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Un projet de loi anti-casseur mal inspiré

La crise sociale en France est l’occasion de violences, du côté de casseurs comme du côté de certains membres des forces de l’ordre. Pas d’équivoque : les violences, d’où qu’elles viennent, sont évidemment inacceptables et condamnables.

La police et la justice doivent faire le jour sur ces violences et c’est leur rôle.

Pour répondre aux revendications des manifestants, le Président de la République a annoncé un début de réponse budgétaire en décembre dernier, puis un grand débat (voir ma vidéo sur ce sujet).

Et ce lundi, le Premier ministre  a annoncé une loi « anti-casseurs », qui se base sur un projet du parti les Républicains et qui n’offre pas l’ombre d’une solution aux revendications.

Ce projet de loi ne risque pas d’empêcher les violences des casseurs qui veulent en découdre, et ne répondra en rien aux revendications des manifestants, qui continueront donc de manifester… avec les débordements qui peuvent arriver. En bref, cette loi pourrait même crisper encore plus.

D’après le ministère de la Justice, plus de 5000 personnes ont déjà été placées en garde à vue depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Et malgré cette « ultrafermeté » -dixit Christophe Castaner-, les violences continuent.

Un des éléments problématiques de cette loi en gestation est notamment la création d’un fichier de militants identifiés comme violents par le Ministère de l’Intérieur. Ce fichier pourrait être utilisé pour empêcher une personne de manifester parce qu’elle est suspectée de commettre des violences, sans qu’elle n’ait été interpellée ni condamnée.

Le professeur de droit Serge Slama et l’Union Syndicale des Magistrats ont déjà prévenu que la logique de cette loi « prédictive » devrait être à minima contrôlée par le juge judiciaire, afin de garantir l’indépendance de ces interdictions et atteintes à la liberté de manifester et d’aller et venir. Et c’est le principe minimum que le gouvernement et la majorité devraient respecter en démocratie ; comment en effet, ne pas imaginer qu’un gouvernement utiliserait cette loi pour empêcher l’opposition politique de manifester…

Le gouvernement s’enfonce dans une surenchère législative contre-productive. Quand comprendra-t-il que les citoyens réclament une réponse politique dense et des solutions à leurs revendications économiques et sociales ?

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume