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#PlenPE : les thèmes clefs de la plénière d’octobre II

A l’occasion de cette seconde session plénière d’octobre, nous avons débattu de sujets qui sont au cœur de l’actualité comme la révision de la directive détachement des travailleurs, la question du renouvellement de l’autorisation du glyphosate ou la lutte contre le harcèlement sexuel.

Par ailleurs, ma collègue Virginie Rozière a présenté un rapport qui fera date en faveur d’une protection européenne des lanceurs d’alerte.’Dautres sujets méritent l’attention comme le rapport sur la protection de la vie privée et communications électroniques ou eprivacy, le budget 2018, le revenu minimum européen, l’intégration des Rroms ou encore l’attribution du prix Sakharov.

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le PE adopte un rapport pour s’attaquer à l’intolérable racisme anti tsigane en Europe

Communiqué du groupe Socialistes & Démocrates – Bruxelles, le 25 octobre 2017

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Ce 25 octobre, le Parlement européen adoptait un rapport sur la protection des droits fondamentaux des Roms au sein de l’UE. Qualifiant le racisme anti tzigane de problématique horizontale, le rapport demande une série de politiques allant de mesures de déségrégation dans les services publics à la surveillance des programmes antidiscriminatoires. Ambitieux, ce texte constitue une condamnation ferme de la situation calamiteuse des Roms en Europe, ainsi qu’un appel à l’action adressé à la Commission et aux États membres.

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Discriminations envers les Rroms : il faut continuer à améliorer la situation, mais c’était peu visible dans l’hémicycle !

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen – Strasbourg, le 7 avril 2017

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Le 8 avril prochain, nous célèbrerons le 46ème anniversaire de la fondation de « l’Union Romani Internationale », journée qui est devenue la journée internationale des Rroms.
Les eurodéputés socialistes et radicaux ont souhaité, au cours d’un débat – voir ci-dessous – organisé hier au Parlement européen, souligner les aspects positifs de ce qui a déjà été fait au niveau de l’Union, notamment au travers des projets d’insertion qui sont menés dans certains Etats membres.

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Un rapport accablant sur la discrimination dont sont victimes les Rroms en Europe

Dans une réunion à Annecy il y a quelques semaines, j’ai été interrogée sur la situation des Rroms en Europe. Apres y avoir consacré beaucoup d’énergie, je dois reconnaître que ces deux dernières années j’ai été un peu éloignée du sujet.

D’où l’intérêt du rapport présenté lundi 23 janvier en LIBE. Ioannis Dimitrakopoulos nous a présenté les résultats de la deuxième enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne (FRA) sur les minorités et les discriminations dans  l’Union Européenne. La réalité dépeinte est à la fois inquiétante et irritante.

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Samudaripen – connaissez-vous ce mot ?

Roms-drapeau

Rroms, Roms, Gitans, Manouches, Tsiganes, Romanichels, Bohémiens, Sintis : raconter ce peuple commence avec la difficulté de le nommer, entre les surnoms qu’il a subi, les noms qu’il s’est donnés et la multiplicité de ses identités. Son histoire est incertaine car les sources écrites manquent… sauf peut-être les innombrables textes de loi, circulaires ou contraventions qui ont été rédigés pour le contrôler, l’assigner à résidence, le déporter parfois.

S’il faut choisir une date pour raconter cette histoire, cela pourrait bien être le 8 avril 1971, celle du premier Congrès international des Rroms à Londres. Elle marque le début de la revendication de ce peuple à être reconnu en tant que tel, l’adoption d’un nom fédérateur « Rroms » et d’un drapeau. C’est aussi devenu la date de la journée internationale des Rroms et l’occasion une nouvelle fois de tenter de faire le tri entre préjugés et connaissances.

Les préjugés sont nombreux : selon la commission nationale consultative des droits de l’homme, les Rroms d’Europe de l’est constituent la catégorie de population qui en subit le plus, s’attirant 87 % d’opinions négatives. Ces préjugés nourrissent la discrimination et l’exclusion sociale qui entrainent à leur tour les problèmes d’éducation, d’emploi, de logement…

Les connaissances sont lacunaires. On sait que les Rroms sont venus d’Inde par une longue migration commencée il y a près de 10 siècles et se sont répartis dans tous les pays d’Europe. On sait aussi que le nomadisme a été réprimé, que des législations discriminatoires ont été adoptées dans de nombreux pays et qu’aucun État d’Europe aujourd’hui ne peut être fier de son comportement vis-à-vis des Rroms, passé ou présent.

Le passé, c’est surtout une grande tragédie qui a frappé ce peuple lors de l’arrivée au pouvoir des nazis. Des déportations massives ont eu lieu dans tous les pays occupés par les Allemands. Les Rroms, considérés comme une race inférieure, ont vu périr dans les camps sans doute 200 000 des leurs sur une population estimée à 800 000. Mais sur les chiffres, les avis divergent et certains évaluent à 500 000 ou plus le nombre de victimes. Il n’y a pas de fait historique aussi documenté que pour la Shoah. Cela tient à la faiblesse des sources écrites ; ce peuple de culture orale n’a pas eu d’écrivains ou d’intellectuels en son sein qui puisse jouer un rôle de grand témoin.

Le présent ce sont les difficultés d’intégration qui semblent plus vives que jamais. Le quotidien est fait d’emplois précaires, de mendicité et de délinquance plus ou moins importante, la scolarisation est très faible, les conditions de logement très précaires.

Le Parlement européen s’est saisi de ces questions ces dernières années. En décembre 2013, il a adopté un document cadre sur les stratégies nationales d’intégration des Rroms pour la période allant jusqu’à 2020. C’est un mode d’emploi mais c’est aux Etats de s’en saisir. Les députés ont également prévu de voter une résolution lors de la session plénière d’avril sur la reconnaissance du 2 août comme Journée officielle du Souvenir du génocide des Roms lors de la Seconde Guerre mondiale. C’était en 1944, ce jour-là près de 3 000 Roms sont morts dans les chambres à gaz d’Auschwitz. Sans doute l’un des pires jours de cette période redoutable et tragique à laquelle les Rroms ont donné le nom de « Samudaripen ». Cela signifie « tuez-les tous ».

Rroms : des pistes sérieuses pour des évolutions durables

Ainsi que François Hollande s’y était engagé durant la campagne présidentielle, la réunion interministérielle qui s’est tenue aujourd’hui à Matignon a permis d’esquisser de sérieuses pistes de travail pour une meilleure insertion des Rroms.

« Les annonces faites vont dans le bon sens, réagit Sylvie Guillaume, députée européenne. Même si cette mesure est loin de tout régler, les avancées concernant les mesures transitoires qui restreignent de fait l’accès au marché du travail aux ressortissants roumains et bulgares, et donc aux Rroms, va dans le bon sens. »

« Les expérimentations menées par les collectivités locales seront évaluées, et soutenues. En effet, jusqu’à aujourd’hui, les élus locaux ont trop souvent été isolés pour monter des projets, trouver des financements – européens, mais pas uniquement – et accompagner des familles dans des parcours de réinsertion. Notons au passage que la formule « villages d’insertion » est loin d’être le seul modèle envisageable, comme en témoigne l’expérimentation d’insertion qui est actuellement menée dans l’agglomération de Lyon, avec le relogement d’une centaine de Rroms. »

« La différence avec la précédente majorité est nette : en lieu et place de politique du chiffre, d’expulsions sans perspectives, de l’hypocrisie que représente « l’aide au retour humanitaire » et de la stigmatisation d’une communauté, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault construit, avec les collectivités et les acteurs associatifs, les bases d’une évolution durable pour les populations Rroms.

« Mais pour autant, le travail à mener est d’une bien plus grande ampleur. Nombreux sont ceux qui invoquent la nécessité d’une « réponse européenne », mais peu savent lui donner un contenu précis. »

« La Commissaire européenne Viviane Reding a fait part de sa vigilance et invite la France à des mesures « concrètes ». A mon tour, j’invite la Commissaire à assumer avec un peu plus de détermination ses responsabilités. Prenons l’exemple des stratégies nationales pour l’insertion des Rroms qu’elle a commandées aux États membres : dans plusieurs cas, la Commissaire s’est contentée de vagues déclarations d’intention, sans objectifs et sans budget. Face à la mauvaise volonté des pays d’origine comme la Bulgarie et la Roumanie qui ne semblent pas pressés d’agir contre les discriminations et l’exclusion dont les Rroms sont victimes sur leur territoire, elle n’apparait pas suffisamment active. Que dire également de la stratégie française –rédigée sous le gouvernement Fillon II- qui accumule des centaines de lignes relatives… aux Gens du Voyage, sauf à évoquer une nouvelle rédaction. »

« Si ces familles préfèrent revenir dans nos agglomérations et survivre dans des campements insalubres, au mieux de mendicité, plutôt que de vivre en Roumanie, on peut aisément imaginer l’immense responsabilité des pouvoirs publics des pays d’origine pour qu’ils permettent aux Rroms d’être enfin des citoyens à part entière dans leurs propres pays. Car rappelons que les Rroms ne sont pas un peuple nomade, c’est le racisme dont ils sont victimes et l’inaction des responsables politiques locaux qui les poussent vers l’ouest. »

« J’ai eu de nombreuses occasions de le dire depuis le funeste discours de Grenoble en août 2010 : une insertion durable des Rroms ne verra le jour que si les responsabilités sont assumées à trois niveaux : par les pays d’origine, par l’Union européenne et par les pays d’accueil. Tout effort incomplet est malheureusement vain. »

Retour de Bucarest : parlons de la situation des Rroms en Europe



Lors de la visite à Fantanele – photo Groupe S&D

Mardi 26 juin, lors de la réunion annuelle du groupe S&D à Bucarest, je me suis rendue au village rrom de Fantanele, à 35km de la capitale roumaine.

Avant cela, Monsieur Valeriu Nicolae, diplomate et fondateur du centre de réinsertion des Rroms du ghetto de Bucarest, a partagé son expérience locale. Son centre a relevé le défi de venir en aide à 200 enfants Rroms, vivant dans des conditions sanitaires inhumaines, dont certains étaient dépendants à la drogue. Des activités artistiques et sportives sont proposées aux enfants, en contrepartie de quoi, ils doivent assister à deux heures d’étude par jour. Monsieur Valeriu Nicoale a pointé le manque d’interlocuteurs européens spécialisés sur la question des Rroms et la grande difficulté d’accès aux fonds européens, son centre fonctionnant grâce à sa fortune personnelle et aux dons privés. Un témoignage incisif et des critiques fondées mais qu’il faut replacer dans leur contexte car il ne s’agit pas de blâmer unilatéralement l’Europe.

La réelle difficulté pour répondre à la question rrom vient, il me semble, de l’inexistence d’une approche globale et intégrée entre niveaux national, local et européen ; une approche combinant efficacement politiques d’aides au retour, d’intégration et de coopération, et non uniquement focalisée sur l’un de ces volets.

Et ma rencontre avec des acteurs locaux en mission pour la France, a confirmé ce sentiment. Ces derniers sont confrontés aux difficultés sociales et administratives de la Roumanie, qui ont tendance à être sous-estimées à l’échelle européenne. Les charges en matière sociale pèsent largement sur les collectivités qui ne sont pas en mesure de cofinancer les subventions européennes et manquent parfois d’expertise pour y accéder.

Que peut faire l’Union européenne face à cette situation ? La première étape serait de fournir une assistance technique en Roumanie pour l’accès et l’utilisation des fonds européens -la révision en cours de la législation devrait aller vers ce type de simplification des procédures-. Ensuite, la Commission pourrait impulser une vraie coordination des Etats afin qu’ils adoptent des stratégies de long terme en faveur de la réinsertion des Rroms et qu’il y ait un échange de bonnes pratiques. Il faudrait également mieux faire connaître les réalités de terrain, souvent mal comprises. Ainsi, à terme, il sera nécessaire de réfléchir à l’amélioration des politiques de réinstallation.

Pour l’instant, les Etats adoptent trop souvent une démarche opportuniste, en voyant dans le financement occasionnel des politiques de coopération, des solutions d’urgence. C’est le cas de la Norvège et de la Suisse, récemment confrontées au «problème rrom», ou de la Grande Bretagne qui souhaite «faire le ménage» avant les Jeux Olympiques. Certaines collectivités ne s’embêtent pas d’une réponse politique, même occasionnelle, comme en Slovaquie où vient d’être construit un énième mur de la honte autour du camp rrom de la ville de Sered. Comme souvent, l’argument budgétaire justifie des fins de non-recevoir mais il correspond à des réalités contrastées. Ainsi dans le cas français : selon le rapport d’activité 2011 de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), 376 porteurs de projets de réinsertion économique ont été aidés par l’agence cette année-là. C’est donc au total 2,5 Millions d’euros qui ont été affectés à la réinsertion en 2011, quand dans le même temps 20,8 Millions ont été dépensés pour le renvoi collectif par charters. Il n’y a pas de chiffres spécifiques quant au public rrom, mais on sait que seulement 10 projets de réinstallation ont été validés en Roumanie.

Insertion des Rroms: Sylvie Guillaume invite ses collègues européens à Aubervilliers

A l’invitation de Sylvie Guillaume, une délégation d’eurodéputés socialistes et démocrates se rendra, le 8 février à Aubervilliers dans la banlieue parisienne, pour évaluer la situation de la communauté Rom en France.

« Au lieu d’organiser la visite d’un campement illégal, j’ai privilégié une expérimentation réussie d’insertion de la communauté Rom en France, souligne Sylvie Guillaume, eurodéputée française qui a organisé cette mission.

« Les représentants du gouvernement français actuel veulent faire croire que l’insertion des Roms n’est possible que dans leur pays d’origine. De ce point de vue, l’expérimentation lancée à Aubervilliers est un contre-exemple », ajoute la socialiste française.

A l’occasion de cette visite, les députés européens rencontreront des représentants d’associations de Rom et des élus locaux dont le maire d’Aubervilliers Jacques Salvator.

Le sort des Roms en Europe constitue depuis plusieurs années une priorité des Socialistes et Démocrates. Après les élections européennes de juin 2009, le groupe S&D a créé un groupe de travail uniquement consacré à cette question.

Suite à la polémique sur l’expulsion brutale de milliers de Roms de France au cours de l’été 2010, plusieurs déplacements ont été organisés pour évaluer, sur le terrain, les conditions de vie de cette communauté dans l’UE.

Les députés européens se sont déjà rendus à Belgrade (Serbie), Monor (Hongrie), Presov (Bulgarie). Un déplacement à Bucarest (Roumanie) est prévu dans deux semaines.

La délégation du groupe des socialistes et démocrates sera composée du vice-président du groupe S&D Hannes Swoboda (Autriche), Britta Thomsen (Danemark), Kinga Göncz (Hongrie) et Maria Muniz de Urquiza (Espagne).