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Aquarius, révélateur de la dés-Union

Les évènements des derniers jours concernant l’Aquarius sont révélateurs d’un blocage beaucoup plus large que celui de 600 personnes en Méditerranée.

En effet, plutôt que de stigmatiser « l’Europe » de façon indiscriminée, il révèle l’incapacité des États membres à se mettre d’accord sur les questions de solidarité intraeuropéenne.

Le Règlement Dublin qui détermine l’État responsable d’une demande d’asile est au cœur de cette discorde. Depuis plusieurs années, les États dits de l’ouest n’ont pas été en mesure de convaincre ceux du groupe de Visegrad de la nécessité de se montrer solidaires envers les États qui sont de facto en charge des frontières extérieures. Pas plus n’ont-ils considéré comme base de travail valable la proposition votée très majoritairement au Parlement européen, qui propose des solutions concrètes.

Le spectacle des invectives n’est pas à la hauteur de l’enjeu et masque mal que les États les plus accusateurs ne se sont pas forcément les plus exemplaires dans le contexte du débarquement des naufragés de l’Aquarius.

Ainsi ce matin, ses exégètes martèlent que la France « a pris sa part [de demandeurs d’asile]» mais que toutefois des « agents de l’OFPRA iront en Espagne pour l’examen de dossiers de personnes à bord de l’Aquarius ».

Très bien ! Mais alors, cela veut dire que l’actuel Règlement Dublin est dépassable -même et surtout s’il a fait la preuve de son inefficacité-. C’est précisément ce que le Parlement européen préconise.

Dans cette triste affaire, il est évident que seule la volonté et le courage politiques comptent.
Les pompiers pyromanes qui prédisent une déferlante populiste lors des prochaines élections européennes pourraient en fait en être les responsables en hystérisant les questions de migrations.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume