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Partenariat UE-Libye

Depuis la mise en œuvre de la désormais « célèbre » Déclaration UE-Turquie, la Commission, et le Conseil semblent souhaiter la reproduction de ce modèle pour repousser les migrants toujours plus loin de l’Union européenne. Si les termes de la coopération prévue avec la Libye et présentés fin janvier sont quelque peu différents, la logique demeure la même : l’externalisation de la politique migratoire européenne. Il est ici question de renforcer les capacités de la Libye en termes de contrôle des frontières via la formation de ses garde-côtes, tout en développant ses capacités et ses conditions d’accueil des migrants.

Or de quoi parle-t-on vraiment ? Il s’agit avant tout de réduire le nombre de migrants arrivant en Europe via la Libye,pays d’où partent 90 % des bateaux secourus en Méditerranée centrale. Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, s’évertue à dire qu’il s’agit « avant tout de sauver des vies » sur cette route migratoire ; mais si le but était d’épargner des vies humaines, la Commission et le Conseil ne seraient pas en train de jeter les bases d’un traitement extraterritorial des demandes d’asile en Afrique du Nord. Car c’est vers cela qu’on tend.

Ayons en tête les termes d’une telle coopération quand un rapport du Haut-Commissariat des droits de l’Homme des Nations unies, publié en décembre 2016, mais aussi une note interne de l’ambassadeur allemand au Niger affirment que les migrants en Libye sont victimes de viols, de tortures, de travail forcé et d’exécutions sommaires Je n’appelle pas cela sauver des vies !

Je ne suis pas opposée par principe à la coopération avec les pays tiers, mais encore faut-il y avoir des interlocuteurs fiables, que les droits fondamentaux y soient respectés et que les termes de cette coopération n’aillent pas à l’encontre de la Convention de Genève.  Ce qui n’est clairement pas le cas en Libye.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume