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Soros amorce son retrait de Hongrie

Georges Soros, célèbre milliardaire américain d’origine hongroise est depuis plusieurs années la cible privilégiée du gouvernement de Viktor Orban. Accusé de comploter contre la Hongrie, il a vu se développer une législation sur mesure destinée à saper toutes ses activités philantropiques dans ce pays. Les départs annoncés de l’Open Society Fondation et de l’Université d’Europe centrale de Hongrie constituent donc une victoire pour Viktor Orban même si l’affrontement n’est pas encore terminé.

Georges Soros s’est rendu célèbre dans les années 70 et 80 par l’invention des hedge funds et des attaques spéculatives très audacieuses, notamment contre la livre sterling. L’autre versant de cet activité de trader plutôt impitoyable, est une intense activité philanthropique, initiée au moment de la chute du mur de Berlin et destinée à accompagner les pays de l’Est vers la démocratie. Sa fondation finance un grand nombre d’ONG et son université d’Europe centrale, université anglophone, accréditée à la fois aux États-Unis et en Hongrie, est devenue une référence pour la qualité de ses enseignements.

Depuis quelques années pourtant, ces actions qui visent à former des élites progressistes et à soutenir des ONG dans le domaine des droits de l’homme notamment, suscitent une hostilité ouverte du pouvoir. Elles sont interprétées comme une volonté de transformer la Hongrie – ce qui est vrai – mais dans le but… d’en éradiquer les valeurs traditionnelles et la culture au profit d’une mondialisation apatride. Dans ce complot fantasmé, on trouve à la fois des thèmes qui se rapprochent de ceux du « grand remplacement » connu dans d’autre pays et un antisémitisme décomplexé. Soros aurait notamment le projet d’introduire des milliers de migrants illégaux en Hongrie pour déstabiliser le pays. On peut d’ailleurs observer que le thème du complot de Soros est désormais également en vogue en France et qu’il a fait la couverture de la revue d’extrême-droite Valeurs actuelles.

L’agressivité du pouvoir s’est traduite ces dernier temps par une loi qui exige des établissements d’enseignement étrangers qu’ils offrent un cursus similaire dans leur pays d’origine, ceci afin d’exclure l’Université d’Europe Centrale.

La récente campagne des législatives, menée par le Fidesz de Viktor Orban, a été particulièrement agressive envers les activités de Soros.

Les mesures annoncées à cette occasion devraient être mises à exécution le 1er juillet, lors du vote d’une loi dite «Stop Soros». Elle remettrait en cause l’existence d’un grand nombre d’ONG en les obligeant à obtenir une licence auprès du ministère de l’Intérieur pour pouvoir agir en Hongrie.

D’autre part, tous les financements étrangers pour l’aide aux réfugiés et aux migrants seront taxés à hauteur de 25%, même les fonds de l’Union européenne ou des Nations unies.

Ce harcèlement procédural a donc finalement causé les annonces successives du départ de la fondation Open society vers Berlin et de l’Université d’Europe centrale vers Vienne.

La fondation a cependant assuré vouloir poursuivre son activité dans le pays. Elle donne aujourd’hui, sous forme de bourses, entre 4 et 5 millions de dollars par an à 50 ONG.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume