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Le plus difficile (das schwierigste)

le plus difficile

« Être de gauche c’est plus difficile ».

Avec cette phrase prononcée à la radio ce lundi, le Premier ministre signifiait que la population a plus d’attentes, plus d’exigences quand c’est la gauche qui gouverne. On le voit bien avec la réforme du collège débattue en ce moment.

Cette réforme ne me concerne pas directement en tant que Députée européen, car ce n’est pas une compétence du Parlement européen. Mais elle me concerne – ô combien – en tant que citoyenne et militante engagée en faveur de l’Europe.

Prenons l’exemple de l’enseignement de l’allemand – une langue que j’ai apprise au collège justement mais que j’ai pas mal oubliée depuis, à mon grand regret car j’en aurais l’usage tous les jours dans mes fonctions.

Je lis que son attractivité et son apprentissage sont remis en cause par la réforme. Sont prévues en particulier les suppressions des classes bilangues, très souvent anglais-allemand et des classes européennes, qui intègrent des projets éducatifs et des voyages.

En septembre dernier, dans un courrier adressé à la Ministre Najat Vallaud Belkacem, j’insistais sur la nécessité de l’apprentissage des langues étrangères notamment « pour pouvoir véritablement aller vers l’autre, mieux le connaitre et le comprendre ».

C’est donc avec une certaine alarme que je me suis intéressée au contenu de cette réforme du collège.

En fait, je me suis rendue compte que la réforme prévoyait une augmentation du nombre d’heures pour les langues étrangères au collège. La proposition va donc dans le sens d’une amélioration pour concerner plus d’élèves… ce qui n’a pourtant pas été perçu comme ça.

Ainsi, aux inquiétudes légitimes que provoque une situation nouvelle, s’est joint le chœur de tous ceux qui veulent faire échouer le gouvernement sans se préoccuper un instant de l’intérêt général.

Essayons de prendre un peu de distance par rapport à ces polémiques. Essayons de les voir depuis l’Allemagne par exemple…

En 2000, le classement PISA -évaluation internationale du niveau des élèves- montrait une situation très préoccupante de l’enseignement chez nos voisins. Le niveau était très médiocre, sous la moyenne des pays de l’OCDE, sous le nôtre bien sûr et surtout très inégalitaire. On parla alors de « PISA Schock ». L’intense débat et la remise en question qui suivit a permis à l’Allemagne de rétablir la situation. En une dizaine d’années, elle est repassée dans le peloton de tête, doublant la France au passage. Dans ce pays ou l’éducation est de la compétence des Länder, la poursuite d’une plus grande égalité sociale a été le combat de tous, mais avec des moyens différents. Ainsi, le Land du Bade-Wurtemberg, dirigé par les sociaux-démocrates met-il particulièrement l’accent sur l’apprentissage du français, la langue de ses plus proches voisins.

En France, les résultats des tests PISA ont montré aussi à partir de 2006 une nette dégradation des résultats et une panne de la fonction d’intégration sociale. La réaction a pourtant tardé.

Aujourd’hui la réforme du collège s’attaque à ce problème majeur pour notre avenir. Elle propose –comme les allemands l’ont fait – plus d’autonomie des équipes pédagogiques, de façon à avoir plus d’expérimentation, plus d’émulation, et aussi plus de langues vivantes.

La réforme généralise l’apprentissage par tous les élèves d’une première langue dès le CP et d’une seconde dès la 5ème au lieu de la 4ème actuellement. Au lieu de 16 % d’élèves qui apprennent deux langues en 6ème, ce sont 100% d’entre eux qui bénéficieront, dès la 5ème, de 25 % d’heures d’apprentissage en plus.

Comme l’assure la Ministre, « S’agissant de l’allemand, la possibilité de l’apprendre en première langue dès l’école primaire sera assurée sur tout le territoire grâce à une carte académique des langues et un fléchage de postes de professeur d’école adapté. Elle sera même encouragée avec la garantie apportée aux enfants concernés qu’ils pourront commencer l’anglais en deuxième langue vivante dès la classe de 6ème»

J’ajouterai que l’apprentissage des langues doit aller de pair avec une vraie sensibilisation au projet européen. Ce projet, bâti au lendemain de la seconde guerre mondiale est porteur de valeurs. La démocratie, les droits de l’Homme en sont indissociables. Si nous souhaitons apprendre à vivre dans le monde du futur à nos enfants, nous devons leur apprendre l’Europe.

D’ailleurs, Erasmus, célèbre programme d’échange d’étudiants a plus fait pour cette idée que bien des discours et des campagnes de communication. Ces étudiants polyglottes, aux expériences diversifiées sont un très bon exemple de ce que doit produire un bon système éducatif. Encore faut-il que cela ne soit pas réservé à quelques-uns. Encore faut-il que le collège ne soit pas un lieu de sélection par l’échec et le découragement.

La France a besoin de confiance retrouvée, de cohésion nationale, d’une culture commune, riche et ouverte au monde. Elle a besoin de se tourner vers ses voisins. Comme je l’écrivais à la ministre « à côté d’une identité nationale instrumentalisée par certains, nous devons défendre la construction d’une identité européenne commune grâce à une école qui mette en avant la connaissance de l’histoire européenne, des grands auteurs et philosophes européens… »

Évidemment cette ambition n’est pas facile à porter. C’est plus difficile d’être de gauche, c’est plus difficile de réformer que de maintenir le statu quo…

Parfois je me dis aussi que c’est plus difficile d’être européenne, mais ça, c’est une autre histoire…

Tribune initialement publiée sur le site Huffington Post

Du coté de la Maison de l’Europe

MDE

J’ai participé à l’assemblée générale de la Maison de l’Europe et des Européens réunie le samedi 14 mars 2015. Cela me donne l’occasion de présenter cette association dynamique avec laquelle je collabore depuis le début de mon mandat.

Cette assemblée générale a répondu aux espoirs des responsables de l’association : une bonne participation des adhérents individuels et des associations membres, la satisfaction de partager des bilans d’activités et financiers solides, l’élection d’un nouveau Conseil d’administration en partie renouvelé et un peu rajeuni.

Dans la seconde partie de l’assemblée générale, l’avenir était à l’ordre du jour, avec la programmation des activités et les perspectives de développement.

La fête de l’Europe 2015 est en préparation avec un partenariat avec la Mairie du 3ème arrondissement. Nathalie Rolland-Vannini, adjointe dans la Mairie du 3ème s’est félicitée que la coopération avec les associations de quartier qu’elle a proposée ait connu un bon accueil.

Alain Réguillon, président de la MDEE a rappelé les nombreuses coopérations avec plusieurs députés européens. Au-delà des remerciements – toujours appréciés ! – l’articulation démocratique entre citoyens et élus a été ainsi mise en avant.

Michel Morin, chargé du programme, a rappelé que l’éducation et la formation civique seront un axe d’organisation des actions de la MDEE, d’autant plus que la MDDE bénéficiera de l’agrément de l’Éducation nationale, comme association habilitée à intervenir dans les établissements scolaires. Cette décision nationale négociée par la Fédération des Maison de l’Europe s’appliquera dans les académies de Rhône-Alpes. Les échanges et les coopérations des Députés avec la MDEE ont donc un bel avenir devant eux.

J’ai précisé qu’il serait nécessaire de continuer à être vigilants et actifs pour accompagner la réponse positive reçue sur la demande d’évolution des programmes dans le domaine de l’éducation civique.

J’ai aussi formulé un espoir car des choses semblent bouger positivement dans la mobilisation des moyens pour parler d’Europe. En effet un programme déjà ancien « Back to school », jamais mis en œuvre en France, vient d’être activé. Il permet à tout fonctionnaire français engagé dans le domaine européen (diplomatie ou institutions – cela concerne plusieurs milliers de personnes !) de revenir dans son établissement scolaire d’origine pour y parler de l’Europe, de son parcours et de son travail pour l’Europe. Cela peut être une réponse concrète au besoin de compréhension de l’Union européenne.

 

Bonus :

Parmi les nombreuses activités de la MDEE figure un débat organisé en décembre 2014 de présentation des députés auquel j’avais participé en compagnie de Michèle Rivasi et Sylvie Goulard. Je vous propose d’en découvrir quelques extraits dans cette vidéo :

Dette européenne from MDEE on Vimeo.