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Contreverse autour du glyphosate

glyphosate

 

Si son nom ne nous dit pas grand-chose le glyphosate est pourtant partout : on le retrouve dans 750 herbicides et notamment dans le fameux RoundUp vendu par Monsanto. Pire, ce produit a été détecté chez 44% des Européens même s’ils n’ont jamais été en contact direct avec l’herbicide.

La dangerosité en question

La dangerosité du glyphosate est au centre des débats. Il a été classé « probablement cancérogène » par l’OMS. Pourtant, l’Agence européenne de santé alimentaire (EFSA) estime qu’il n’est « probablement pas cancérogène. »

Cette controverse intervient au moment où l’autorisation de commercialisation du produit arrive à échéance  le 30 juin 2016. S’appuyant sur l’évaluation de l’EFSA, la Commission se propose de la prolonger.

L’ombre des lobbies

Ce dossier est une illustration parfaite de l’influence des lobbies. En effet, il est impossible de connaitre la composition du comité d’experts nationaux  missionnés par la Commission, le comité Plantes, animaux, nourritures et aliments (PAFF), ni même d’avoir accès aux documents de travail. Tous les débats sont classés confidentiels.

L’ EFSA, de son côté, refuse de dévoiler certaines des études sur lesquelles elle se fonde pour proposer la prolongation de cette autorisation. Les demandes des parlementaires européens et de l’ONG Corporate Europe Observatory n’y ont rien changé. L’EFSA évoque le souci de protéger le « secret industriel » car trois de ces études sont financées par l’industrie du glyphosate. Dans ces conditions, il est de plus en plus difficile de croire en leur neutralité scientifique !

Le 4 avril dernier, face aux contestations croissantes dans les Etats membres  – deux tiers des Européens sont pour une interdiction du glyphosate – le Commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukatis a adressé une lettre à Monsanto Europe, demandant de rendre publiques les études toxicologiques sur le glyphosate. Aucune réponse n’est arrivée pour le moment…

L’intervention du Parlement

Nous sommes une nouvelle fois devant un dossier géré de façon totalement opaque par la Commission. C’est d’autant plus inacceptable que la santé des Européens est en jeu. C’est pourquoi les groupe S&D, Verts, GUE et EFDD (Mouvement 5 Etoiles) ainsi que des députés PPE et ALDE ont déposé une résolution d’objection à l’acte d’exécution de la Commission. Adoptée en commission ENVI le 22 mars, elle a été soumise au vote du Parlement européen le jeudi 14 avril.

Les demandes de cette résolution étaient claires : ne pas renouveler l’autorisation de commercialisation du glyphosate, conduire une évaluation indépendante et mesurer la présence du glyphosate dans nos aliments et boissons.

Pourtant, lors de la séance plénière, des amendements ont modifié de manière conséquente le sens de cette résolution. En particulier, un amendement de compromis proposait une période transitoire de 7 ans avant une interdiction pour permettre à l’agriculture de s’adapter. J’ai voté contre l’amendement des 7 ans car je crois qu’une interdiction immédiate est nécessaire et que 7 ans, même pour mettre en place une transition, c’est beaucoup trop long. En revanche j’ai voté pour la résolution finale parce que son objet principal est de lancer un message à la Commission européenne et aux États membres, pour défendre des solutions alternatives respectueuses de la santé publique.

La décision finale revient au comité d’experts qui se réunira le 18 et 19 mai. Aux États-membres de s’inspirer de notre résolution pour faire le bon choix. La France, la Suède et l’Italie ont déjà prévenu qu’elles voteraient « non ».

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume