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Les S&D exhortent à renforcer la nature européenne des budgets de la zone euro

budget

Communiqué du groupe S&D – Bruxelles le 19 novembre 2015

Ce 18 novembre, les Socialistes & Démocrates au Parlement européen ont commenté les propositions avancées par la Commission au sujet des priorités économiques de l’année prochaine. Dans ce cadre, ils ont appelé la Commission à faire preuve de plus de courage et à exploiter pleinement la souplesse prévue par le Pacte de croissance et de stabilité. Il faut plus d’investissements pour renforcer le rétablissement de l’Europe, améliorer la sécurité et gérer correctement les influx de réfugiés. Or, la Commission doit être plus attentive à ces défis lorsqu’elle évalue la position budgétaire globale de la zone euro pour 2016. En effet, il s’agit de défis décisifs qui détermineront la capacité de l’Europe à assurer la sécurité et la prospérité de ses citoyens.

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Unir nos forces en Méditerranée

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Enfin du changement pour la politique de cohésion de l’Union européenne. Le programme MED a été approuvé par la Commission le 3 juin 2015. La programmation des projets transnationaux est à mon sens un exemple d’évolution positive des institutions européennes depuis le début de la législature. Sur la période 2014-2020, 275 millions d’euros seront investis pour encourager la coopération des régions des Etats membres du bassin méditerranéen avec trois très proches voisins : la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et l’Albanie.

La nouvelle approche du financement des politiques régionales met l’accent sur la territorialité des aides. En clair, il s’agit d’une coopération plus directe entre les régions afin d’éviter la simple distribution verticale des fonds depuis Bruxelles. Cela permet de mieux cibler les investissements et une évaluation plus fine des résultats attendus.

Dans le cas présent, les fonds engagés auront des incidences sur les aspects suivants :

– Encourager l’innovation dans les secteurs de la croissance verte et bleue, l’industrie culturelle et l’économie sociale.

– Doubler le nombre de programmes de gestion énergétique des bâtiments publics.

– Accroître l’accès à l’utilisation des transports durables comme les transports en commun.

– Permettre un tourisme plus respectueux de l’environnement et de l’équilibre des zones côtières notamment.

Les trois pays situés aux portes de l’Union présentent toujours d’énormes difficultés structurelles malgré le boom de certains secteurs économiques à l’image du tourisme. Les taux de chômage, par exemple, y sont toujours particulièrement élevés : 27,5% pour la Bosnie-Herzégovine, 19,5% pour le Monténégro et 17,7% pour l’Albanie. Il est dans l’intérêt de l’Europe de construire, à travers sa politique de cohésion, un espace stratégique stable tant sur le plan économique que social. L’espace méditerranéen cristallise bien ces enjeux. Ce programme de la Commission est une véritable opportunité de replacer le centre de gravité de l’Union plus au sud afin que la méditerranée ne soit plus simplement perçue comme une barrière infranchissable, un tombeau à ciel ouvert, mais comme un pont pour porter les valeurs européennes ainsi que le progrès économique et social au service des peuples.

En commission : audition de Fabrice Liggeri, Directeur de FRONTEX

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C’était ce mercredi à Bruxelles, la Commission des libertés civiles de la justice et des affaires intérieures (LIBE) auditionnait Fabrice Liggeri ; récent Directeur exécutif de l’agence Frontex. J’ai pu tester son intérêt pour la protection des droits fondamentaux à propos de l’officier pour les Droits fondamentaux et du Forum consultatif.

Cette courte vidéo permet de capter un instantané du fonctionnement de la Commission LIBE.

Revue de presse – ça s’est passé en Europe cette semaine

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Si vous vous intéressez à l’Europe et à la politique, voici 3 lectures que vous avez peut-être manquées cette semaine.

Pierre Moscovici: « Nous sommes la Commission de la dernière chance »

Par Béatrice Mathieu, Franck Dedieu, le 3 février 2015

Pas facile le changement de rôle auquel s’est livré Pierre Moscovici, passant du gouvernement à la commission… Dans cet entretien, il assume la mutation et donne son point de vue sur les sujets du jour comme la Grèce, le plan d’investissement ou le tax ruling. C’est à lire dans l’Expansion

Grèce : ce que prônent les Européens

Par Cécile Decourtieux, le 5 février 2015

Un article façon foire aux questions pour comprendre le parcours d’obstacles qui attend la Grèce dans ses négociations avec ses partenaires européens. C’est à lire dans le Monde

Face à Orbán, Merkel vue en femme providentielle par les Hongrois

Par Florence La Bruyère, le 2 février 2015

Quand la Chancelière allemande rend visite à la Hongrie, les problèmes et les paradoxes liés au régime politique de cet État de l’Union européenne en sont soulignés. C’est à lire dans Libération.

Nota bene : le contenu des articles reflète les positions des auteurs et non les miennes.

Un nouveau départ de la commission

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La collaboration du Parlement avec la commission Juncker ne sera pas un long fleuve tranquille. Nous le savions déjà mais nous l’éprouvons aujourd’hui. Le programme de travail de la commission pour 2015 présenté mardi est destiné à marquer une vraie différence avec les méthodes de la commission Barroso – très bien – à concentrer son action sur des sujets plus politiques – nous approuvons – et à faire un « coup de balai » sur des projets en cours – nous devenons très attentifs et peut-être même un peu circonspects.

C’est ainsi que 83 projets devraient être abandonnés afin de concentrer le travail sur 23 seulement, qui représentent les « vraies » priorités. Priorités qui se déclinent principalement autour de la croissance et l’emploi. Là encore nous sommes d’accord ; comment pourrions-nous ne pas l’être ?

À cela s’ajoutent la priorité donnée à l’investissement et la lutte contre l’évasion fiscale qui sont indéniablement de vraies nouveautés pour la Commission et qui sont directement inspirées par les socialistes et démocrates européens. Quelques formules utilisées par la Commission dans sa communication font un bel effet ; il s’agit de travailler différemment et sur des projets différents, de reconstruire la confiance des citoyens, d’éviter la trop grande complexité administrative, l’inflation des normes et des règles. On sait que ce type de discours est attendu par toute une frange de l’opinion. En fait l’UE par cette inflexion prend la balle au bond des arguments du discours eurosceptique.

Cette stratégie implique de laisser de côté certains projets. Ceux qui étaient déjà compromis par le manque de consensus politique, ceux qui étaient déjà dépassés ou ne correspondaient plus au priorités du jour. Dans quels secteurs se trouvent ces victimes expiatoires du « nouveau départ » de Juncker ? Sans surprise malheureusement dans le social et l’environnement. En voici quelques exemples :

– Protection des femmes enceintes au travail, extension de la durée minimale du congé de maternité en la portant de 14 à 18 semaines : cela va de soi pour ma famille politique mais le texte n’a pas évolué depuis plusieurs années. La solution proposée par la commission est de lui accorder six mois pour convaincre et d’être retiré au bout de ce délai.

– Evolution des règles liées à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques : cela semble pourtant nécessaire de façon à accompagner le très fort développement de cette filière.

– Evacuation du paquet « économie circulaire » qui est un concept économique lié au développement durable qui veut que le déchet d’une industrie soit recyclé dans une autre industrie. Son objectif est de produire des biens et services en évitant le gaspillage des matières premières et des sources d’énergies non renouvelables. C’est assurément une solution d’avenir quoi qu’en pensent quelques lobbies patronaux…

– La directive « air » est également sur la sellette ; il s’agit dans ce cas de revoir de manière plus contraignante les plafonds d’émission de polluants.

Si ces sujets et quelques autres étaient mis de côté durablement, nous serions confrontés à une vraie difficulté. Nous savons que faute d’avoir gagné les élections, nous sommes condamnés à accepter des compromis parfois peu réjouissants. Mais nous savons aussi, que de nombreux gouvernements font pression pour que l’environnement ne soit pas sacrifié, que le poids de notre groupe socialiste & démocrate est grand au sein de l’assemblée et que ce combat politique ne fait que commencer… C’est pourquoi nous rappellerons à la Commission que l’idée est de mieux légiférer et pas moins légiférer !

Revue de presse – ça s’est passé en Europe cette semaine

Cette rubrique vous propose 3 articles sélectionnés pour vous avec mon équipe. Si vous vous intéressez à l’Europe et à la politique, voici quelques lectures que vous avez peut-être manquées cette semaine.

«Je vais prouver que ceux qui me croient ont raison»

Interview de Jean-Claude Juncker par Jean Quatremer – 9 décembre

Cette interview évènement a été faite alors qu’un «LuxLeaks II» apporte de nouveaux «éléments sur les pratiques d’optimisation fiscale du Luxembourg. Jean-Claude Juncker, directement visé par ces révélations est bien sûr fragilisé dans sa présidence de la Commission européenne. Il a choisi d’aller aux devants des critiques sur son rôle d’ancien dirigeant du Luxembourg et de marteler les objectifs de la commission. A lire sur…

⇒ Libération

A Popovo, entre chèvres et haut débit, les expats réinventent leur vie

Par Guillaume Fontaine – 8 décembre

Des expatriés d’un nouveau genre, un peu bobo, partisans du télétravail et agriculteurs à mi-temps… Ils viennent d’Europe de l’Ouest et s’installent dans ce village perdu de Bulgarie ou les prix de l’immobilier sont imbattables. Préfigurent-ils le futur visage de l’Europe et le brassage des nationalités ? C’est à lire sur…

⇒ Rue89

Le coup de balai se précise : la commission européenne veut abandonner 80 projets en 2015

Par Cécile Ducourtieux – 11 décembre

Frans Timmermans, premier vice-président – socialiste – de la Commission, a décidé que 80 projets de règlements et de directives seraient abandonnés et que seules 23 propositions de textes seraient retenues. La commission veut un travail législatif plus politique et se concentre sur des priorités telles que l’investissement, la croissance, l’énergie, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale. De quoi faire taire aussi les critiques sur la réglementation tatillonne qui alimentent les eurosceptiques. A lire sur le site…

⇒ Le Monde

Nota bene : si je pense que ces articles méritent votre intérêt, pour autant leur contenu ne reflète que les positions des auteurs et non les miennes.

Audition des commissaires : suite et fin ?

audition de Navracsics © European Union 2014 - European Parliament

audition de Navracsics © European Union 2014 – European Parliament

Les auditions des commissaires désignés devant les différentes commissions parlementaires vont se clôturer en début de semaine prochaine ; celles de la semaine passée ont suscité tout à la fois commentaires, interrogations et critiques. Il faut dire qu’après le casting des commissaires, la répartition des des portefeuilles par Jean-Claude Juncker était explosive.

Devant les commissions parlementaires, certains candidats ont été vivement interpellés, comme par exemple le conservateur espagnol Miguel Arias Cañete qui a obtenu le portefeuille de l’énergie et du climat bien qu’ayant des liens avec l’industrie pétrolière. La droite européenne a alors mis en balance ce candidat, dont l’éthique était sujette à caution, avec le socialiste français Pierre Moscovici aux affaires économiques, qui ne l’était pas pour ses compétences ou son éthique, mais l’était devenu parce que français. Une majorité de députés a validé les commissaires désignés, à l’exception de la candidate slovène Mme Bratusek et avec des modifications de portefeuille pour d’autres comme le candidat hongrois M. Navracsics qui devrait à minima perdre la citoyenneté de son portefeuille culture et éducation, grâce la pression du groupe S&D.
Parmi les autres avancées obtenues, outre le commissaire aux affaires économiques, pièce maitresse pour la réorientation de l’UE, notre groupe obtient la première vice-présidence pour le néerlandais Frans Timmermans qui chapeautera le commissaire espagnol sur le développement durable.

Ces auditions, privilège du Parlement Européen, laissent pourtant le sentiment d’une séquence décevante. Après les européennes qui avaient permis une dynamique transnationale avec les têtes de liste des partis européens, la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission procédait directement du résultat des élections… et de la victoire du PPE. Les auditions ont été marquées par des logiques nationales, ce que je regrette.

Après s’être vus imposer Jean-Claude Juncker, certains États membres ont pris au piège le Parlement Européen en choisissant des personnalités polémiques quant à leur profil personnel ou leurs antécédents politiques. Cela montre une nette désinvolture vis-à-vis de l’Union Européenne de la part de ces chefs d’État, désinvolture qui nourrit l’euroscepticisme. Enfin, Jean-Claude Juncker, en élaborant un organigramme « facétieux » a finalement semé une grosse pagaille dont il tente de se sortir indemne.

Dans ce contexte, il va falloir rapidement sortir de la séquence et passer à l’action. Nous sommes attendus sur la façon dont l’Union Européenne va poursuivre et accentuer sa lutte contre la crise et contre le chômage ; c’est tout l’enjeu des 300 milliards d’euros d’investissement arrachés à Jean-Claude Juncker, qui ne sont pas stabilisés mais qui doivent pouvoir alimenter la croissance. Nous voulons agir sur la détermination de leur usage.

C’est également l’enjeu de la réorientation de l’Union Européenne ; cette idée portée par la France depuis de nombreux mois, critique d’une austérité vaine à résoudre les problèmes, commence à faire des petits. Il est grand temps de donner un contenu commun et partagé à cette évolution. La fin du processus de nomination de la commission interviendra pendant la plénière de Strasbourg la semaine prochaine pour une entrée en fonction de la commission le 1er novembre.