FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

Polonaises, Américaines, Russes… histoires de femmes autour du Monde

En Pologne, en Russie, aux USA, les prochaines années risquent d’être difficiles pour les femmes. Conformément au bon vieux concept de la bicyclette, on assiste à un grand retour dans le passé, une sorte d’offensive générale contre des droits péniblement acquis. Bien entendu cela m’inquiète ; pourtant je souhaite aussi partager avec vous quelques histoires de femmes qui résistent.

 

La marche des femmes

Teresa Shook est une ancienne avocate qui vit à Hawaï. Au lendemain de l’élection de Donald Trump, assez déprimée, elle se demande quoi faire, en discute avec quelques amis sur Facebook. Elle partage son idée d’une marche le 21 janvier sur le groupe Facebook Pantsuit Nation. Quand elle va dormir, une quarantaine de personnes ont adhéré à son projet. A son réveil le lendemain, il sont 10 000 puis 300 000 dans les jours suivants.

En fait, une énorme manifestation a eu lieu à Washington ce jour-là, dépassant toutes les prévisions et bien supérieure à l’affluence de la cérémonie d’investiture de Donald Trump la veille. D’ailleurs il y a eu des marches un peu partout dans le pays et même en Europe, rassemblant des millions de femmes. Une mobilisation exceptionnelle contre la remise en cause du droit à l’avortement, pour l’accès à la contraception, la défense du planning familial, mais aussi en faveur de la tolérance pour les minorités, la protection de l’environnement, l’accueil des réfugiés…

Cela n’a pas empêché Donald Trump, juste après, de signer le Global Gag Rule. Ce texte, dont le nom signifie «  règle du bâillon mondial » implique qu’aucune organisation non gouvernementale ne pourra avoir d’action d’information à propos de l’avortement sous peine de perdre tout droit à des financements fédéraux.

 

La photo ci-dessus a immortalisé la signature du Global Gag Rule. Ce tweet d’un journaliste anglais saisit parfaitement la cruelle ironie de la situation et peut se traduire : “De votre vivant, vous ne verrez jamais une photo de sept femmes signant un décret sur ce que les hommes peuvent faire avec leurs organes reproducteurs.”

J’ai pour ma part signé une pétition contre ce texte que vous pouvez trouver ici.

 

Pendant ce temps en Russie

Est-ce à une course en arrière que nous assistons entre deux grands pays ? Deux jours après, les députés russes ont adopté un projet de loi visant à dépénaliser les violences commises dans le cercle familial. Le texte, voté avec 385 voix pour et seulement 2 contre, prévoit une peine administrative pour les actes de violence n’entraînant pas d’hospitalisation, jusqu’alors passibles de deux ans d’emprisonnement.

C’est au nom de la « tradition » que ce texte a été proposé et afin d’éviter -disent ses initiateurs- qu’un père de famille ne se retrouve en prison pour avoir giflé un enfant insolent.

La réalité est pourtant que très peu de plaintes sont prises en compte par la justice russe et que ce laxisme se traduit par une intense violence. Il faut savoir qu’en Russie, plus de 10 000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint.

 

«Sauvons les femmes» de Pologne

Plus près de nous, en Europe même, il y a un pays où les droits des femmes subissent de graves attaques depuis des mois. Inspirée par le parti Droit et Justice et l’Église polonaise, une réforme de la loi sur l’avortement était en préparation au Parlement polonais en septembre 2016. Celle-ci est déjà une des plus restrictive d’Europe. La proposition de loi visait à interdire totalement l’avortement : même victimes de viol ou d’inceste, les femmes et les jeunes filles n’auraient plus pu avorter ! Elles auraient été, comme les médecins et personnels soignants, menacées de peine allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement. Je vous en avais parlé dans cette vidéo.

Une mobilisation massive des femmes polonaises a finalement fait reculer le Parlement. C’est cette lutte, incarnée par le comité « Sauvons les femmes » qui a été saluée par le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2017 le 9 janvier dernier. La représentante de « Sauvons les femmes », Barbara Nowacka compte désormais en appeler à l’Europe pour que le droit à l’avortement soit inscrit dans la charte européenne des droits fondamentaux.

 

A suivre
Les combats féministes continuent. Certains se déroulent de l’autre côté de l’Atlantique, d’autres au bout de notre rue ou encore au Parlement européen. A nous de faire savoir à Trump et tous ceux qui lui ressemblent que malgré les revers, notre détermination demeure intacte.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume