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Des maires hongrois au Parlement

maires

Parce que la situation en Hongrie est un sujet d’inquiétude constant ces dernières années depuis que Viktor Orbán est au pouvoir, les S&D organisent régulièrement des contacts avec ceux qui représentent le courant progressiste.

Ce mercredi 30 novembre, j’ai rencontré 10 maires socialistes hongrois au Parlement à Bruxelles, dans le cadre d’une visite organisée par le chef de la Délégation nationale hongroise au sein du Groupe S&D, István Ujhelyi :

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Rencontre avec les journalistes hongrois du journal Népszabadság

Un journal d’opposition politique qui ferme du jour au lendemain, des employés prévenus le jour même, empêchés d’entrer dans les locaux et d’accéder au fruit de leur travail, leurs boites mails mises hors service, le site internet du journal fermé, des journalistes relevés de leur fonction…

Cette scène n’a pas lieu dans un pays lointain, ou à une autre époque. Non. Elle s’est produite en Europe cette année, et plus précisément en Hongrie le 8 octobre dernier, pour le journal Népszabadság. Ce titre signifie d’ailleurs « peuple libre » en hongrois.

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La pétition de Wake Up Europe est en ligne : vous pouvez la signer !

Wake up Europe

Je vous ai souvent parlé de la situation préoccupante et qui ne cesse de se dégrader en Hongrie : liberté des médias illusoire, traitement discriminatoire envers les minorités et les migrants, allusion au retour de la peine de mort,… Bref, des atteintes régulières à l’état de droit qu’en entrant dans l’UE, la Hongrie s’était pourtant engagée à respecter. Ces dérives et arrangements avec les libertés fondamentales demeurent inacceptables, d’autant que le phénomène fait jonction maintenant avec la Pologne.

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Se mobiliser contre le régime de Viktor Orban

Hongrie

Le Parlement avait décidé de se saisir du cas hongrois cette semaine. Les atteintes aux droits, les dénis de démocratie et les provocations en tout genre sont décidément difficiles à supporter. Au sein de notre famille européenne s’affirme un régime qui ressemble de moins à moins à un état de droit et une démocratie.

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Face à Dark Orbán : debout l’Europe !

Hongrie drapeau

Communiqué de la Délégation socialiste française au Parlement européen, Strasbourg, 16 décembre 2015

La liste des atteintes graves aux valeurs européennes perpétrées par M. Orbán est déjà beaucoup trop longue : construction d’un mur interne à l’espace Schengen, autorisation donnée à l’armée de tirer sur les réfugiés, pénalisation des aides aux migrants, menaces de rétablissement de la peine de mort, entraves à l’indépendance de la justice et des médias, xénophobie, homophobie, etc. M. Orbán a multiplié les propos discriminatoires au moment où des drames humanitaires avaient lieu.

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Face à la caméra N° 9 : clivages et valeurs

Quelles différences entre le parti « Les Républicains » et nous, socialistes?
Deux exemples – Droits des femmes et Hongrie – tirés de l’actualité du Parlement européen, illustrent que non seulement nos choix politiques divergent, mais aussi les valeurs que nous défendons.

Comment en finir avec la peine de mort ?

Théâtre de marionnettes indonésien

Théâtre de marionnettes indonésien

L’abolition de la peine de mort : une vieille histoire ? Pas si sûr… Elle resurgit soudainement dans l’actualité de ces jours, ce qui m’incite à quelques réflexions.

Commençons par le cas de Serge Atlaoui. Ce français est condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, au terme d’une procédure pleine d’incohérences (voir cet article du Monde). Artisan-soudeur, il travaillait dans un laboratoire indonésien pour installer des machines industrielles, laboratoire qui s’est révélé une usine clandestine produisant de la drogue.

Tous les éléments qui ont mobilisés les opposants à la peine de mort à travers l’histoire sont présents dans cette affaire :

  •  Le statut du condamné, probablement innocent ou au pire des cas, un comparse de peu d’importance dans une organisation criminelle.
  •  La procédure judiciaire entachée de parti pris et d’irrégularités, les droits de la défense réduits à peu de chose, des peines d’une sévérité inouïe.
  •  L’instrumentalisation par le pouvoir de la peine de mort à des fins de politique intérieure. Il démontre ainsi à la population qu’il ne recule ni devant les trafiquants de drogues, ni devant l’opinion internationale.

L’exécution de 8 condamnés ces derniers jours en fournit un exemple spectaculaire. Serge Atlaoui a finalement obtenu un sursis mais pour combien de temps ?

Pour mieux comprendre ces évènements tragiques, il faut sans doute garder à l’esprit que l’Indonésie n’est redevenue une démocratie que finalement assez récemment, en 1999. La peine de mort a toujours existé dans ce pays mais était assez peu appliquée jusqu’à ces dernières années. Le mouvement de pacification de la société s’est soudain arrêté et la violence d’État a de nouveau été perçue comme un moyen légitime et nécessaire au pouvoir.

C’est ce recul qui me frappe. L’abolition de la peine de mort n’est pas inéluctable. Si pour les progressistes, elle fait partie des acquis indissociables de la démocratie, cette vision n’est pas universelle.

Comme le disait Robert Badinter en 1981 devant l’assemblée nationale : « dans les pays de liberté l’abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée. Ce partage du monde ne résulte pas d’une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c’est bien qu’elle procède de l’idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie ».

Il n’est d’ailleurs pas besoin de basculer dans une dictature pour céder à ces mêmes démons. Les États unis et l’Indonésie sont des démocraties mais exécutent un grand nombre de condamnés. Il suffit de croire que la violence est une solution efficace et légitime contre la violence.

Les progressistes pensent à contrario que la violence n’est ni efficace, ni légitime.

Le rapport d’Amnesty international de 2014 sur la question montre une progression de 28% de la peine de mort dans le Monde. Cela illustre le fait que les progressistes sont loin d’avoir gagné ce combat d’idées.

Du moins en France et en Europe sommes-nous protégé de ces dérives me direz-vous ?

La vigilance reste de mise. La convention européenne des droits de l’homme depuis 1983, la charte des droits fondamentaux depuis 2000 rendent en pratique très difficile un retour en arrière des pays membres sur ce point.

Pourtant Viktor Orban, le Président hongrois, n’a pas hésité à relancer le débat. Selon lui, seule la peine de mort est réellement dissuasive. Cet argument éculé, dont l’inexactitude a été mainte fois démontrée n’est à mon avis qu’un paravent. La conviction de Viktor Orban est plus certainement que – comme l’expliquait Robert Badinter « l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie ».

Lors des débats de mercredi au parlement, les positions de Viktor Orban ont été évoquées et ont soulevé une réprobation générale. L’abolition de la peine de mort est une condition, un pré-requis pour rejoindre l’UE, revenir dessus aurait forcement de graves conséquences pour la Hongrie.

Il reste qu’un grand flou demeure sur la nature des sanctions possibles. On note par ailleurs que le parti de Viktor Orban est affilié au PPE – le parti populaire européen et que, malgré ses provocations, ses prises de position populistes, sa dérive autoritaire et anti-démocratique, son exclusion ne semble pas être à l’ordre du jour.

 

Sur ces mêmes questions, je vous propose également d’écouter mon interview pour les journaux de Radio France par Anja Vogel (entre 8’25’’ et 9’25’’)

 

Hongrie et Parlement européen : chaude ambiance…

UE Hongrie

La commission LIBE organisait ce jeudi matin une audition sur la situation des Droits de l’Homme en Hongrie. « Encore une fois » direz-vous ? Oui. Et d’ailleurs cela n’est pas du tout apprécié par le gouvernement Orban qui prétend avoir depuis 5 ans apporté toutes les réponses, mais prêché dans le désert. Le PPE -le premier ministre hongrois est vice-président du parti- a également tenté des manœuvres dilatoires assez pitoyables pour annuler la réunion, dressé sur les ergots du manque d’équilibre politique entre les différents intervenants. Nous avons donc pu entendre le porte-parole du gouvernement hongrois, tombé dans le piège de la victimisation et finalement peu convaincant.

Il est juste que les 4 premières interventions étaient à charge ; mais comment pourrait-il en être autrement, comment trouver un équilibre, quand l’on entend la lugubre litanie des dérives de la liberté d’expression en Hongrie ? Quelques exemples, qui donnent toutefois un éclairage nouveau parce qu’ils ne sont pas circonscrits à l’actualité.

On savait les ONG très surveillées et pour certaines d’entre elles harcelées. Vera Mora, directrice d’Ökotárs Alapítvány, a montré que cette pression avait un impact de long terme dans la poursuite des stratégies des ONG, qui sont contraintes à une action au jour le jour, sans pouvoir la planifier. Elle note que les jeunes Hongrois sont dissuadés de s’engager dans les associations pour venir prendre la relève les acteurs plus expérimentés et que les outils de travail, d’argumentation et de plaidoyer deviennent obsolètes faute de pouvoir être utilisés. On mesure bien là les effets induits de ces limitations pour les années à venir et donc la stérilisation en cours des ONG critiques.

Attila Mong de Atlatszo.hu, une association de journalistes d’investigation, a lui illustré la tendance à la « censure douce ». Il a montré combien l’accumulation de mesures d’intimidation contre les médias constitue une chape de plomb sur la presse. L’utilisation de la fiscalité sur les ressources publicitaires par exemple assèche les médias « libres » tandis que les chaines publiques deviennent finalement des chaines d’Etat, autocensurées et portes voix des autorités. La société hongroise assiste ainsi à un lent étouffement de la démocratie médiatique.

Troisième illustration, le tir au fusil disperseur contre diverses minorités, dénoncé par le Conseil de l’Europe. Tout y passe : les SDF, les Rroms, les personnes LGBTI, les demandeurs d’asile et réfugiés, les apatrides, les juifs, les personnes handicapées, et j’en passe ! Si on fait le lien avec les restrictions sur la liberté de religion, sur l’accès à l’IVG, sur l’indépendance de la justice –ceci sans exhaustivité- on peut se demander quel est l’objectif poursuivi par le gouvernement hormis celui du fractionnement de sa société. C’est particulièrement paradoxal quand on sait les relents nationalistes et expansionnistes de la politique de Victor Orban.

Voici trois pétards à longue mèche allumés par les autorités hongroises.

Malheureusement, cette audition –si elle a eu l’avantage d’apporter des illustrations concrètes- avait pourtant tout du dialogue de sourds. La très grande majorité des parlementaires est frustrée depuis longtemps par le blocage institutionnel des sanctions contre la Hongrie qui a pris de très grandes distances par rapport à l’Etat de droit. Elle ne peut être que légitimement énervée par les leçons de morale assénées par le représentant du gouvernement hongrois, convaincu de son bon droit. Monsieur Zoltan Kovacs nous a recommandé de nous intéresser plutôt à des choses importantes comme la crise économique et la lutte contre le terrorisme. On le remercie de son bon conseil et je lui confirme que la situation en Hongrie fait partie des choses importantes.

Intervention sur la situation en Hongrie

Sylvie Guillaume (S&D). – Monsieur le Président, de mon côté, je tiens à féliciter le rapporteur pour le travail qui a été accompli depuis bientôt une année et demie, ainsi que les rapporteurs fictifs des groupes politiques, qui ont su faire preuve de responsabilité sur le sujet qui nous occupe aujourd’hui. Cela a été un travail long, minutieux, semé d’embûches dont Rui Tavares se tire avec brio.

Le travail effectué au sein de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures a ainsi conduit à estimer que la tendance systémique et générale à modifier, à plusieurs reprises, le cadre constitutionnel et juridique dans un laps de temps très court, ainsi que le contenu de ces modifications, sont incompatibles avec les valeurs énoncées à l’article 2 du traité de l’Union. De plus, l’adoption d’une nouvelle loi autorisant la surveillance de hauts fonctionnaires est considérée, aussi, comme complétant le tableau inquiétant de la situation hongroise actuelle.

Aussi, le Parlement européen, représentant de tous les citoyens européens, se prononce, ici et avant tout, pour défendre les valeurs européennes et pour la Hongrie, contrairement à ce que disait le Premier ministre tout à l’heure.

C’est en ce sens que nous demandons au gouvernement hongrois de respecter l’obligation positive, découlant de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, de protéger la liberté d’expression en tant que condition préalable d’une démocratie fonctionnelle.

Au niveau des institutions européennes, nous demandons que l’Europe se dote d’instruments adéquats pour prévenir les dérives. Car il est clair que la procédure actuelle ne convient pas.

Pour conclure, si le Parlement européen entend, ici, parler d’une voix forte, c’est pour faire progresser les droits en Hongrie et par la volonté de faire en sorte que les doutes pesant sur la réalité de l’État de droit soient enfin levés.