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Audition des commissaires : suite et fin ?

audition de Navracsics © European Union 2014 - European Parliament

audition de Navracsics © European Union 2014 – European Parliament

Les auditions des commissaires désignés devant les différentes commissions parlementaires vont se clôturer en début de semaine prochaine ; celles de la semaine passée ont suscité tout à la fois commentaires, interrogations et critiques. Il faut dire qu’après le casting des commissaires, la répartition des des portefeuilles par Jean-Claude Juncker était explosive.

Devant les commissions parlementaires, certains candidats ont été vivement interpellés, comme par exemple le conservateur espagnol Miguel Arias Cañete qui a obtenu le portefeuille de l’énergie et du climat bien qu’ayant des liens avec l’industrie pétrolière. La droite européenne a alors mis en balance ce candidat, dont l’éthique était sujette à caution, avec le socialiste français Pierre Moscovici aux affaires économiques, qui ne l’était pas pour ses compétences ou son éthique, mais l’était devenu parce que français. Une majorité de députés a validé les commissaires désignés, à l’exception de la candidate slovène Mme Bratusek et avec des modifications de portefeuille pour d’autres comme le candidat hongrois M. Navracsics qui devrait à minima perdre la citoyenneté de son portefeuille culture et éducation, grâce la pression du groupe S&D.
Parmi les autres avancées obtenues, outre le commissaire aux affaires économiques, pièce maitresse pour la réorientation de l’UE, notre groupe obtient la première vice-présidence pour le néerlandais Frans Timmermans qui chapeautera le commissaire espagnol sur le développement durable.

Ces auditions, privilège du Parlement Européen, laissent pourtant le sentiment d’une séquence décevante. Après les européennes qui avaient permis une dynamique transnationale avec les têtes de liste des partis européens, la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission procédait directement du résultat des élections… et de la victoire du PPE. Les auditions ont été marquées par des logiques nationales, ce que je regrette.

Après s’être vus imposer Jean-Claude Juncker, certains États membres ont pris au piège le Parlement Européen en choisissant des personnalités polémiques quant à leur profil personnel ou leurs antécédents politiques. Cela montre une nette désinvolture vis-à-vis de l’Union Européenne de la part de ces chefs d’État, désinvolture qui nourrit l’euroscepticisme. Enfin, Jean-Claude Juncker, en élaborant un organigramme « facétieux » a finalement semé une grosse pagaille dont il tente de se sortir indemne.

Dans ce contexte, il va falloir rapidement sortir de la séquence et passer à l’action. Nous sommes attendus sur la façon dont l’Union Européenne va poursuivre et accentuer sa lutte contre la crise et contre le chômage ; c’est tout l’enjeu des 300 milliards d’euros d’investissement arrachés à Jean-Claude Juncker, qui ne sont pas stabilisés mais qui doivent pouvoir alimenter la croissance. Nous voulons agir sur la détermination de leur usage.

C’est également l’enjeu de la réorientation de l’Union Européenne ; cette idée portée par la France depuis de nombreux mois, critique d’une austérité vaine à résoudre les problèmes, commence à faire des petits. Il est grand temps de donner un contenu commun et partagé à cette évolution. La fin du processus de nomination de la commission interviendra pendant la plénière de Strasbourg la semaine prochaine pour une entrée en fonction de la commission le 1er novembre.