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Noël en Grèce

 

« La main maléfique de Schäuble » c’est l’expression qu’a employé Gianni Pittella, Président du groupe S&D pour caractériser une décision de l’Eurogroupe envers la Grèce. Si la Grèce fait moins parler d’elle depuis ces derniers mois, la tension s’est soudainement ravivée ces deniers jours. Voyons pourquoi.

Début décembre, l’Eurogroupe, c’est-à-dire les ministres des finances de la zone euro, se sont entendus pour prendre des mesures d’allègement de la dette grecque. Celle-ci représente 180% du produit intérieur brut et empêche tout rétablissement de l’économie. Les mesures proposées étaient susceptibles de la réduire de 20% d’ici à… 2060 ! Pas de quoi pavoiser pour les Grecs mais toujours mieux que rien.

Dans les jours suivants, Alexis Tsipras a annoncé quelques mesures sociales. En effet, l’excédent budgétaire de la Grèce, hors service de la dette, est un peu supérieur aux prévisions. Une partie a donc été réaffectée pour donner un 13ème mois au plus petites retraites et reporter la hausse de la TVA sur certaines des îles où s’entassent migrants et réfugiés.

Ces mesures, selon le premier Ministre grec sont soutenables d’un point de vue budgétaire et indispensable d’un point de vue politique. La population grecque a besoin d’un signal positif après ces années de restriction. Mais Alexis Tsipras les a prises sans consulter ses créanciers. Le prétexte a aussitôt été saisi par Wolfgang Schäuble, tout puissant ministre allemand des finances, pour bloquer tout aménagement de la dette grecque.

Chacun joue un jeu dangereux dans cette affaire. Alexis Tsipras a sans doute besoin d’une confrontation avec l’Allemagne pour remonter dans les sondages au plus bas. Wolfgang Schäuble prépare les élections en surjouant la fermeté budgétaire vis-à-vis de la Grèce.

Et nous dans tout ça ? La France par la voix du président a marqué sa désapprobation. Le groupe S&D et la délégation socialiste française ont publié des communiqués de presse furieux à lire ici et .

Car au fond, comment décemment refuser les mesures sociales d’Alexis Tsipras ? Wolfgang Schäuble se fait détester et il fait surtout détester l’Europe avec lui et pourrait l’entrainer dans une nouvelle crise majeure. Pierre Moscovici a d’ailleurs tenu à marquer le désaccord de la Commission par rapport à cette intransigeance.

Alexis Tsipras a de son côté repris sa tournée des capitales européennes et doit rencontrer Angela Merkel ce week end.

Espérons, pour les Grecs mais aussi pour nous, qu’une nouvelle crise ne va pas s’inviter à Noël !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume