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Transparence : silence radio !

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Il y a une chose qui ne cesse de m’étonner, voire m’agacer -même si je sais que c’est la loi du genre- : des avancées concrètes voient le jour pour nos citoyens au niveau européen -un exemple récent, l’amende infligée par la Commission européenne à Apple-  et pourtant rares sont les médias qui s’en font véritablement les échos. Ça vous dit quelque chose Horizon 2020, outil indispensable pour financer la recherche, ou le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe, qui soutient des projets d’infrastructures de transport, de télécommunications et de l’énergie afin de stimuler la croissance économique ? Je parierai que non… à moins que vous ne passiez vos nuits sur les sites de think tanks européens !

Je constate -sans être la seule- que la presse préférera le plus souvent parler des trains qui arrivent en retard plutôt que de ceux qui arrivent à l’heure. Et c’est exactement ce qui se passe concernant le traitement des questions de transparence par les médias.

Le 12 septembre dernier, la commission des Affaires constitutionnelle du Parlement européen a décidé de reporter le vote sur le rapport du Vert Allemand, Sven Giegold, sur la transparence, l’intégrité et la responsabilité des institutions européennes. Pourquoi ? Simplement pour laisser plus de temps aux différents groupes politiques d’examiner de façon plus approfondie les 90 amendements de compromis et une liste de vote de 59 pages qui leur avaient été proposés. Sur ce report, les articles n’ont pas manqués, faisant écho aux propos du rapporteur criant au complot.

Dans la même soirée, le Bureau du Parlement européen adoptait une empreinte législative qui permettra plus de transparence sur ce qui influence -ou cherche à influencer- le processus législatif. C’est un dossier que je porte depuis très longtemps, qui a demandé des discussions nombreuses avec les différents groupes politiques et qui a pu aboutir à un consensus après des années de résistance. Jusqu’à présent, aucun format commun n’avait jamais été retenu par le Parlement européen. Concrètement, les députés qui le souhaitent pourront lister et communiquer les noms des organismes rencontrés à l’occasion de la rédaction d’un rapport dont ils ont la responsabilité. Mis à part la Lettonie et la Pologne, aucun autre État membre n’a jusqu’à présent adopté un tel dispositif. Des organisations comme Transparency International l’appellent depuis longtemps de leurs vœux. Même si elle reste une démarche volontaire, elle constitue une valeur ajoutée certaine en matière de transparence au niveau européen.

Mais de cela, aucun média n’en a parlé et les citoyens n’en sont pas informés.

L’image qui ressort c’est qu’une fois encore les institutions européennes voudraient maintenir l’opacité, ne manquant pas ainsi d’entretenir leur méfiance face aux institutions européennes. L’Europe a-t-elle vraiment besoin de cela ?

Oui, les institutions européennes progressent vers plus de transparence -du moins le Parlement européen et la Commission européenne, pour le Conseil, c’est autre chose- mais les médias jugent peut-être aussi cela trop compliqué à expliquer aux citoyens qu’ils préfèrent noyer sous le terme global de « Bruxelles ».

A la veille de la présentation par la Commission européenne d’un projet d’accord interinstitutionnel révisé sur le Registre de Transparente, cette empreinte législative est un complément indispensable pour une transparence accrue du processus décisionnel européen.

Et pourtant… silence radio !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume