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Solidarité avec les eurodéputés polonais

La scène se passe le 26 novembre dans la ville de Katowice, une grande agglomération industrielle polonaise. Un groupe extrémiste europhobe se livre à une mise en scène macabre.

Ils ont apporté des potences auxquelles ils ont « pendu » les portraits d’une série d’eurodéputés polonais. Michal Boni, Danuta Hubner, Danuta Jazlowiecka, Barbara Kudrycka, Julia Pitera et Roza Grafin von Thun und Hohenstein font tous parti de la Plateforme Civique. Ce parti libéral-conservateur et pro-européen se situe au centre droit en Pologne et est affilié au PPE au niveau européen. Donald Tusk, le Président du Conseil européen en est l’une des figures les plus connues.

Quel crime ont commis ces députés pour se voir ainsi publiquement pendus en effigie ? Ce sont les seuls six élus polonais à avoir voté pour la résolution du Parlement du 15 novembre dernier. Cette résolution dénonce les réformes du système judiciaire polonais comme étant une menace contre l’état de droit et les valeurs de l’Union européenne.

Alors que d’autres membres de l’opposition polonaise au gouvernement actuel se sont abstenus, ces 5 femmes et cet homme étaient les seuls à avoir le courage de s’unir aux autres eurodéputés pour dénoncer les réformes en cours (438 députés l’ont soutenu, 152 étaient contre et 71 se sont abstenus). Il est vrai que ce genre de position n’est pas facile à assumer en Pologne. Le parti au pouvoir, le PIS, les a aussitôt accusés d’agir contre leur pays.

Du côté du Parlement européen, les réactions de solidarité ont été nombreuses et le Président Tajani a écrit au Président polonais Andrzej Duda pour lui demander que soit assurée la sécurité de ces représentants élus.

Certes, il s’agit là de l’action d’un groupuscule mais qui est à relier avec une ambiance générale de xénophobie, un activisme de l’extrême-droite et une forme de passivité des autorités devant ces manifestations.

 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume