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Moteur !

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Les lieux communs ont la vie dure. Il y a des automatismes chez les commentateurs de la scène européenne et l’un des plus fameux est que « le moteur franco-allemand est en panne ! »

Après l’Europe bienheureuse de François Mitterrand et Helmut Kohl, c’est une Europe malade qui serait notre lot aujourd’hui. Tout n’est pas si caricatural.

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Indispensable Europe, indispensable solidarité

#HollandeMerkelEP

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen – Strasbourg – Mercredi 7 octobre 2015

Aujourd’hui, à Strasbourg, au Parlement européen, s’est tenu un moment historique avec François Hollande et Angela Merkel.

25 ans après la réunification, 26 ans après Mitterrand-Kohl, alors que l’Europe fait face à de multiples crises – économique, sociale, humanitaire, sécuritaire – ce débat était nécessaire, non pas pour faire de nouvelles annonces, mais pour expliquer ce que nous construisons ensemble, le sens du projet européen.

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Ma semaine à Strasbourg

ma semaine à strasbourg #PlenPE

Je suis quatre jours à Strasbourg mais ces jours-là sont un peu fous, fébriles et toujours intenses. Je me propose de vous en faire un récit synthétique –toutes mes activités ne sont pas décrites- et tenter de partager avec vous les enjeux de la session, sachant que vous pourrez approfondir en allant sur mes publications ultérieures.

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Déplacement dans l’Aude du Président de la République

la Belle Aude

La Belle Aude est la marque commerciale de la Fabrique du Sud

Communiqué de presse de la délégation socialiste française – Strasbourg – mercredi 13 mai 2015 

Le Président de la République se déplace, aujourd’hui, dans l’Aude. Il y effectuera notamment la visite de l’entreprise La Fabrique du Sud. Les eurodéputé-e-s socialistes et radicaux saluent cette reconnaissance, par le chef de l’État, de la réussite de cette SCOP.

Au mois d’octobre 2014, à l’initiative d’Eric Andrieu et de Pervenche Berès, la Délégation socialiste française au Parlement européen avait organisé un séminaire de plusieurs jours dans ce département, ponctué de rencontres-débats avec des acteurs locaux.

« La visite de La Fabrique du Sud, SCOP créée par les anciens salariés de Pilpa suite à une fermeture de type spéculatif, avait permis de revenir sur leur combat syndical et juridique ainsi que sur l’amélioration nécessaire du cadre législatif pour permette aux salariés de reprendre un site rentable. Les élus locaux s’étaient alors fortement mobilisés pour que le projet aboutisse. La visite de François Hollande aujourd’hui est une reconnaissance de cette action politique » explique Eric Andrieu.

« À la suite de ce séminaire, nous avons enrichi nos propositions : nous demandons notamment l’amélioration des conditions de soutien par le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation de la reprise par les salariés de leur entreprise sous forme de SCOP » ajoute Pervenche Berès. « Nous savons pouvoir compter sur le soutien de la France sur ce point » concluent les deux eurodéputé-e-s.

Discours de François Hollande sur les migrations : le bien dire et le bien faire

musee-immigration

Il est difficile d’échapper aujourd’hui aux multiples dépêches et interventions qui touchent de près ou de loin les questions migratoires. Mais dans ce flot incessant d’information et au pire de désinformation, on n’entend paradoxalement, assez peu parler de migrations et de migrants pour de vrai.

Au-delà d’un geste symbolique fort, le discours prononcé lundi par François Hollande, en inaugurant le musée national de l’Histoire de l’immigration, contribue à sortir des peurs et des stéréotypes sur les migrations pour dire le vrai sur les migrants, leur place dans l’histoire de la Nation et son avenir, ainsi que leur contribution positive à faire la France.

Dire le vrai sur les migrants, c’est regarder l’Histoire de France en face, une France généreuse et ouverte qui s’est enrichie depuis le XIXème siècle au gré des vagues migratoires. En rendant aux immigrés leur place dans l’Histoire de France, ce travail de mémoire permet, bien évidemment, de mieux comprendre notre histoire, mais aussi d’appréhender, plus sereinement, notre avenir. Saviez-vous que plus d’un Français sur quatre a au moins un grand-parent étranger ? Saviez-vous que les immigrés ont construit l’équivalent d’un logement sur deux, d’une machine sur sept, de 90% des autoroutes ? Saviez-vous que depuis 10 ans, nous accueillons 200 000 personnes par an, une proportion parmi les plus faibles d’Europe rapportée à notre population ?

Si François Hollande s’est clairement positionné sur le terrain des valeurs et fustigé les thèses du rejet et du repli, il a aussi démontré que dire le vrai sur les migrations, c’est aussi faire ! Le lendemain de son discours, l’Assemblée nationale adoptait en première lecture un projet de loi sur l’asile. Comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler ici et là, ce texte est porteur de réelles avancées pour les demandeurs d’asile et pour le bon fonctionnement du dispositif national aujourd’hui à bout de souffle. En mars prochain, c’est un projet de loi sur l’immigration qui sera examiné par l’Assemblée. Sur l’immigration, le projet entend rompre avec la logique actuelle de précarisation des étrangers et apporter au contraire une stabilité administrative, une sécurité juridique et une sérénité aux personnes dans leur parcours d’intégration. À l’extrême segmentation des problématiques intervenue lors des réformes ces dernières années, ces projets de loi proposent ainsi d’engager une refonte globale du système, en balisant l’ensemble du parcours des étrangers, de leur premier accueil jusqu’à leur intégration ou le cas échéant, leur retour.

Montaigne écrivait, « C’est une belle harmonie quand le faire et le dire vont ensemble« . « L’immigration menace notre façon de vivre« , affirmait Nicolas Sarkozy, lors d’un meeting à Nice en octobre dernier. L’immigration est « une chance« , lui a répondu lundi François Hollande, en passant de la parole aux actes…

 

Rroms : des pistes sérieuses pour des évolutions durables

Ainsi que François Hollande s’y était engagé durant la campagne présidentielle, la réunion interministérielle qui s’est tenue aujourd’hui à Matignon a permis d’esquisser de sérieuses pistes de travail pour une meilleure insertion des Rroms.

« Les annonces faites vont dans le bon sens, réagit Sylvie Guillaume, députée européenne. Même si cette mesure est loin de tout régler, les avancées concernant les mesures transitoires qui restreignent de fait l’accès au marché du travail aux ressortissants roumains et bulgares, et donc aux Rroms, va dans le bon sens. »

« Les expérimentations menées par les collectivités locales seront évaluées, et soutenues. En effet, jusqu’à aujourd’hui, les élus locaux ont trop souvent été isolés pour monter des projets, trouver des financements – européens, mais pas uniquement – et accompagner des familles dans des parcours de réinsertion. Notons au passage que la formule « villages d’insertion » est loin d’être le seul modèle envisageable, comme en témoigne l’expérimentation d’insertion qui est actuellement menée dans l’agglomération de Lyon, avec le relogement d’une centaine de Rroms. »

« La différence avec la précédente majorité est nette : en lieu et place de politique du chiffre, d’expulsions sans perspectives, de l’hypocrisie que représente « l’aide au retour humanitaire » et de la stigmatisation d’une communauté, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault construit, avec les collectivités et les acteurs associatifs, les bases d’une évolution durable pour les populations Rroms.

« Mais pour autant, le travail à mener est d’une bien plus grande ampleur. Nombreux sont ceux qui invoquent la nécessité d’une « réponse européenne », mais peu savent lui donner un contenu précis. »

« La Commissaire européenne Viviane Reding a fait part de sa vigilance et invite la France à des mesures « concrètes ». A mon tour, j’invite la Commissaire à assumer avec un peu plus de détermination ses responsabilités. Prenons l’exemple des stratégies nationales pour l’insertion des Rroms qu’elle a commandées aux États membres : dans plusieurs cas, la Commissaire s’est contentée de vagues déclarations d’intention, sans objectifs et sans budget. Face à la mauvaise volonté des pays d’origine comme la Bulgarie et la Roumanie qui ne semblent pas pressés d’agir contre les discriminations et l’exclusion dont les Rroms sont victimes sur leur territoire, elle n’apparait pas suffisamment active. Que dire également de la stratégie française –rédigée sous le gouvernement Fillon II- qui accumule des centaines de lignes relatives… aux Gens du Voyage, sauf à évoquer une nouvelle rédaction. »

« Si ces familles préfèrent revenir dans nos agglomérations et survivre dans des campements insalubres, au mieux de mendicité, plutôt que de vivre en Roumanie, on peut aisément imaginer l’immense responsabilité des pouvoirs publics des pays d’origine pour qu’ils permettent aux Rroms d’être enfin des citoyens à part entière dans leurs propres pays. Car rappelons que les Rroms ne sont pas un peuple nomade, c’est le racisme dont ils sont victimes et l’inaction des responsables politiques locaux qui les poussent vers l’ouest. »

« J’ai eu de nombreuses occasions de le dire depuis le funeste discours de Grenoble en août 2010 : une insertion durable des Rroms ne verra le jour que si les responsabilités sont assumées à trois niveaux : par les pays d’origine, par l’Union européenne et par les pays d’accueil. Tout effort incomplet est malheureusement vain. »

Une nouvelle direction pour le couple franco-allemand.

photo Elysee.fr

Bien que la météo ait failli empêcher cette rencontre, François Hollande, juste investi Président de la République Française, a rencontré la chancelière allemande mercredi 15 mai au soir, comme il l’avait annoncé depuis de longues semaines.

Cette rencontre clôt de mon point de vue une séquence intermédiaire, où Angela Merkel a durci le ton, profitant de la période précédent la prise de pouvoir officielle du nouveau président français sur fond de campagne pour les élections locales en Rhénanie -du-Nord-Westphalie. Elle n’a eu de cesse de clamer haut et fort qu’il était parfaitement hors de question d’envisager une quelconque renégociation du pacte budgétaire en cours de ratification, défendant l’orthodoxie budgétaire comme seul et unique horizon économique pour l’Union européenne.

Non seulement cela n’a pas suffi à empêcher la victoire des socio-démocrates du SPD dans le Land le plus peuplé d’Allemagne – ce dont je me réjouis- mais la première conférence de presse commune du nouveau couple franco allemand a bien illustré l ‘obligation de s’entendre.

Angela Merkel et François Hollande le savent très bien, ils vont devoir trouver un compromis sur la renégociation du pacte budgétaire, et plus largement, sur les politiques socio-économiques nécessaires en Europe pour sortir de la crise. Elle , conservatrice, lui progressiste, les deux dirigeants du couple franco-allemand connaissent très bien leur responsabilité mutuelle et respective.

François Hollande n’ignore rien de la détermination d’Angela Merkel quand elle refuse les eurobonds ou d’envisager de changer les règles de la BCE. Il sait aussi parfaitement bien que lorsqu’il évoque la nécessité de croissance, la chancelière comprend réformes structurelles du modèle social quand lui envisage plutôt des mesures d’investissement public de soutien à l’activité.

Mais réciproquement, Angela Merkel sait très bien qu’elle va devoir composer avec le nouveau président français , quand dans le même temps elle a besoin des socio-démocrates et des Verts dans son propre Parlement pour ratifier le pacte budgétaire. Elle a déjà anticipé depuis plusieurs semaines le mémorandum promis par François Hollande a ses partenaires européens même si elle en déclin e l es propositions pour relancer la croissance.

Et les récents votes en commission parlementaire ECON sur le two pack ( les deux derniers textes en négociation sur la gouvernance économique) ont permis d’ouvrir plusieurs pistes permettant la mutualisation des dettes des États, une feuille de route pour la création des eurobonds, et des investissements dans les domaines de l’énergie et des nouvelles technologies. La forte mobilisation des Socialistes et démocrates permet de faire bouger les lignes, et il faudra confirmer cette orientation dans les prochaines étapes.

Les discussions sur la forme que devra prendre à l’avenir la solidarité et la relance de la croissance en Europe sont encore devant nous ; elles ne seront pas faciles tout le monde en est bien conscient. Mais certains signes ne trompent pas: Le très rigide ministre allemand des finances a laissé entendre que l’augmentation des salaires allemands pourrait permettre une amélioration de la compétitivité européenne.

Mais l’élection de François Hollande a déjà changé une donne qui pouvait paraître immuable à certains : non, l’austérité généralisée n’est pas le seul horizon pour l’économie et les peuples européens. Cette élection, comme nous l’espérions, est un levier pour toutes les forces progressistes dans l’Union, qui est loin de s’arrêter au couple franco-allemand. Une autre Europe devient possible.