime contre la violence.

Les progressistes pensent à contrario que la violence n’est ni efficace, ni légitime.

Le rapport d’Amnesty international de 2014 sur la question montre une progression de 28% de la peine de mort dans le Monde. Cela illustre le fait que les progressistes sont loin d’avoir gagné ce combat d’idées.

Du moins en France et en Europe sommes-nous protégé de ces dérives me direz-vous ?

La vigilance reste de mise. La convention européenne des droits de l’homme depuis 1983, la charte des droits fondamentaux depuis 2000 rendent en pratique très difficile un retour en arrière des pays membres sur ce point.

Pourtant Viktor Orban, le Président hongrois, n’a pas hésité à relancer le débat. Selon lui, seule la peine de mort est réellement dissuasive. Cet argument éculé, dont l’inexactitude a été mainte fois démontrée n’est à mon avis qu’un paravent. La conviction de Viktor Orban est plus certainement que – comme l’expliquait Robert Badinter « l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie ».

Lors des débats de mercredi au parlement, les positions de Viktor Orban ont été évoquées et ont soulevé une réprobation générale. L’abolition de la peine de mort est une condition, un pré-requis pour rejoindre l’UE, revenir dessus aurait forcement de graves conséquences pour la Hongrie.

Il reste qu’un grand flou demeure sur la nature des sanctions possibles. On note par ailleurs que le parti de Viktor Orban est affilié au PPE – le parti populaire européen et que, malgré ses provocations, ses prises de position populistes, sa dérive autoritaire et anti-démocratique, son exclusion ne semble pas être à l’ordre du jour.

 

Sur ces mêmes questions, je vous propose également d’écouter mon interview pour les journaux de Radio France par Anja Vogel (entre 8’25’’ et 9’25’’)