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Suspense sur le Glyphosate

La bagarre continue sur le glyphosate ! On sait que ce pesticide que l’OMS considère comme probablement cancérigène voit son autorisation expirer le 15 décembre de cette année. Une décision doit être prise quant à son renouvellement mais les états membres, réunis en comité le 9 novembre, ont été dans l’incapacité de le faire.

En effet, les États doivent se prononcer à la majorité qualifiée, c’est-à-dire représentant 65% de la population. Pour obtenir cette majorité, la Commission a revu sa copie, passant d’une proposition d’autorisation de 10 ans à une autorisation de 5 ans. Cela n’a pas suffi à faire pencher la balance. Si 14 états sont favorables à cette ré autorisation, 9 s’y opposent : Autriche, Belgique, Chypre, France, Grèce, Croatie, Italie, Luxembourg, Malte. Et le poids démographique de la France est décisif, d’autant que, n’ayant pas encore constitué son nouveau gouvernement, l’Allemagne s’abstient.

Une ultime réunion est programmée pour la fin du mois pour tenter d’obtenir une décision. Mes collègues S&D, le français Eric Andrieu et le belge Marc Tarabella, sont à la pointe du combat mené par une partie du Parlement pour aboutir au retrait de ce produit. Ils précisent que trois scenarii sont possibles :

–          « soit la proposition de renouvellement est adoptée

–          soit il n’y a pas de majorité qualifiée et la commission européenne pourra décider unilatéralement une extension de l’autorisation (comme elle l’a fait le 30 juin 2016),

–          soit une majorité qualifiée contre la proposition de la Commission. Le glyphosate ne serait alors tout simplement pas réautorisé ! »

Dans un précédent point de vue, j’avais précisé qu’un retrait immédiat du glyphosate ne me semblait pas souhaitable car il provoquerait des obstacles insurmontables pour toute une partie des agriculteurs  qui n’ont pas de produit de substitution. C’est donc vers un abandon programmé sur quelques années qu’il faut nous tourner. Et c’est la position qu’a finalement voté le Parlement le 24 octobre dernier dans une résolution non contraignante, en proposant une sortie d’ici 5 ans (avec les S&D, nous avions initialement prévu 3 ans). Elle demandait aussi que l’usage en soit immédiatement prohibé pour les espaces publics et les particuliers ;

La position actuelle de prolongation de 5 ans de la Commission, sans perspective d’abandon, reviendrait à retarder l’échéance sans s’y préparer et en négligeant un grave risque sanitaire potentiel. La Commission serait bien inspirée en se repliant sur ce compromis patiemment négocié au Parlement.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume