FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

#PlenPE : les thèmes clefs de la mini-plénière d’avril

Cette semaine, le Parlement Européen s’est réuni à Bruxelles pour deux jours, ce que nous appelons une « mini plénière ». Les débats sur la Hongrie, la Turquie et la Grèce en ont été les temps forts. En voici une synthèse, plus quelques autres qui méritent également votre intérêt.

Situation en Hongrie

Fait notable, la Commission européenne a décidé d’ouvrir une procédure d’infraction contre la Hongrie au sujet de sa loi sur les universités qui pourrait entrainer la fermeture de l’Université d’Europe centrale créée de longue date par Georges Soros. Le Premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans a présenté la situation devant le Parlement. D’autres lois très controversées comme celle sur l’asile (permettant la détention systématique des demandeurs d’asile) ou sur les ONG étrangères n’ont en revanche pas fait l’objet de procédures. De plus une enquête gouvernementale baptisée « Consultation nationale – Arrêtons Bruxelles !’ » est révélatrice du climat que cherche à entretenir le pouvoir hongrois auprès de sa population. Viktor Orbán a accepté de venir devant les eurodéputés ce mercredi.

Mais en fait il s’est plutôt posé comme procureur vis-à-vis de « Bruxelles » en déclarant que les accusations selon lesquelles il souhaitait fermer l’Université d’Europe centrale étaient fausses et pour qualifier la consultation nationale « d’outil démocratique ».

Il a été vivement critiqué par la gauche de l’hémicycle. Gianni Pittella au nom du groupe S&D a fustigé sa dérive anti démocratique, appelé le PPE à exclure le Fidesz – le parti de Viktor Orban – de ses rangs et la Commission à prendre des sanctions y compris au besoin celles prévues par l’article 7 du traité de Lisbonne.

Pour aller plus loin sur ce sujet

Communiqué S&D :

Orbán transforme la Hongrie en régime illibéral – le PPE doit se réveiller et expulser le Fidesz, déclare Pittella

Les réponses de la Commission au questionnaire « Consultation nationale – Arrêtons Bruxelles !’ » (en anglais)

L’article 7 du traité de Lisbonne

Relations UE-Turquie

Le référendum du 16 avril a marqué une étape dans les relations entre l’UE et la Turquie. En concentrant tous les pouvoirs exécutifs sur sa personne, en mettant le pouvoir judiciaire sous ses ordres, le Président Erdoğan s’est clairement éloigné du modèle démocratique et le Parlement se devait de réagir.

Le débat en plénière a bien sûr été l’occasion d’exhorter la Turquie à respecter les droits fondamentaux mais surtout, beaucoup de députés ont posé la question de la poursuite des négociations d’adhésion, qui n’est plus sérieusement envisagée par grand monde du moins à court et moyen termes. Une suspension des négociations a été demandée par le groupe S&D tout en réaffirmant sa solidarité avec les démocrates turcs.

Pour aller plus loin sur ce sujet

Communiqué du groupe S&D

Les S&D demandent une enquête indépendante sur les fraudes électorales, ainsi que la suspension des négociations d’adhésion avec la Turquie

Intervention de mon collègue de la DSF Jean-Paul Denanot

 

 

Programme d’ajustement économique de la Grèce

Ce jeudi, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, était devant les députés pour les informer du plan de sauvetage grec. Pierre Moscovici y était également pour la Commission. On peut rappeler que Jeroen Dijsselbloem s’était fait remarquer début avril pour des propos tenus dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung où il laissait entendre que les pays du Sud dilapidaient leur argent en « schnaps » et en « femmes ». De plus, il avait à plusieurs reprises repoussé les demandes d’explication du Parlement sur le programme d’ajustement économique de la Grèce.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a essuyé un flot nourri (et parfois « fleuri ») de critiques sur ce point. Il s’est également expliqué sur le désaccord persistant entre la zone euro et le FMI, tous deux créanciers de la Grèce, sur l’allègement de la dette contractée par Athènes. Il a estimé que le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) – fonds de soutien aux pays en difficulté créé à la suite de la crise de la zone euro – devrait assumer les responsabilités du FMI pour les pays ayant adopté la monnaie unique. Il a ajouté qu’un rapport était en préparation à ce sujet.

Les députés S&D ont pour leur part, demandé à ce que les créanciers de la Grèce concluent rapidement les négociations sur le plan de sauvetage grec, soulignant les souffrances endurées par la population. L’Europe doit enfin reconnaître les efforts faits par la Grèce et envoyer un signal social positif pour ne pas laisser la Grèce s’épuiser et le peuple grec sans espoir. Pour cela, l’Union européenne doit tenir ses promesses d’allègement de la dette grecque alors que celle-ci atteint 180 % du PIB.

Pour aller plus loin sur ce sujet

Intervention de ma collègue de la DSF, Pervenche Berès

 

Améliorer le congé parental

Face à la parentalité, il existe de grandes inégalités entre hommes et femmes ; les mères sont souvent contraintes de mettre sa carrière professionnelle entre parenthèses pour élever leurs enfants. Après avoir éliminé la directive sur l’harmonisation du Congé maternité la Commission européenne a pris le biais d’une amélioration de la conciliation entre vie professionnelle et vie privée afin de moderniser la directive portant application sur l’accord-cadre sur le congé parental (directive 2018/18/UE). Cette initiative constitue d’ailleurs l’un des volets d’une annonce plus large consacrée au renforcement du pilier social.

Le Groupe des Socialistes et Démocrates a salué la proposition de loi qui demande, pour la première fois au niveau européen, deux semaines de congé paternité payé et un congé d’aidant de cinq jours pour prendre soin d’un membre de la famille malade. Entre autres exemples, les femmes et les hommes prenant un congé parental seront payés. Cependant, rien n’estprévu pour renforcer le congé maternité dans la proposition. Même si le socle est solide pour commencer le processus co-législatif, les débats s’annoncent toutefois houleux, tant les divergences d’intérêt sont grandes.

 

Pour aller plus loin sur ce sujet

Communiqué S&D sur les droits sociaux :

Retour des droits sociaux à l’ordre du jour européen – mais il faut d’urgence des actions concrètes, affirment les S&D

Intervention de Vilija Blinkevičiūtė, eurodéputée S&D, rapporteuse du Parlement européen pour l’équilibre entre vie professionnelle et privée, présidente de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres

Vidéo d’Iratxe García Pérez, eurodéputée S&D membre de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres :

Relancer l’Europe sociale

 Cette semaine, l’Union européenne de radio-télévision a révélé dans une enquête que 53% des 18-34 ans interrogés n’ont pas confiance en l’Europe, mais que 76% des jeunes interrogés souhaitent néanmoins rester dans l’UE. La Commission propose de s’interroger sur le type d’Europe sociale souhaitée dans un document accompagné d’initiatives concrètes.

La proposition de la Commission prévoit 3 scénarii qui étudient les avantages et inconvénients :

– scénario 1 : une dimension sociale limitée à la libre-circulation

– scénario 2 : une dimension sociale à la carte

– scénario 3 : une dimension sociale renforcée à Vingt-sept.

La première option n’offrirait plus de normes sociales minimales ce qui abrogerait les règles actuelles sur le congé maternité, les conditions de travail ou encore la sécurité et la santé des travailleurs. La deuxième option permettrait à plusieurs pays de décider de s’intégrer davantage dans le domaine social, notamment en matière de fiscalité et d’intégration des réfugiés mais augmenterait la fracture sociale dans l’UE. La troisième option permettrait d’harmoniser entièrement les droits des citoyens dans certains domaines comme, par exemple, l’âge de départ à la retraite.

Le groupe Socialistes et Démocrates est satisfait que l’Europe sociale soit au cœur de cette proposition, mais souhaite qu’elle produise des améliorations concrètes sur le quotidien des Européens. Le groupe n’hésitera pas à faire pression pour lancer une dynamique en faveur de l’élaboration d’un programme global de politique sociale de l’UE.

 

Pour aller plus loin sur ce sujet

Intervention d’Udo Bullmann, viceprésident du Groupe S&D responsable des affaires économiques et monétaires 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume