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Tous les coups ne sont pas permis en Turquie

turquie-parlementPas un seul jour ne passe en Turquie sans son lot d’arrestations, de purges et de brimades. Milieux universitaires, littéraires, judiciaires, journalistiques, politiques, personne n’est épargné par le régime de terreur dans lequel M. Erdogan semble vouloir enfoncer son pays.

Ce 4 novembre 2016, onze députés du Parti démocratique des peuples (HDP), le troisième parti au Parlement turc (59 députés sur 550), dont les coprésidents Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, ont été placés en garde à vue, sans que les motifs de leur arrestation ne paraissent clairement établis. Au même moment, le siège du parti HDP à Ankara a également été perquisitionné. Ces mesures interviennent quelques jours seulement après la démission forcée d’une trentaine de maires turcs et l’arrestation des deux maires de Diyarbakir (Sud-est du pays, à majorité kurde).

À la suite du coup d’État manqué du 15 juillet, le pouvoir turc peut certainement lutter contre le terrorisme et les tentatives de déstabilisations politique. Mais rien – absolument rien !- ne peut toutefois justifier le tournant répressif pris par les autorités turques qui semblent bien décidées à éliminer toute forme de contre-pouvoir, voire d’expression.

Une question se pose : jusqu’où ira M.Erdogan dans cette machine infernale de répression ?

Tous les voyants sont pourtant au rouge. Sur le plan intérieur, l’escalade de la violence dans le sud-est du pays, à majorité kurde, est une menace inacceptable pour la stabilité de l’ensemble du pays. Sur le plan extérieur, M. Erdogan joue avec les nerfs de ses partenaires.

Par la voix de sa chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, l’Union européenne s’est dit « extrêmement inquiète » après l’arrestation des dirigeants et députés du parti pro-kurde pacifique et démocratiquement élu.

Cette déclaration est la bienvenue ; mais elle est trop faible et isolée et les autorités européennes et internationales doivent maintenir leur pression sur le pouvoir turc pour que les droits de l’homme et l’État de droit soient assurés, conformément aux principes de la convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et du pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Les appels à l’apaisement et à la raison ne cessent de se multiplier en direction du pouvoir turc.

À mon tour, je souhaite exprimer ma vive inquiétude après ces arrestations et demander au président turc de libérer immédiatement ces députés, élus démocratiquement.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume