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PlenPE – les thèmes clefs de la plénière d’octobre

Pour cette deuxième assemblée plénière d’octobre au Parlement à Strasbourg, l’environnement était un thème clef avec notamment un rapport qui fera date, sur l’interdiction des plastiques jetables. En arrière-plan des débats, j’ai observé comme beaucoup la partie qui se joue en ce moment entre la Commission et le gouvernement italien à propos du budget italien. Nous en saurons plus à ce propos dans 3 semaines puisque c’est le délai que la Commission à dû concéder.

Nous en reparlerons donc. Nous reparlerons aussi du prix Sakharov, dont le lauréat a été désigné, il s’agit du réalisateur ukrainien emprisonné par les autorités russes Oleg Sentsov. Le prix sera remis en décembre prochain.

Enfin, une série d’autres sujets méritent votre attention. En voici une synthèse :

Débat sur le Conseil du 18 octobre

Avec mes collègues parlementaires, nous avons parfois la désagréable impression que tout notre patient travail de recherche de compromis et de solutions acceptables par une large majorité, est traité avec un dédain absolu par le Conseil. Sur certains sujets, je pense en particulier au paquet asile mais de nombreux autres pourraient être cités, nous avons proposé des solutions depuis deux ans et le Conseil ne s’est même pas donné la peine de les examiner ou de prendre position. Sur des dossiers aussi graves, qui engagent autant de vies, on peut légitimement être en colère. C’est ce que traduit mon intervention dans laquelle j’interpelle Donald Tusk, le président du Conseil européen.

A noter aussi à l’occasion de ce débat, un incident de séance particulièrement désagréable : dans une intervention, Syed Kamal, député conservateur britannique a avancé que le national socialisme et le socialisme seraient apparentés. Ce type de provocation est inadmissible et traduit une méconnaissance délibérée et insultante de l’Histoire.

Pour aller plus loin

Mon intervention en plénière

Communiqué du Parlement européen

 

Interdiction des plastiques jetables

Les objets de plastique, sacs, gobelets, pailles, etc. on en a tous vu un jour avec consternation à la plage, échoués sur le sable ou entre deux eaux. Cet aspect inesthétique n’est pourtant qu’une infime partie du problème. Les océans accumulent et concentrent ces déchets depuis des décennies avec des conséquences dramatiques sur la faune marine, qui est littéralement empoisonnée et asphyxiée.

Le rapport sur un projet de directive que nous avons voté cette semaine devrait permettre de réduire drastiquement ces rejets. Certains produits devraient être tout simplement interdits : couverts, bâtonnets de cotons-tiges, pailles, tiges de ballons gonflables, agitateurs pour boisson, mais aussi les plastiques oxodégradables (étiquetés abusivement en tant que biodégradables, alors qu’ils se décomposent en microparticules qui ne se dégradent pas) et les emballages alimentaires en polystyrène expansé (frigolite). Dans la plupart des usages du plastique, des alternatives existent et peuvent remplacer ces objets. Un temps d’adaptation est d’ailleurs donné aux industriels

Ce qui est remarquable avec ce rapport, c’est qu’il a été soutenu par une majorité très large :571 voix pour, 53 contre et 34 abstentions. Je rappelle que la majorité de cette assemblée est clairement à droite. Il y a bien sûr eu des amendements glissés au passage par des lobbys de l’industrie. La portée du texte a été réduite sur quelques détails : pas d’objectifs chiffrés pour les filtres à cigarettes ou pas d’interdiction des sacs ultralégers utilisés pour les fruits et légumes. L’ensemble pourtant porte une belle ambition ce qui démontre que la cause environnementale gagne du terrain même chez ceux qui se présentaient comme ses adversaires il y a quelques années.

Pour aller plus loin

Communiqué de la Délégation socialiste française (DSF) – Planète sans plastique

 

Améliorer la qualité de l’eau

Si la majorité était très large pour les objets plastiques, le vote était en revanche extrêmement serré pour la révision de la directive eau potable de 1998. La révision de ce texte s’imposait car certaines substances n’étaient pas prises en compte suffisamment comme les perturbateurs endocriniens et les substances perfluoroalkylées. Une partie de la bataille s’est jouée sur ce thème et contre le rapporteur Michel Dantin, puisque les perturbateurs endocriniens et les microplastiques seront inscrits dans la liste des substances à proscrire, et non plus à surveiller.

De plus une conscience citoyenne monte sur le droit à l’eau, ce que traduit l’initiative citoyenne « right2water » signée par 1,8 millions d’européens. Par notre vote, nous avons marqué notre volonté que chacun bénéficie d’un accès universel à l’eau potable dans l’UE.

Pour aller plus loin

Communiqué de la DSF – L’eau est notre bien commun

 

Facebook-Cambridge Analytica

Le scandale Cambridge Analytica renvoie à l’utilisation à leur insu des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Cette opération a sans doute eu des conséquences déterminantes dans les scrutins des élections présidentielles américaines et dans le référendum sur le Brexit.

Nous sommes nombreux à nous inquiéter de ce genre d’interférences à l’approche des élections européennes et à n’être pas persuadés que Facebook ait pris des mesures suffisantes pour éviter que cela ne se renouvelle.

C’est dans cet état d’esprit que nous avons voté une résolution appelant Facebook à se mettre en conformité avec la législation européenne.

Parmi recommandations du texte, la réalisation d’un audit complet et indépendant de la manière dont Facebook protège les données à caractère personnel de ses utilisateurs par des agences de l’UE ou encore une interdiction du profilage à des fins électorales.

Pour aller plus loin

Communiqué de la DSF : Facebook n’est pas au dessus des lois

 

Budget 2019 de l’UE

Je vous ai à plusieurs reprises parlé de ce combat politique majeur qui a lieu en ce moment et qui concerne le budget de l’UE. Bien sûr, sur ce sujet, il existe de fortes différences d’appréciation entre les groupes de droite et de gauche du Parlement, mais un autre clivage est tout aussi marqué : c’est celui entre le Conseil, c’est-à-dire les Etats membres et le Parlement. Le rapport de mon collègue Daniele Viotti (S&D, italien), a reçu un large soutien car il défend la nécessité d’un budget ambitieux et donc en augmentation. C’est parfaitement cohérent avec les priorités que nous avons collectivement décidés et je rappelle que le budget de l’UE est maintenu à un niveau extrêmement bas de 1% du PIB européen, autour de 160 milliards d’euros.

Dans ce rapport nous avons voté l’ajout de 362 millions d’euros (soit 15 %) au programme Erasmus+, de 346,7 millions d’euros à l’initiative pour l’emploi des jeunes, faisant ainsi passer le montant total à 580 millions d’euros en 2019. Nous avons aussi annulé les baisses de crédits effectuées par le Conseil (-794 millions d’euros) dans la sous-rubrique ‘croissance’.

Il y a une vraie schizophrénie du Conseil qui propose des réductions des programmes comme Horizon 2020 ou le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), alors qu’ils font partie des priorités politiques qu’il affiche.

Le bras de fer entre le Conseil et le Parlement n’est donc pas terminé.

Pour aller plus loin

Le communiqué de la DSF – Budget 2019 : des améliorations dans un cadre pourtant contraint

Face à la caméra – un budget, des choix… la politique quoi !

La lettre « Européenne » spéciale budget (document pdf)

 

Système d’information Schengen,

Le rapport que nous avons voté concerne le Système d’information Schengen (SIS). Il s’agit d’un système informatique de partage d’information entre les états membres de l’espace Schengen (à quelques exceptions près comme le Royaume-Uni qui adhère au SIS sans être membre de l’espace Schengen). Les différents services de sécurité peuvent y consulter ou y enregistrer des informations sur des personnes sous mandat d’arrêt ou des objets volés.

Nous avons débattu d’un accord institutionnel pour renforcer ce système. Figurent parmi les nouveautés de cette réforme la création d’alertes sur les personnes recherchées inconnues ayant un lien avec le terrorisme ou d’autres crimes graves et l’obligation pour les autorités nationales de partager les détails d’une attaque terroriste avec tous les autres États membres. Rappelez-vous qu’au moment des attentats du Bataclan, des informations cruciales n’étaient pas partagées par les polices française et belge par exemple.

Pour aller plus loin

Communiqué de la DSF – Pour protéger les Européens, nous renforçons Schengen !

 

Réforme des règles sur les redevances routières

Nous avons un impérieux devoir de modifier nos modes de déplacement afin de nous conformer aux objectifs de l’accord de Paris.

Il faut des mesures fortes pour mieux prendre en compte le coût de la pollution et mettre en application le principe du pollueur payeur.

La réforme préconisée aura un impact simple : elle établit que les pays facturant des redevances routières fondées sur le temps – la fameuse vignette – devront passer à des redevances fondées sur la distance – des péages – à partir de 2023 pour les camions et les bus. Le rapport établit également la fin des vignettes pour les voitures en 2026 mais n’oblige pas les États à les remplacer par des péages.

Parce qu’une telle réforme doit être acceptée socialement, le rapport propose d’introduire des réductions pour les usagers fréquents dans les zones périurbaines et reculées.

Pour aller plus loin

Communiqué de la DSF – Des principes aux actes ! Vers une tarification plus verte et plus juste des routes en Europe

Intervention de Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy

 

Montée de la violence néo-fasciste en Europe

Nous sommes nombreux à ressentir cette évolution vis-à-vis des groupes néo-fascistes : leur présence semble s’être banalisée, comme s’il s’agissait d’une opinion parmi d’autres. Les réseaux sociaux leur donnent une visibilité dont ils n’avaient pas rêvé auparavant. Dans l’actualité récente, on se souvient des démonstrations haineuses des identitaires tentant d’affréter un bateau « anti migrant » en Méditerranée ou de bloquer le passage des cols sur la frontière des Alpes.

Le précédent Ministre français de l’intérieur n’avait pas jugé utile la dissolution de ce groupe que la DSF demandait. Le nouveau Ministre pourra constater que devant ce phénomène à dimension européenne, une réaction s’impose.

Pour aller plus loin

Communiqué de la DSF – Halte aux violences néofascistes en Europe

Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur

 

 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume